Jour 1 et demi : premier jour aux Philippines

Le drame, c’est qu’il est 1h du matin (heure locale), on a 15h de vol dans les pattes, on est crevés, on ne pense qu’à une chose : un lit ! Et on se retrouve donc dans une antre glauque du commerce philippin. Car on ne dirait pas, mais cet endroit étrange où, au cœur de 8m² mal agencés se concentrent plus de 10 personnes, c’est une agence de voyage. Ou un truc qui y ressemble. Je vous assure, imaginez une pièce crasseuse, vaguement éclairée par une ampoule (écologique, eh oui mon bon monsieur, ici aussi on est écolos, non mais !), des gens le regard vide, l’air hagard, avachis sur des chaises en plastique genre mauvaise terrasse hard discount, un comptoir qui n’en est pas un, et un adolescent plongé en contemplation devant un écran d’ordinateur portable hors d’âge. Voilà donc le décor. On en conclut que la demoiselle nous a donc emmenés là pour essayer de nous vendre des vols pour Puerto Princessa, le lendemain (enfin le jour même, puisqu’on est déjà demain vu qu’il est 1h du matin. Vous me suivez ? On nous annonce deux tarifs, autour de 4500-5000₱.

L’un comme l’autre sont très supérieurs à ce que nous avions vu sur le net (environ 1800 ₱). OK on avait regardé il y a longtemps, les prix ont pu changer. OK, le prix proposé est eut être pour deux (on se posera la question plus tard –la fatigue aidant, on n’a même pas demandé, on s’est rendu compte de ça le lendemain). J’avoue que, n’étant pas encore en mode « Philippines », et que mon cerveau fonctionne donc encore à l’occidentale à ce moment-là, je flaire une arnaque. Arnaud n’étant guère plus enthousiaste, nous déclinons les propositions. Tout à coup surgit alors une nouvelle proposition, vers les 2800₱ (pour un vol l’après-midi). Nous en concluons qu’il est temps de quitter les lieux.

Pour éviter à notre interlocutrice de perdre la face, je lui demande son nom et son téléphone et lui propose de l’appeler le lendemain. Elle tente malgré tout de nous faire acheter tout de suite

maybe tomorrow it will be too late

Ouais, bin ce sera peut être too late, mais là je veux aller dormir. Elle comprend bien qu’on n’achètera pas. Elle abandonne et nous laisse sortir. Conclusion : si à votre arrivée l’aéroport Theresa (09291009921) vous emmène au Samel Travel & Tours, vous savez ce qu’il en retourne. Ah aussi, tiens, dans le même « établissement » se trouve un coin Money Changer, doucement appelé le « Melpop’s Money Changer », tenu par un homme ronflant discrètement. Je dis ça, c’est juste pour couronner le tableau.

On repart donc vers le « taxi » (qui s’embourbe à essayer de nous expliquer que sa voiture blanche est en fait un taxi spécial de l’aéroport, même si aucun compteur ni aucune identification légale ni même le super badge qu’ils ont habituellement tous autour du cou et qu’ils exhibent si fièrement d’habitude aux touristes, bla bla bla). On négocie le trajet à 200₱ pour aller à notre hôtel; j’avais en effet demandé à Arnaud de nous réserver l’hôtel de la première nuit, pour nous éviter ce stress –bonne pioche ! Le chauffeur nous y conduit. Ce n’est pas très loin.

A l’arrivée, il demande 250₱, mais comme on n’a que des billets de 100₱, on en reste à 200₱. Il fait la gueule mais accepte. Avec le recul, c’est un prix tout à fait raisonnable, même à Manille, même la nuit.

Nous découvrons donc le palace qu’Arnaud nous a réservé. Grand hall d’entrée éclairé, gardien, bagagiste, réceptionniste. Tout ce monde sourit, à presque 2h du matin. Chapeau !

Pas de drame : la réservation est bien valide, prépayée. On nous remet notre clé, le bagagiste nous accompagne. Les couloirs sont larges et couverts d’une belle moquette.

