Les monsieurs en blanc sont gentils (laundry service)

Les messieurs en blanc sont gentils (laundry service)

Qui n’a jamais rêvé de mondes étrangers, de pays inconnus aux traditions exotiques ? Qui n’a jamais tenté l’aventure du rêve d’un endroit différent et lointain ? Car là est l’intérêt central du voyage : le voyage, et avec qui on le fait. Mais bien sûr la destination, et donc intrinsèquement les rencontres. Sans cela, le voyage devient un produit insipide dédié aux seuls Bidochons, qui au fond de leur hôtel protégé se plaindront qu’il n’y a pas de pain à table.

El Nido, rue principale

Le pari était d’arriver à attraper un tricycle en moins de 3 minutes : gagné !! Nous avons donc, avec Arnaud, décidé bien sûr de profiter de la soirée qui s’offrait à nous pour nous rendre, moyennant un trajet en tricycle (30₱), au cœur de la bête, je veux dire un bar. Pas un truc glauque à danseuses pourries, mais un gentil petit bar local où les *vrais* habitants d’El Nido se rendent le soir. Pour trouver cet endroit, il a fallu user de stratagèmes, en particulier expliquer aux personnes à qui nous demandions « où aller », que

  1. non on ne cherche pas de filles
  2. non on ne cherche pas un truc pour westerns.

Ah tiens, je ne sais pas si je vous ai déjà expliqué ce terme; « western », ça veut dire « occidental », mais plus précisément « blanc qui a du pognon ». Il faut donc convaincre les philippins que nous croisons que nous ne cherchons pas à un truc à touristes. Pas évident à El Nido, qui clairement est une cité qui vit du tourisme. Mais ça reste possible, et on arrive donc dans un bouge du nom de Fun Box. C’est un bar dansant, avec de la musique mal réglée et des spots hors d’âge. La bière est quelconque, les tarifs très raisonnables par contre. Et il n’y a pas un touriste en vue. Personne ne nous fait chier, parfait. Bref une bonne adresse pour nous.

A l’asile, on vous l’avait dit !

Enhardis par cette première étape de l’incursion dans la vie nocturne autochtone, voici donc nos deux compères rassérénés par la fausse facilité, qui tentent de continuer dans la même voie. Nous filons donc dans un autre lieu… et là, c’est le drame : nous finissons à l’asile !

Je passe sur les détails qui n’ont pas vraiment d’importance, si ce n’est celle que le lecteur assidu de nos épopées homériques serait en droit d’espérer assouvir, le veux parler ici de curiosité sur les causes et conséquences… bref normalement là vous avez abandonné toute idée de comprendre la phrase précédente. Cet autre bar dansant, car c’est bien cela dont il s’agit, est un autre lieu fréquenté par la jeunesse philippine à El Nido. L’endroit est crasseux et glauque, et on ne s’étonne donc pas de ne pas y trouver d’autres touristes –tant mieux, c’est cela que nous recherchons. Rappelons au lecteur que s’il veut trouver des pigeons et rester entre touristes, il ira à l’endroit que nous avons testé, le repère des friqués, j’ai nommé l’honni et insupportable Art Café.

L’asile ? Oui, on y est allés : c’est le nom de l’autre bar : l’Asylum. Pourquoi, vous vous attendiez à autre chose ? 😉

l’Asylum à El Nido

Et maintenant, rentrons au dodo. A pied, ça laisse le temps de causer !

En arrivant à notre logement, on récupère nos affaires lavées et séchées : le laundry service est efficace et nous aura coûté à peine 250₱ pour le linge de la semaine. C’est chouette les Philippines !

Un petit rhum, et au dodo. Hop !

La bête de Palawan !

 
Vue magnifique de plage aux Philippines
Vue magnifique de plage aux Philippines
 

Quand on vous dit que les îles d’Asie du Sud-Est recèlent de nombreuses surprises, des paysages magnifiques et des gens adorables, on oublie souvent très vite de parler des bestioles. Attention, je parle ici de bêtes sauvages et terrifiantes. Je vais vous parler des moustiques, mais il n’y a pas qu’eux !

