En route pour El Nido

Nous quittons Taytay pour rejoindre El Nido, en bus

Sur le toit du bus

En ce matin délicat du 10e jour de notre périple dans les tréfonds non-touristiques de l’île de Palawan, nous avons pour projet de quitter Taytay pour El Nido. Pourquoi El Nido me demanderez-vous, ô lecteurs curieux et passionnés ? Je vous accorde à titre de préambule qu’El Nido est bien plus connu des destinations de touristes, en particulier des plongeurs et observateurs marins de tous bords. Et des touristes occidentaux d’une façon générale.

vue depuis le toit du bus (voir plus loin les détails)

Alors le temps est gris, venteux. Alors on prend un tricycle jusqu’au terminal des bus. Alors on se renseigne sur où est le bus qui part à El Nido. Alors on nous indique un vieux tacot rouillé. Alors on y grimpe, et plus précisément sur le toit. Alors on nous demande de payer 150₱ chacun pour le trajet (ci-à-côté : le ticket de bus poinçonné). Alors le bus démarre et après le rond point, prend la route d’El Nido. Alors on arrive après quelques centaines de mètres à une section où il n’y a plus d’enrobé. Alors la poussière nous poursuit, alors la chaleur devient écrasante car les nuages sont partis, alors on met de la crème solaire, on se cale comme on veut entre les ballots et les innombrables choses et passagers entassés là-haut, alors on est serein et on apprécie le voyage dans toute sa couleur.

l’environnement de Palawan le long de la route d’El Nido

Alors, on est bien, là, tranquille. C’est chouette !

A ceux qui trouveront original de se mettre sur le toit d’un bus, je signale que j’ai payé ma place au même tarif, et que comme de toute façon à l’intérieur c’était complet, c’était ça ou debout dans le couloir (et encore, si j’avais bataillé pour atteindre le couloir). Arnaud s’installe lui aussi sur le toit, un peu plus en arrière.

Olivier sur le toit du bus (on voit que je ne suis pas le seul à m’avachir dans les bagages)

Couic la tête

Qu’on n’en déduise pas que l’infrastructure routière est adaptée aux bus surchargés et sur-remplis. On arrive assez vite à un village qui semble préparer une fête locale, ils ont décoré le village avec des tas de petits fanions de couleurs. Ah en fait, quand on approche un peu plus, on voit qu’en fait de fanions ce sont des sacs plastique de couleurs différentes, attachés aux fils électriques. Et qu’ils sont à hauteur de tête. Un cri d’un passager du toit et tout le monde baisse la tête au maximum : on se couche d’un coup ! Hop, le fil électrique et ses sacs sont passés à 10 cm au-dessus de moi !!

Le car continue sa route à travers les rizières, la jungle luxuriante, de petites collines. La route est enrobée sur les portions de forte pente, pas ailleurs. On m’explique qu’il parait qu’un enrobé va être déployé sur toute la longueur d’ici « quelques années »…

Alors que je suis là, serein, sur mon toit, et que je commence à vraiment m’habituer au style de conduite sportif du chauffeur (malgré un moteur poussif et crachotant), au détour d’un virage, l’engin s’arrête. Un passager qui va descendre ?

on s'installe sur le toit pendant les réparations
on s’installe sur le toit pendant les réparations

Non ! Le car est en panne. Par chance, je suis à l’ombre (on a beau dire, en plein soleil, on est mieux à 50km/h qu’à l’arrêt). Notez que je ne vous ai pas fait le coup du drame, hein, alors n’allez pas vous plaindre ! D’ailleurs, personne ne s’énerve, personne ne se plaint. Tout le monde attend bien patiemment, et le chauffeur aidé de deux philippins (qui semblent être ses collègues car ils ont encaissé le trajet et/ou vérifié le chargement au départ) ouvre le compartiment moteur et prend un marteau de taille conséquente, puis tape.

Un vrai film. On se croirait en train de réparer un vieux truc déglingué de l’aire soviétique. Bim bim bim !Le marteau tape. Vroum, le moteur redémarre. Allez comprendre !

Panneau de basket à Palawan

Nous reprenons donc notre traversée de Palawan en car. Je remarque à l’usage du visiteur curieux que chaque village, chaque hameau, chaque école a son terrain de basket. Héritage colonial américain (ou pas, mais pour moi oui) le basket est un sport essentiel et particulièrement pratiqué aux Philippines.