Le bagagiste nous ouvre la porte. La lumière s’allume en mettant la clé, comme dans plein d’hôtels. Nous découvrons notre chambre, crevés. On s’avance pour trouver un lit moelleux et confortable, et se jeter dans les bras de Morphée.

Et là, c’est le drame !

Jour 1 : Paris – Hong Kong – Manille

Mesdames et messieurs, l’aéroport n’arrive pas à nous ravitailler, nous devons attendre la signature des certains papiers, nous aurons 40 minutes d’attente…

(je passe le détail, en fait on nous annonce 20′ puis 15′ puis encore 20’…)

Alors que le plein est donc fait (on nous fait même éteindre les trucs électroniques pendant le refuelling) et qu’on pense pouvoir partir, nouveau rebondissement : le plein a été fait mais personne ne peut dire au commandant dans quel réservoir et quelle quantité. Vérifications manuelles et paperasse supplémentaire. On perd encore 45 minutes. Je passe sous silence les attentes entre chaque phase de ce roman.

Bref, au lieu de décoller à 23 h, nous nous envolons de Paris à presque 2 h du matin. Les vacances commencent bien ! Bah, on va pas en faire tout un drame ! (si ?)

Hong Kong

Terminal aseptisé et musique douce (atroce : une reprise à l’accordéon électronique, sans paroles, de « Aux champs-Elysées », beurk). Signalisation impeccable. Sièges confortables. Boutiques ouvertes 24h/24. Personnel souriant (si si, ça existe !!).

Boarding-Pass-HongKong-Manila
Boarding-Pass-HongKong-Manila

Le passage par Hong Kong est rapide et agréable. Un petit SMS est envoyé et nous revoilà à bord d’un avion pour foncer sur Manille ! La fatigue commence à se faire sentir.

On décolle. Le vol est court, environ 1h30. L’arrivée à Manille est sans histoires, une petite fiche d’immigration comme pour tous les pays. C’est alors que je vois une case « transportez-vous plus de 10 000 ₱ » Gloups. Ce serait donc interdit ? Tant pis, je coche non (souvenez vous : nous avons chacun 35 000 ₱ en poche). Le douanier me regarde d’un œil étrange.

Visa-Entree : bienvenue à Manille
Visa-Entree : bienvenue à Manille

Et me tamponne mon passeport. Pas de drame, ah ah, vous y aviez cru ? Je regrette que, comme bien des douaniers de bien des pays, il ait été dispensé de dire « welcome ». Ou alors il faut envisager une prime mondiale de politesse ?

Manille

Nous récupérons nos bagages, et alors qu’on sort dans le terminal et que des taxis se précipitent pour nous proposer leurs services, Arnaud me rappelle une idée folle : nous avons prévu de nous renseigner à l’arrivée, aux comptoirs des compagnies, pour notre vol de demain pour Palawan. On avise alors un escalator : arrêté. Un autre : il marche ! Alors qu’on s’avance vers lui, une flic s’interpose et nous demande ce que nous voulons. Après échange d’explications, elle nous indique une personne « là bas » (guère plus précis, hélas) vers la porte de sortie. Nous avisons la personne en question, qui nous amène à une voiture. Arnaud s’inquiète. Je doute. La fatigue aidant, on s’enquiert rapidement de ce qui se présente, on veut juste des prix de billets d’avion, pas un taxi. La demoiselle qui nous a amenés ici nous explique vaguement qu’il faut aller à un certain endroit, qu’on y va en voiture, que c’est gratuit.

Really free ? Well, OK let’s go.

On monte à bord, la voiture démarre, roule quelques centaines de mètres. Arnaud s’inquiète : est ce qu’on va se faire détrousser ? On est pris dans un piège ? Finalement la voiture traverse une 2×3 voies, et s’arrête dans un parking glauque, devant une échoppe fermée et une petite vitrine crasseuse dans laquelle on voit des gens regarder une télé. Là, la femme sort de la voiture et nous plante là. On se regarde avec Arnaud. Hésitation. On s’avance vers cette étrange boutique lugubre. Et là, c’est le drame.