Sur la piste de la source chaude

Sur la piste de la source chaude

Audrey se baigne dans le torrent
Audrey se baigne dans le torrent

Nous reprenons la piste en direction des sources chaudes, un peu plus au nord-ouest. Notre trajet passe à nouveau à travers d’un champ de pierres volcaniques, puis un col. Les arbres ont disparu du paysage, nous sommes à 2200m d’altitude (et il y a du réseau !). et les montagnes ressemblent à des grosses collines arrondies, avec une herbe rase partout.

Près du col
Près du col

C’est le fameux désert vert de Mongolie : une immensité où ne pousse qu’un peu d’herbe, pas d’arbre, pas de buisson. Pourtant, de nombreux écureuils sont ça et là, et se cachent dans des trous à l’ombre d’une pierre ronde. De temps en temps, un ruisseau tranche le paysage d’un éclat scintillant. Et l’UAZ le traverse sans hésiter, à gué. Les ponts ont déserté le paysage depuis longtemps. Pour midi, pause au milieu de nulle part, au bord d’un ruisseau. On sort la table et les chaises pique nique. Bida fait cuire les pâtes, Eve et Chloé sont réquisitionnées pour couper les légumes (ça râle mais ça finit par accepter, faute de batterie dans les DS), et pendant ce temps Audrey et moi on se baigne. L’eau est belle, peu profonde, et tant mieux car on est en altitude, le soleil a beau taper l’eau est fraîche. Mais on se baigne avec plaisir ! Surtout qu’on sait que la piste nous attend encore, et qu’on ne s’est pas lavés depuis deux jours !

Vue depuis la piste
Vue depuis la piste

Encore de la piste. Dans une descente après un col, on retrouve les arbres, quasiment que des mélèzes. La piste est totalement défoncée, Iggy peine, la pente est importante, l’UAZ grince et gémit à chaque mètre. Mais le moteur tient bon, et malgré des inclinaisons proches de la limite, nous passons sans encombre. Encore deux heures, et nous arrivons en vue de trois camps touristiques de yourtes. A quoi on reconnaît un camp touristique ?

Camp touristique
Camp touristique

Primo, il y a une ligne électrique qui y arrive. Mais aussi, il y a un groupement de 10 ou 15 yourtes dans une zone où on n’en mettrait en temps normal qu’une ou deux. Entre chacune, un joli petit chemin bétonné mène à un WC à l’occidentale. Pour cette nuit, nous allons y dormir, puisque la source que nous voulions voir est juste là, et que nous pourrons nous prélasser dans l’eau chaude ce soir. Privez-vous d’eau chaude une semaine, et vous verrez que ça ne se refuse pas !

La source chaude
La source chaude

En attendant, on va voir la fameuse source. Je ne cache pas que le décor est péniblement décevant : quelques bâtiments datant probablement d’un demi-siècle, dans un béton lézardé, sont abandonnés béants, tout comme d’antiques conduites d’eau rongées par la rouille, et à l’enrobage en fibrociment s’écaille qui tristement. La source, qui ressemble un morceau de bunker ayant subi un assaut surpuissant, fume de vapeurs de souffre, dégageant une odeur pénible. Le malheureux paysage est massacré par les conduites d’eau chaude posées avec un effort d’intégration inexistant et un niveau technique dont même un profane peut douter, emportant le liquide chaud vers les camps touristiques. On a un sentiment de construction amateur un soir d’ivresse incontrôlée, et on dirait que ce qui ne fonctionne plus est juste abandonné en l’état. Qu’on ne me parle pas du prix de la main d’œuvre, nous avons déjà constaté que ce n’est pas ce qui coût cher ici. Par exemple, pendant que nous nous baladons, des hommes fauchent l’herbe du camp, à la faux à main s’il vous plaît. Ils sont une bonne demi douzaine à travailler à cette activité. Je n’avais pas vu faucher à la main depuis bien 30 ans, je prends la photo ! La technique n’a pas changé d’un iota.

Faucheur
Faucheur

On mange, et hop direction le hot spa ! La source délivre une eau à 80°C, qui bien sûr refroidit le long du tuyau jusqu’au camp. Elle nous arrive à environ 40°C. C’est bien agréable !
Pas un nuage à l’horizon, on est encore haut en altitude, cette nuit ça va cailler ! Heureusement, un bon feu ronfle dans le poêle de la yourte.
Et donc, on dort bien !

Les écureuils étaient sur le seuil de la cabane au Canada, et ceux de Mongolie n’ont pas froid aux yeux : ils entrent carrément dans la yourte, en quête de miettes. Pendant le petit déjeuner, ils sont deux ou trois à gambader à proximité. Audrey mitraille de photos !
Nous allons repartir, direction une ville à 2h de 4×4 d’ici. Il faut refaire le plein de provisions : nous irons donc au marché ! En route !!

Et sur la route, devinez ce qu’on trouve ? Une tête ! (pas celle de la yourte)

fais pas la tête !
fais pas la tête !

Une réaction au sujet de « Sur la piste de la source chaude »

  1. Y a du business à faire. Pour les réseaux.
    Dommage qu ils ne paient qu en lait de yack.
    Bon et puis les toilettes ici ce serait cause de divorce et de fugue.

Les commentaires sont clos.

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