El Nido : installation et premiers pas en terre touristique

L’arrivée à El Nido se fait sans histoire, on saute dans un tricycle pour aller trouver un hébergement. Le gars du tricycle (qui fait donc office de guide/aide à la trouvaille d’hébergement/transport/conseil aux voyageurs/animation musicale, rayez la mention inutile mais selon moi il n’y en a pas) nous emmène un peu en retour sur la route. On règle 30₱ et on se retrouve à négocier une chambre sans moustiquaire avec deux lits pour 500₱. On sent qu’on est à El Nido !

Le tricycle retour pour aller à nouveau à El Nido est à 20₱. Je cherche le post office (vous vous souvenez, à Taytay, je n’ai pas pu poster mes cartes postales car à la poste on ne savait pas le tarif pour envoyer une carte postale à l’international), donc ici je le trouve assez facilement. Étrangement, le bureau a l’air dédié à la poste. Encore plus étrangement, il y a un gars derrière le guichet. Terriblement plus étrangement, il comprend ce que je veux. Dramatiquement plus étrangement, il se trouve que mon affranchissement était le bon, il prend mes cartes postales, fin de l’épisode. Waouh ! (pour l’anecdote : elles sont arrivées !)

On se balade « en ville », on fait un petit tour dans El Nido à pied. On découvre qu’il y a de nombreuses officines plus ou moins développées, qui proposent de la plongée et des balades dans les îles du coin. C’est aussi pour ça qu’on est là, c’est très réputé et ça le mérite (vous verrez tout à l’heure les photos). Les prix des « tours island » (ne me reprochez pas l’écriture, je retranscris ça tel quel) varient de 400 à 700₱ et plus, accessoires en sus. Par accessoires ont entend par exemple le masque de snorkelling ou les palmes, ou d’autres trucs du genre.

Allez, remettons nous de nos émotions. On va manger dans une gargote, tenue par une mamie. On y mange bien, c’est discret et sans touristes. Et pas cher, en plus ! Photos : recto, verso !

A la gargote
la même gargote (verso)

Ensuite on continue notre découverte d’El Nido avec la trouvaille qui nous vaut la réjouissance : on réserve un « tour » des îles pour demain, tout inclus, chez Arman pour 500₱. El Nido est une petite ville qui a très nettement moins de charme que Port Barton. C’est plus bétonné et ça pue l’arnaque à touristes à plein nez. Clairement, c’est moche. Il y a pourtant de jolies choses à voir, il faut juste être un peu curieux et ne pas chercher l’esthétique d’un « beau lieu ». L’intérêt, comme souvent, c’est les gens.

On rentre à pied au cottage en 40 minutes.

le long de la route, arrêt aux stands pour ravitaillement !

Arrivant à notre cottage. On avise la tenancière des lieux, et on s’installe à sa terrasse pour y sirotter un petit rhum-coca. Tout a l’air de bien se passer, la dame acquiece à notre demande, mais tout à coup, c’est le drame !

(héhé, vous ne vous y attendiez plus, hein ?)

Bus trip dramatique pour Taytay

Un bus bien chargé aux Philippines
le bus est plein à craquer

En route pour Taytay ! Après quelques pérégrinations qui sont devenues presque la norme (le bus est là-bas… ah non il est ailleurs… ah non c’est bien bien celui là-bas… ah non… ah si…) on monte à bord d’un bus presque pas flambant neuf. Le seul truc qui flamberait ça serait le carburant… et la couleur des sièges, d’un rouge plastifié vif, ambiance Happy Days à bord !

Et là, ainsi que je vous l’avais dit : c’est le drame !

Le bus est particulièrement plein, bondé, débordant de passagers à tel point que 2 philippins sont accrochés sur le marchepied de chacune des deux portes. Je passe sous silence le fait que le toit est couvert d’une épaisseur importante de bagages, surmontés d’une égale épaisseur de passagers supplémentaires. Je pense qu’on doit atteindre, sans mentir, un bon double du nombre de passagers prévus par le constructeur de l’engin.

Musique !

De toute façons, la peinture fait tenir la carrosserie, mais ce qui marche bien c’est le système son du chauffeur. Remplacé astucieusement et dramatiquement par un bricolage de sa confection, nous aurons droit à un remix de Barbie Girl à plein tube pendant une bonne demi-heure, avant que le bidule finisse par changer de chanson et à déverser de la dance à des volumes sonores que pourraient lui envier les discothèques les plus équipées !

bus à fond dans la descente
à fond dans la descente

Ceux qui me connaissent ne doutent pas de mon affection pour la musique électronique et pour la dance, mais là au milieu de nulle part, avec poussière à droite et casier à provisions à gauche, forêt luxuriante devant et route défoncée ne méritant même pas le terme vaniteux de sentier, traversant cet univers digne d’un delirium tremens à la vitesse d’un escargot essoufflé (en montée) ou d’une avalanche de classe 5 (en descente), je trouve que ça donne un peu de décalage (je parlais de la musique, si vous avez suivi).

