Destination Coron depuis El Nido

Taxés sur le port

à bord d'un tricycle tuc-tuc
à bord d’un tricycle tuc-tuc

Après avoir payé 30₱ pour transporter nos deux bonshommes et leurs bagages jusqu’à El Nido, nous attendons sur le port. Nous devons être là pour 7h30. Rude, c’est les vacances quand même ! Bah on ne va pas chipoter, on a bien dormi hier. Le tricycle est occupé, outre le conducteur et nos bagages, par une petite fille. Probablement sa fille, mais ça on n’en saura trop rien. Ah, et nous deux aussi on est là. Bref, 4 personnes, plusieurs sacs, et tout ça à fond la pétrolette de bonne heure !

le bateau qui nous emportera à Coron
le bateau qui nous emportera à Coron

Nous voilà au port. Contrôle des billets dans une salle miteuse et glauque du port, puis on nous fait payer une taxe de 20₱ (pour quoi, on ne saura jamais, pas de reçu, ça sent le bakchich généralisé et vu le montant on ne sera pas d’esclandre), enfin bref re-contrôle des billets des fois qu’on les aurait perdus depuis tout à l’heure, et il est 8h15 quand on monte à bord d’un rafiot qui sent le mazout. A 8h45, la mer est d’huile et le fond du bateau aussi. Le moteur démarre, on s’écarte du quai… nous sommes en mer ! Je profite du trajet pour lire un brin sur ma liseuse. C’est pas magique ça ? Transporter des milliers de livres dans 250 g d’électronique, avec une batterie qui tient 3 semaines ?

à bord du bateau
à bord du bateau

Héhé…

 

9h15, nouveau contrôle des billets à bord. Je suppose que certains touristes vraiment radins et super discrets doivent monter à bord en cours de trajet, à la volée, après avoir nagé avec leurs bagages… Alors que ce contrôle se termine, on aperçoit des poissons volants. C’est très chouette, je n’en avais jamais vu ‘en vrai’ avant les Philippines ! Ceux-là sont petits, plutôt sombres.

le long de la traversée
le long de la traversée

Le trajet est long mais passe vite. On voit de nombreuses îles, des paysages à couper le souffle en permanence. C’est dramatique, on en deviendrait presque blasé ! Incroyable Philippines…

 

On grignotte à bord un mini-repas. Il faut bien justifier le prix du billet !

Coron

la sortie du port de Coron
la sortie du port de Coron
constructions sur pilotis
constructions sur pilotis

Coron nous attend avec ses lettres blanches. Là encore, ce n’est pas un gage de grandeur, la suite va le prouver d’ailleurs. Arrivés à Coron, nous cherchons l’hôtel le plus miteux et le moins cher de la ville : nous allons opter pour une chambre à 500₱ particulièrement poucrave. Roots powa!!

Notre chambre pourrie
Notre chambre pourrie

En même temps, l’intérêt de cet hôtel, c’est qu’il est vraiment en plein centre ville. Et surtout qu’il est *vraiment* pas cher.

 

Le marché de Coron

C’est aussi un peu l’idée de ce voyage : radiner sur certains trucs et se contenter du minimum, et faire n’importe quoi avec ce même fric dans l’heure qui suit. Donc, avec l’argent économisé sur la chambre, on s’offre un super tour en bateau privé 4400₱, et on fait le tour des prix des avions pour rentrer à Manille ensuite. Les prix varient du simple au quadruple, parfois même plus.

la place du marché de Coron
la place du marché de Coron

On repère une petite agence, mais elle ne sera ouverte que demain. On ira !

Au cœur de la ville : la place centrale et le port avec son marché couvert. La place centrale a, en son centre, un petit monticule avec une belle inscription en lettres métalliques « Harbour Cente ». Le R final est visiblement parti depuis un bon moment.

le marché couvert de Coron
le marché couvert de Coron

Je profite de ce premier tour de ville pour découvrir et hanter le marché couvert. Il est comme je les aime : bondé, avec plein de petits recoins, des dizaines de vendeurs de tout et plus encore, des cris et des odeurs. A ce que j’en vois, je suis le seul blanc présent sur place. J’adore cette ambiance. Visiter le marché, c’est aussi entrer dans la vie locale, essayer de la comprendre. S’en imprégner. Le marché, c’est un lieu vivant.

Top Gargote

Top gargote !
Top gargote !