D’ailleurs, ça me fait penser, est-ce que je vous ai déjà parlé de la Malarone® ? Non, et pourtant, ne venez pas ici sans en avoir pris une bonne dose. Des moustiques, il y en a partout, des nombreux et des motivés. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils valent largement ceux de Sibérie, ça serait mentir. Mais ceux-là étaient dressés pour la guerre, motivés par un climat qui ne leur laissait que bien peu de temps pour agir : vivre ou mourir aurait-on pu leur donner comme circonstances atténuantes.

Ou pas.

L’autre avantage aux Philippines, c’est que l’habitat touristique est équipé contre les petites bêtes qui volent et qui font bzzzz toute la nuit, tout en se gorgeant de votre sang. Quelqu’un a-t-il déjà tenté de placer une petite coupelle de sang frais à côté, pour qu’ils se servent là est pas directement sur la bête ? Je sais, je passe sous silence la difficulté toute relative de trouver chaque soir un peu de sang frais, mais on n’est plus à ça près si vous me lisez depuis le début.

Donc, disais-je, l’habitat est équipé de moustiquaires. Ajoutez à ça que ladite moustiquaire, vous la recouvrez généreusement d’anti-moustique répulsif intégral toutes régions garanti et plus si affinités oui madame oui monsieur et en prime je vous offre un… pardon, je m’égare. Hum ! Parce que votre corps aussi, se doit d’être antimoustiqué en permanence (pensez-y à la sortie de la douche, à la sortie de la mer, enfin partout et tout le temps), et que les vêtements aussi on les a imbibés de produit. Malgré ça, on a toujours un risque d’impact, mais pour ma part j’avoue que ça a été très efficace malgré l’amour inexplicable que me portent les insectes.

La moustiquaire oui c’est moche, mais je vous assure que vous n’avez pas envie d’en sortir quand vous y êtes. Et seul celui qui n’a jamais été violemment multi-attaqué en traître en plein WC ne comprendra pas le plaisir qu’on peut avoir à se recouvrir d’un produit nocif.

Philippines : le geckoAh, mais j’oubliais de vous parler de notre visiteur musical d’hier soir. Vous vous souvenez ? Arnaud avait bien raison, et ce matin je l’ai eu en photo !

Ne me demandez pas comment il tient au mur, il est juste accroché comme ça sur une paroi verticale. Il continue à chantouiller son grenouillement bizarre.

Mais le plus intéressant c’est qu’il ne bouge pas, il n’a pas peur de nous. Enfin au bout d’un moment, il s’en va, mais sans peur. Bravo, le gecko !

Un gecko ça tient au plafond par magie

Allez, en route, il est temps d’aller naviguer !

Jour 12 : Island Hopping, acte II

Alors aujourd’hui nous sommes repartis pour un nouveau périple de découverte d’îles, plages, criques et poissons. El Nido est déjà réveillée, les jeepneys surchargés sont là, les tricycles et les motos se croisent dans un joyeux pétaradement enfumé. On approche du bateau, on embarque, et on est partis pour une grosse journée.

Je vous préviens, ça va piquer les yeux tellement c’est beau.

Prêts ? On y va !

Notre circuit aujourd’hui (poétiquement appelé Tour C, ah l’industrie du tourisme me rendra toujours béat d’admiration) nous conduira à :

  • secret lagoon
  • hidden beach
  • la zone sacrée au temple néoclassique de béton

Je vous laisse savourer les images.

Plage secrète !
Plage secrète !

Le repas du midi est constitué de poisson grillé (très agréable) accompagnés de riz, oignons violets hachés menu, des bananes en dessert. Je ne me lasse pas. Le repas est préparé sous nos yeux par l’équipage, un mini barbecue est préparé pour nous sur un bord de plage. On visite une île où trône un véritable petit temple avec véritable statue, véritable coupole, véritable ponton en béton moche, véritable croix, bref un endroit tout bizarre dans cet univers tellement différent. Les plages, les lagons cachés, c’est tout simplement génial. L’ambiance est sereine sur le bateau, tout se passe bien. La météo bien sûr est indiscutablement au top.