rizière à Palawan
rizière vue depuis le bus

Dans certaines montées, malgré l’élan maximum pris par le chauffeur au mépris de toute raison et parfois même au défi des lois de la physique, il faut que certains passagers sautent en marche (mais ils vont plus vite à pied que nous) pour que le bus continue son ascension. Le paysage est superbe, là aussi particulièrement varié : des montagnes, des rizières, de la jungle, de petits villages…

la jungle luxuriante de Palawan
la jungle luxuriante de Palawan

Tout à coup, la route devient toute neuve. C’est un véritable billard, je n’avais pas vu une telle qualité de route depuis l’Europe. Le bus fonce à pleine vitesse, marquant parfois des arrêts dans les endroits les plus inattendus. A chaque étape, le ballet des colis qui montent et descendent du véhicule est passionnant. Ici c’est une série de casseroles qu’on dépose, là c’est une grappe d’enfants qui monte à bord. Le bus fait clairement le service des livraisons. Parfois, les arrêts sont vraiment au milieu de nulle part…

Après un panneau touristique antédéluvien annonçant fièrement un lac que nous irons voir ensemble plus tard (ce sera dramatique, je vous le promets), nous passons à toute vitesse devant ce qui semble être un hôpital, puis arrivons à un rond-point ! Oui, ici aussi cette gangrène dépensière et mafieuse est arrivée. Jouxtant ledit rond-point, c’est la gare routière de Taytay.

panneau indiquant le Lac Danao
un panneau touristique décrépi

Anecdote amusante : pendant le trajet, le « contrôleur » a parcouru tout le bus, majoritairement par les extérieurs (ne cherchez pas, ce n’étant pas prévu par le constructeur mais il l’a fait quand même). Pour preuve : voici mon billet qui a bien été grignoté par le poinçon !

Puerto Princesa – Sabang

Puerto Princesa – Sabang

Ce n’est pas au moment de se lever qu’est le drame, mais au moment où on réalise que, bien qu’étant rapides et efficaces au démarrage le matin, il est quand même déjà 9h30 et que le bus part à 10h d’un endroit distant de 20 minutes en tricycle.

le bus s'arrête faire le plein
le bus s’arrête faire le plein

Et bien sûr, là, on est encore à l’hôtel à régler la note et à récupérer le passeport d’Arnaud.

On s’avance donc un peu dans la rue, et on tombe rapidement sur un tricycle. A la question « how much », le conducteur nous répond « 100P ». On avait espéré arranger ça, je tente une négo, mais c’est l’échec. Faut dire qu’on a peu de temps devant nous, et que du coup on n’a pas vraiment le choix.

C’est parti ! Le tricycle roule comme un dingo. Il se faufile entre les autres tricycles, les camions et les jeepneys surchargés. Il double à droite, à gauche, par le trottoir… La poussière est très présente sur ce trajet. Sans oublier qu’on n’a pas encore trouvé le truc pour bien se tenir dans le tricycle, et donc qu’on est encore de front tous les 2, dans le siège passager. On finira par se mettre en face à face, comme les philippins, c’est bien plus pratique. En fait, comme pour bien des choses, il faut observer comment font les autres !

Oui, aux Philippines, on transporte des poulets
Oui, aux Philippines, on transporte des poulets

On finit malgré tout par arriver à l’endroit prévu. Ce mélange étrange de zone de marché, de gare routière et de système à sens unique autour de bâtiments branlants à la destination incertaine est visiblement un standard puisqu’on le retrouvera plusieurs fois, comme à Roxas par exemple.

Le tricycle nous dépose donc devant un bus et nous l’indique comme étant celui pour Sabang. Il fait chaud. Le sol en terre battue est irrégulier et porte les marques de roues ayant labouré la terre par temps de pluie. Le bus est abrité sous une sorte de hangar sans côtés. Je m’approche et obtiens confirmation, c’est bien le bus pour Sabang. Un gars nous déleste de nos sacs et les envoie sur le toit. Sur le moment, je ne pense pas à entourer mon sac à dos de la superbe housse rouge imperméable dont il est doté (heureusement pour moi, il n’y aura pas de drame, car pas de pluie pendant ce trajet, haha avouez que vous aviez cru voir venir ce coup-là). Avec Arnaud, on s’installe au dernier rang, la place des cancres.