Je retrouve Arnaud sur la place, où il a fait connaissance avec Bavouille™ (on en reparlera plus loin). Nous avisons une gargote où on nous offre un dessert en regardant TV Patrol. Je recommande chaudement cet établissement : le « Golditocks Pinipig » (espérant que mes notes sont relues correctement, ce que je ne garantis pas plus que quoi que ce soit d’autre dans ce récit) mais par contre ce qui est sûr, c’est que la cantina est tenue par une vieille femme super sympa.

Prêt à déguster
Prêt à déguster

Ambiance simple et délicieuse. A croire qu’on est venus jusqu’ici un peu pour elle… La mamma de la gargote est une bonne cuisinière, par contre au niveau goût décoratif c’est tout à fait dans le style général. Je vous laisse découvrir en photos…

Le soir tombe.

Top Hôtel : le Bay View Lodge

On retourne à notre hôtel (de passe) miteux, le patron qui tient ça est un vieux libidineux de 68 ans et 1 dent : bienvenue au Bay View Lodge. ne cherchez pas la vue, il n’y en a pas.

Le tenancier du lieu
Le tenancier du lieu

Les toilettes sont d’une propreté à faire croire qu’on aimerait dîner dans ceux d’une aire d’autoroute de l’A7 un samedi de juillet, les matelas ont des traces et odeurs oscillant entre le discutable et l’écœurant. Ah, ne soyons pas trop difficiles : à tout y réfléchir, il y a un vrai effort de décoration et d’agrément : un magnifique calendrier porno pour le rhum Tanduay au mur, fait face à un crucifix en papier. Et à une petite télé, probablement là pour couvrir le bruit des voisins. Les cloisons sont en bambou, donc… Roots powa again!!

un hôtel miteux à Coron
un hôtel miteux à Coron

Quelques photos vous aideront là aussi à vous faire une idée…

Bon, on est d’accord, le Bay View Lodge est terrible. Mais la gentillesse du vieux fada compense beaucoup : il nous offre son gin citron-vert fluo maison, et nous paye un coup dans un bar en face. Sympa, le gars ! Il ne doit pas comprendre ce qu’on fait dans son établissement.

Il est temps de dormir. Mine de rien la journée a été fatigante, et demain on a notre super tour en bateau.

Un dernier gin avec l’ancêtre, et on file au lit. Le réveil est facilité par le bruit : on est à proximité immédiate du port. On ouvre l’œil, et là c’est le drame !

Taytay, ville oubliée

Hunting downtown for a room

en français : à la pêche à la chambre en centre-ville

une rue de Taytay, aux Philippines

On avise un troupeau de tricycles, mais leurs chauffeurs jouent à « on ne comprend rien ». Finalement, un autre qui devait avoir envie de travailler nous embarque. D’après lui il n’y a pas le choix, il n’y a qu’un seul hébergement possible : le Casa Rosa. C’est un véritable hôtel (enfin presque), situé sur la hauteur et qui domine toute la ville. On y grimpe, et là commencent les négociations. Quoi, vous n’aviez toujours pas compris ? Bien sûr que non, nous n’avons aucune réservation, rien n’est prévu.

La peur au ventre, terrorisés à l’idée de ne pas trouver de chambre et de devoir dormir dans la rue, paniqués, affolés, nous ne prenons aucun risque quand la tenancière nous annonce fièrement ses tarifs… Prohibitifs, même pour un occidental.

Bravant la folie qui nous guette et le risque d’être égorgés à chaque coin de rue de cette bourgade qui n’a rien à envier aux quartiers chauds de Bogota un soir d’orage, je me lance à corps perdu dans une négociation digne des meilleurs souks. Il faut dire que je tremble à l’idée de ne pas avoir de chambre.

au bord de la route principale à Taytay

Bon OK, c’est du gâteau. La demoiselle transige très vite pour nous proposer deux chambres, à 350₱ chacune. C’est très raisonnable, la qualité du lieu étant remarquable. Et ne vous inquiétez pas, Taytay n’a rien du descriptif que je viens d’en faire : c’est au contraire une petite ville très simple, particulièrement calme et où toutes les personnes rencontrées ont été adorables. J’ai également ici aussi réalisé un mini-plan.

Taytay peut également s’enorgueillir d’un abominable chef d’oeuvre : un « big sign » qui affiche fièrement le nom de la ville. D’après l’expérience d’Arnaud en Asie du Sud-Est, ça n’est pas un gage de grande réussite en général. Ici, ça sera juste un truc kitsch de plus.