Avouez que tout ça ne semble pas vilain ? Alors bien sûr, comme souvent, en photo ça ne rend pas aussi bien qu’en vrai.

 

Les falaises forment une (fausse) barrière
Les falaises forment une (fausse) barrière
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
les pieds dans l'eau
les pieds dans l’eau
repas sur la plage
repas sur la plage
délicieux poissons grillés
délicieux poissons grillés
Philippines : island hopping à Palawan
Philippines : island hopping à Palawan
un temple secret caché dans les îles
un temple secret caché dans les îles

Soirée rhum

De retour à El Nido, on savoure le coucher de soleil avec un petit verre à la main. Ah, il y a des spectacles dont on ne se lasse pas : le feu, les nuages, la mer et le coucher de soleil… Étrange comme c’est à chaque fois pareil et toujours différent…

Du coup, on se prépare à aller faire un tour de ville. Le problème, c’est qu’on va finir à l’asile, mais ça, c’est pour la prochaine page de ce récit dramatique !

Jour 11 : Island Hopping à El Nido

Arman la classe

Après un wake-up call à 8h du matin, on file à El Nido centre en tricycle (30₱ ce matin) pour rejoindre notre Island Hopping Tour A. Le « A » est important, car chaque tour d’îles est désigné par une lettre. Le A c’est pour certaines îles, le B pour d’autres, etc.

en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido
en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido

Chacun espère donc avoir fait le meilleur choix. Pour notre part, aujourd’hui, nous allons découvrir

  • le small lagoon et le big lagoon
  • la plage payong-payong beach
  • l’île de Simizu Island et l’île de Intalula Island
  • la plage Seven Commando Beach

le tout pour la modique somme de 500₱, déjeuner inclus.

Eh oui, c’est la classe totale chez Arman ! Alors qu’on embarque, on observe avec le sourire aux lèvres les couillons qui ont réservé un équivalent au « El Nido Boutique & Art Café » pour la triste escroquerie de 700₱. C’est le prix à payer quand on suit à la lettre les indications du Lonely Planet. Ceci dit, ils ont du ajouter un supplément de 250₱ s’ils voulaient des palmes et un tuba pour le snorkelling. Bin voyons…

Ah au fait, personne ne vous avait prévenus ? Oh, quelle dommage ! Alors moi je vous donne l’info : sur la plage, juste avant d’embarquer, vous avez à débourser 200₱ de taxe d’éco-tourisme. En échange de cette somme, on vous remet un reçu valable 10 jours. Renseignement pris, la différence de tarif entre notre « tour A » et celui de l’Artcafé n’est malheureusement pour eux toujours pas lié à cette taxe qu’ils doivent payer aussi. On aurait pu espérer… Bref, comme on a déjà payé le tour, on ne peut pas faire autrement que payer la taxe. Le système est bien rôdé, on se fait plumer. Saleté ! Il y a des moments où on en a marre d’être des pigeons (et pourtant, on a déjà évité le pire). Allez, embarquons et oublions !

tour "A" à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables
tour « A » à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables !

Bref il est 9h, tout le monde est là, on part. A bord d’une bangka à moteur, on quitte El Nido, le bateau part sur la gauche et on file droit vers les îles. La journée est tout simplement géniale, les îles et plages sont totalement parfaites, les poissons nombreux et admirables. Un vrai bonheur ! Je vous laisse dévorer des yeux les photos !

El Nido, une rue en plein activité dès le matin
El Nido, une rue en plein activité dès le matin

Les îes du tour A : photos garanties sans retouche !