Sacré bus

Ne cherchez pas les fenêtres, il n’y en a pas. Et non, le toit du bus n’est pas retouché avec Photoshop, il y a réellement ces espèces d’ondulations vert pomme faites à la bombe… Le bus est maintenant plein. Nous avons pris les dernières places… mais ce serait une erreur de croire que personne ne va plus monter à bord ! Sans entrer dans le détail, nous allons au final être environ le double de ce qui est prévu. Certains seront sur le bord des banquettes, d’autres debout dans le couloir, d’autres encore carrément sur le toit. Le toit, pourtant, est déjà bien garni puisque chacun y stocke ses bagages, colis, objets divers et même la volaille. Oui oui, vous avez bien lu, il y a des poulets ! Mais le bus sent surtout le mazout. Tout à coup, un philippiin monte dans la foule et commence à nous lire la bible (en tagalog, mais bon pas besoin d’être bien malin pour comprendre que c’est une bénédiction). Il prêche et prie avec les voyageurs pendant près de 20 minutes ! Puis il passe collecter parmi tout le bus pour sa mission.

Philippines : intérieur d'un bus
Philippines : intérieur d’un bus

Le bus partira finalement presque à l’heure, et à 10h45 on part en direction de Sabang. Mais à peine 200m plus loin, le bus s’arrête devant une pompe à essence. On se demanderait presque s’il va faire le plein, et à juste titre puisque… non !

L’arrêt semble surtout motivé par le besoin de charger d’autres colis, et d’autres voyageurs sur le toit. Pendant ce temps, tout comme avant d’ailleurs, des petits vendeurs ambulants passent autour du bus pour proposer leurs produits divers et (a)variés. C’est là qu’on entend la petite sonnette/clochette d’un vendeur de glaces à vélo.

Des passagers attendent un peu partout pour monter dans le bus
Des passagers attendent un peu partout pour monter dans le bus

On en verra d’autres par la suite, et on finira même par découvrir la musique « officielle » du marchand de glaces Nestlé !

Le bus quitte finalement le New Market vers 11h, avec 32 personnes à l’intérieur + 1 chauffeur + 1 « responsable » + 4 passagers (au moins) sur le toit.

C'est pour ça qu'on appelle ça un chicken bus ?
C’est pour ça qu’on appelle ça un chicken bus ?

Selon mon estimation, le bus est prévu à l’origine pour 25 places chauffeur inclus. Après avoir rattrapé la route bétonnée, on roule comme des dingues (environ 30km/h mais sans les vitres et avec le bruit énorme du moteur et l’acre fumée noire qui s’en dégage, on dirait qu’on va décoller si le chauffeur tire sur le volant) et tout à coup, on entend des coups sur le toit. Le bus s’arrête. Arnaud repère un gars qui descend récupérer un bac en polystyrène tombé du toit… Tout est re-fixé et on repart.

Paysage des Philippines
Paysage des Philippines

On constatera plus tard, et pendant tout le voyage, que pour faire arrêter le bus il suffit de taper deux coups bien fort sur la carcasse.

La route traverse la jungle
La route traverse la jungle

Le paysage est magnifique : il fait beau, on traverse la jungle, la route tourne, tortille, monte avec des pentes à faire frémir (et à faire pleurer le moteur, à fond en première courte, qui peine à dépasser les escargots mais finit par avancer dans un concert de métal torturé et de relents d’huile de moteur). Le « décor » est vraiment suberbe : de la jungle luxuriante mêlée à des montagnes aux formes aussi improbables qu’extraordinaires : des falaises, des collines rondes, des rochers acérés, des petites rivières et des plaines à rizières, et au loin : la mer.

Waouh, c’est vraiment beau. On dirait une carte postale… mais… mais non, je ne rêve pas, c’est bien vrai tout ça : je n’en reviens pas tellement je trouve ça chouette. Impossible de mettre des mots sur cette impression de “je savais pas que ça existait en vrai un truc pareil, pourtant je l’ai déjà vu à la télé / en photo / dans Dragon Ball / je sais pas où mais en tout cas c’est bien là !”. Vous voyez ce que je veux dire ?

Arrêt ravitaillement le long de la route
Arrêt ravitaillement le long de la route

Voici quelques scènes à bord de ce bus bondé, et des panoramas et personnes qu’on a pu voir le long de ce trajet.