Le Casa Rosa est constitué de bâtiments… ocres ! Non, pas rose. Ne cherchez pas, on n’est plus à une contradiction près ! Discussion sympa avec la responsable du lieu.

la forteresse de Taytay

Depuis la terrasse de l’hôtel, on a une vue magnifique sur la ville et sur la mer. On surplombe le port, et une petite forteresse que même le guide touristique mentionne. On va y aller !

LA Gargotte

On descend donc du Casa Rosa pour aller se balader un peu à pied. On avise un marché, un ou deux petits vendeurs de « trucs qui semblent se manger » (je tente une patate douce caramélisée pour 1₱), le vent se lève un peu pendant qu’on fait le tour du port. Il souffle carrément quand on arrive au fort. Ledit fort est devenu maintenant un agréable petit parc bien entretenu, il y a encore de vieux canons, des bancs, des lampes. La chapelle est bien conservée, à l’exception du toit qui a étéremplacé par une structure de fortune qui fait un rafut abominable à cause du vent. J’imagine à peine ce que ça doit donner par gros temps. Il reste plusieurs canons au fort, datant pour la plupart de l’époque coloniale espagnole.

On croise un touriste motard, on échange quelques mots. Selon le guide touristique, il y a un autre hôtel, mais le motard nous le déconseille (donc, encore une fois le LP dit n’importe quoi). Lui préfère reprendre la route dès l’heure suivante.

Arnaud avise un cybercafé, qui pour l’instant est fermé. Personne à l’horizon pour se renseigner sur les horaires, on verra plus tard. On continue notre exploration et on finit à un boui-boui. Non pas qu’on ait vraiment faim, mais on s’attable quand même. On entend bien une sorte de bruit étrange derrière le mur, mais pour l’instant on ne s’inquiète pas.

une autre vue de la gargote : au premier plan, les plats disponibles

Arrive la « maman » qui tient l’établissement. Faisant environ 10 m², aux murs faits de natte végétale, sol de ciment brut, et avec en tout et pour tout deux tables « et demi », la gargote est simple. Le contenu des popotes est présenté bien en vue aux gourmands. On choisit en montrant ce qu’on veut, et on prend des boissons. Je ne sais pas si je vous ai déjà raconté ça, ici il existe une boissons digne des têtes couronnées : le Royal. C’est en fait le nom local du Fanta orange !

Un groupe d’adolescents s’installe à l’autre table. Armés chacun d’un téléphone portable (dont on se demande comment il peuvent fonctionner, à cette heure-là il n’y a pas encore de courant électrique donc les antennes-relais sont très certainement OFF également, mais qui sait…) ils discutent et prennent une petite soupe. L’après-midi avance bien.

découverte culinaire ou prise de risque ? bienvenue dans une gargote

(Le lecteur passionné aura remarqué la présence sur la photo ci-dessus du sac à dos « plaqué mouton ». Eh oui, le même qu’à Vladivostok en 2010 !)

Ambiance de rue

Cette pause est l’occasion de profiter de l’ambiance. Au bord de la route on voit passer successivement un chien tout décharné, des tricycles, des enfants revenant de l’école. Les plus jeunes reviennent également tous seuls chez eux, parfois accompagnés et tenus par la main par leur « grande sœur » (laquelle aura dans les 6 ou 7 ans grand maximum). Tout semble paisible et serein. Aucune agressivité, personne n’est violent. Nous sommes certainement bien « cachés » dans notre gargote, mais ceux et celles qui nous voient nous observent discrètement. Visiblement, les petits blancs ne courent pas les rues ici. D’ailleurs, nous ne croiserons quasiment aucun occidental à Taytay.

Des enfants jouent sur l’échafaudage voisin. En face, un poteau électrique maintient tant bien que mal une grappe de compteurs et un spaghetti de fils sous tension. Là, un bus passe devant un chien qui dort à même le bas-côté. Chacun vaque à sa vie, et c’est passionnant à regarder. Vous l’avez compris, c’est ça que je recherche : cette immersion réelle au cœur de la vie locale. Aujourd’hui, je suis servi !

un tout petit WC sans eau ni évacuation, le luxe !