Repas de fortune

Les étals proposent toutes sortes de bonnes choses
Les étals proposent toutes sortes de bonnes choses

Midi est passé depuis quelques minutes, et le bus poussif souffre le martyre. Tout à coup, le chauffeur n’y tient plus, et il arrête son engin au bord de la route. Quelques bicoques ont visiblement l’habitude de cet arrêt. Pendant que le chauffeur file aux CR (Comfort Room, le terme philippin pour WC), une partie des voyageurs descend du bus pour s’approcher des quelques vendeurs présents. Il est temps d’acheter à boire et à manger. Le trajet dure en effet un peu plus de 2h, mais il fait très chaud. On cherche encore comment le gars du Lonely Planet a pu avoir des problèmes avec la clim poussée (soi-disant) à fond, car on a eu beau vérifier, tous les bus qu’on a croisés/vu/aperçu étaient du style du nôtre : plus âgé que nous, pas de fenêtres, pas de ventilation. Alors la clim… (et en même temps, c’est pas plus mal, ça m’a évité ces fameuses et adorables bronchites qu’on se prend dans ce genre de cas sinon). Ah si, une fois, un des bus avait la musique à fond. C’est que j’ai de plus « technlogique » à vous proposer, désolé j’ai pas mieux !

Le bus est bien chargé !
Le bus est bien chargé !

Hop, il est donc temps de faire une pause ! L’afflux massif et rapide de demoiselles et de vieilles piaillant pour vendre leur tambouille et leurs produits me rappelle furieusement les babouchki des quais lointains du Transsibérien. Sauf que là on ne nous vend pas de marojenas, mais on nous propose de la nourriture fraîche et visiblement appétissante.]

J’achète à une vieille un sandwich et une bouteille d’eau (15₱ le tout). Il y a peu de touristes dans le bus, à part un italien. Encore une fois, je ressens la griserie de l’immersion ! Par chance au dernier rang, on a notre propre petite porte pour descendre du bus !

Marché de ravitaillement le long de la route
Marché de ravitaillement le long de la route

Du coup, Arnaud en profite pour faire un petit tour et quelques photos. Le contraste des boutiques en bois toute déglinguées et (malheureusement) pauvres fait tout bizarre avec les pubs plastifiées et rutilantes pour le rhum Tanduay et les téléphones mobiles Smart et Globe : « Load Na Dito !! » disent en coeur toutes ces pubs. Achetez votre recharge de téléphone ici… Très étonnant et surtout déroutant pour moi, de voir qu’ici tout le monde a un portable, alors même que la plupart des gens que vous voyez ici n’ont pas l’eau courante, et encore moins l’électricité. Choc des cultures, choc technologique, je suppose.

Paysage des Philippines
Paysage des Philippines

La route est bétonnée sur les sections en pente
La route est bétonnée sur les sections en pente

Pendant le trajet, sur certaines sections, la route… n’est plus une route. Plus de revêtement bien sûr, mais juste un mélange indescriptible de fange, boue, graviers… Le bus ne s’arrête pas pour autant ! Le bus repart, et une bonne heure après nous arrivons à Sabang.

Arrêt d'inspection... aucune inspection !
Arrêt d’inspection… aucune inspection !

Ce qui est amusant : le bus s’arrête, des gens descendent. Ayant vu le panneau « Sabang » je me demande si c’est là, mais bon, la plupart restent à bord, on va faire pareil. Le bus repart, fait (sans exagérer) 50 mètres, et s’arrête à nouveau. Cette fois ci, c’est le terminus, et tout le monde descend ! Le principe étant de payer à l’arrivée, on nous déleste donc de 200₱ chacun. L’italien aura beau nous expliquer qu’on s’est fait arnaquer, que le prix était de 120₱, pour cette fois je n’en ai pas été convaincu. En même temps, on va le voir, Sabang n’est qu’un repaire de touristes. Mais n’allons pas trop vite.

Paysage des Philippines
Paysage des Philippines

Paysage des Philippines
Paysage des Philippines

les montagnes et les cultures
les montagnes et les cultures

Jungle et montagneJungle et montagne

Nous sommes donc à Sabang. Enfin !

Malgré un temps légèrement couvert, la mer est là, derrière un écran de quelques palmiers, et on sent les embruns nous titiller les narines. Arnaud récupère son sac, moi aussi, jetés du haut du camion bus (mais avec délicatesse). Nous sommes prêts. Le trajet n’a pris qu’à peine deux grosses heures, mais c’était assez fatiguant quand même. Et très agréable.

la propreté n'est pas au top
la propreté n’est pas au top

Je suis donc dans ce genre d’état d’esprit où, vous voyez ce que je veux dire, on voudrait juste quelques instants de calme pour pouvoir « digérer » psychologiquement parlant tout ce qu’on vient de vivre, ce qu’on a sous les yeux.

les montagnes et les cultures
les montagnes et les cultures

le bord de mer
le bord de mer

Je fais quelques pas. Mais alors que je me croyais enfin tranquille à Sabang, c’est le drame (ou presque).