Au bout d’une bonne heure à traîner dans ce boui-boui, Arnaud envisage d’aller soulager sa vessie. Les bruits étranges derrière la gargote n’ont pas cessé, et c’est pourtant par là qu’il faut qu’il se rende… Il y va, et là, devinez quoi : c’est le drame !! (promis, un jour je vous raconterai aussi un autre drame : devoir chanter Night Calls de Joe Cocker sans le texte…)

Jour 1 et demi : premier jour aux Philippines

Le drame, c’est qu’il est 1h du matin (heure locale), on a 15h de vol dans les pattes, on est crevés, on ne pense qu’à une chose : un lit ! Et on se retrouve donc dans une antre glauque du commerce philippin. Car on ne dirait pas, mais cet endroit étrange où, au cœur de 8m² mal agencés se concentrent plus de 10 personnes, c’est une agence de voyage. Ou un truc qui y ressemble. Je vous assure, imaginez une pièce crasseuse, vaguement éclairée par une ampoule (écologique, eh oui mon bon monsieur, ici aussi on est écolos, non mais !), des gens le regard vide, l’air hagard, avachis sur des chaises en plastique genre mauvaise terrasse hard discount, un comptoir qui n’en est pas un, et un adolescent plongé en contemplation devant un écran d’ordinateur portable hors d’âge. Voilà donc le décor. On en conclut que la demoiselle nous a donc emmenés là pour essayer de nous vendre des vols pour Puerto Princessa, le lendemain (enfin le jour même, puisqu’on est déjà demain vu qu’il est 1h du matin. Vous me suivez ? On nous annonce deux tarifs, autour de 4500-5000₱.

L’un comme l’autre sont très supérieurs à ce que nous avions vu sur le net (environ 1800 ₱). OK on avait regardé il y a longtemps, les prix ont pu changer. OK, le prix proposé est eut être pour deux (on se posera la question plus tard –la fatigue aidant, on n’a même pas demandé, on s’est rendu compte de ça le lendemain). J’avoue que, n’étant pas encore en mode « Philippines », et que mon cerveau fonctionne donc encore à l’occidentale à ce moment-là, je flaire une arnaque. Arnaud n’étant guère plus enthousiaste, nous déclinons les propositions. Tout à coup surgit alors une nouvelle proposition, vers les 2800₱ (pour un vol l’après-midi). Nous en concluons qu’il est temps de quitter les lieux.

Pour éviter à notre interlocutrice de perdre la face, je lui demande son nom et son téléphone et lui propose de l’appeler le lendemain. Elle tente malgré tout de nous faire acheter tout de suite

maybe tomorrow it will be too late

Ouais, bin ce sera peut être too late, mais là je veux aller dormir. Elle comprend bien qu’on n’achètera pas. Elle abandonne et nous laisse sortir. Conclusion : si à votre arrivée l’aéroport Theresa (09291009921) vous emmène au Samel Travel & Tours, vous savez ce qu’il en retourne. Ah aussi, tiens, dans le même « établissement » se trouve un coin Money Changer, doucement appelé le « Melpop’s Money Changer », tenu par un homme ronflant discrètement. Je dis ça, c’est juste pour couronner le tableau.

On repart donc vers le « taxi » (qui s’embourbe à essayer de nous expliquer que sa voiture blanche est en fait un taxi spécial de l’aéroport, même si aucun compteur ni aucune identification légale ni même le super badge qu’ils ont habituellement tous autour du cou et qu’ils exhibent si fièrement d’habitude aux touristes, bla bla bla). On négocie le trajet à 200₱ pour aller à notre hôtel; j’avais en effet demandé à Arnaud de nous réserver l’hôtel de la première nuit, pour nous éviter ce stress –bonne pioche ! Le chauffeur nous y conduit. Ce n’est pas très loin.

A l’arrivée, il demande 250₱, mais comme on n’a que des billets de 100₱, on en reste à 200₱. Il fait la gueule mais accepte. Avec le recul, c’est un prix tout à fait raisonnable, même à Manille, même la nuit.

Nous découvrons donc le palace qu’Arnaud nous a réservé. Grand hall d’entrée éclairé, gardien, bagagiste, réceptionniste. Tout ce monde sourit, à presque 2h du matin. Chapeau !

Pas de drame : la réservation est bien valide, prépayée. On nous remet notre clé, le bagagiste nous accompagne. Les couloirs sont larges et couverts d’une belle moquette.

Le bagagiste nous ouvre la porte. La lumière s’allume en mettant la clé, comme dans plein d’hôtels. Nous découvrons notre chambre, crevés. On s’avance pour trouver un lit moelleux et confortable, et se jeter dans les bras de Morphée.

Et là, c’est le drame !