A l’approche des îles, je suis impressionné de voir cette roche noire, à vif, dont on devine que des mains géantes se déchireraient dessus en les caressant tant les falaises immenses ont l’air acérées. C’est magnifique ! La mer a rongé le bas des falaises, mais la roche n’en parait que plus agressive et dangereuse. Véritables murs d’un gris profond, la végétation n’a que peu réussi à coloniser ces parois qui se présentent à la façon d’immenses murs qui nous écrasent.

un lac à double salinité
un lac à double salinité

Le Small Lagoon est un véritable mini-lac. Joli mais pas de quoi se rouler par terre. Dans cet arrêt comme dans plusieurs des suivants, on retrouve à chaque fois une grappe de divers bateaux transportant des meutes de touristes. C’était bien sûr prévisible, mais toujours dommage. En nageant vers le bout du mini-lac, on trouve un petit passage étroit qui mène dans un autre petit lac reculé. C’est assez joli, et on « voit » les différences de salinité par la différence de vision dans l’eau. C’est la première fois que je vois ça, c’est particulièrement intéressant et étonnant. C’est très agréable de nager ici.

la clarté de l'eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif
la clarté de l’eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif

La plage Seven Commando n’a que peu d’intérêt, et le fond marin est joli mais sans rien d’exceptionnel. C’est surtout un moyen de nous occuper un peu et de rajouter quelque chose au programme, qui soit sur la route. La légende dit que cette plage a pris ce nom après que 7 membres d’un commando militaire y aient séjourné. La plage comporte un bar. J’ai eu l’impression que cette plage était située non pas sur une petit île, mais sur Palawan directement.

repas de riz et poisson grillé sur la plage
repas de riz et poisson grillé sur la plage

Le midi, nous prenons notre déjeuner sur une plage. Le repas est préparé par l’équipage et grillé en barbecue. Poissons grillés, riz, légumes, fruits de mer. Le repas est excellent et très agréablement présenté.

dans la baie d'El Nido, à bord d'un bateau touristique
dans la baie d’El Nido, à bord d’un bateau touristique

Le Big Lagoon ne sera pas l’occasion d’un arrêt, mais on y passe avec le bateau. L’entrée du « lagon » est une voie très étroite car il y a de nombreux hauts-fonds. Au beau milieu de Big Lagoon se dresse une énorme plateforme, à priori utilisée pour des mariages. Au fait, avez-vous remarqué avec quelle facilité nous autres français passons de la critique à l’éloge, et vice versa ? Héhé, il parait que c’est culturel…

la plage et son bar à touristes
la plage et son bar à touristes

Retour à terre

Il est temps de retourner maintenant à El Nido !

retour à El Nido
retour à El Nido

Une dernière photo : El Nido, vu de la mer ! Alors quitte à faire mon touriste, je ne trouve pas ça top-joli. Je préfère la vue d’une rue, depuis la terre ferme. Chacun son truc, je sais que c’est la même ville, mais bon. Bref, je n’ai pas d’explication.

Cette journée a été géniale. Nous bookons sans hésiter le « tour C » pour demain, espérant de nouvelles découvertes. Nous ne serons pas déçus, mais d’ici là on a se faire une petite soirée rhum-coca-lecture, après avoir mangé une brochette à 5₱. Excellent ! Décidément, il faut croire qu’ici à El Nido, on sait préparer les brochettes.

On achète un pain de glace dans une mini-boutique, et on rentre vite fait à l’hôtel-lodge-chambre en tricycle, bien sûr !

Le temps passe, la soirée avance. Une petite pause dans le hamac avant l’apéro. On prend un moment pour être au calme –comme si on avait été hyperactifs la journée !

notre chambre
notre chambre

Drame du soir, espoir

Mais alors qu’on a éteint la lumière et que tout se profile bien pour demain, c’est le drame !

le hamac
le hamac

Arnaud entend à nouveau le cri d’une bête furieuse et dangereuse. Il est certain que c’est un iguane… impossible de le voir quand on rallume la lumière !

El Nido, nid [d’espions] d’escrocs

Donc, disais-je, la taulière prend note de notre commande de rhum-coca. En fait de taulière, c’est plutôt une de ses filles/esclaves, mais bon le concept reste le même. Un rhum-coca, en bord de mer, par 35° de température, vous l’espérez frais, non ?

Petite boutique aux Philippines
Petite boutique aux Philippines

Eh bien c’est facile, mais à El Nido, la glace c’est payant. Rien de méchant, et ça tombe bien, car j’ai eu l’audacieuse idée d’acheter un pain de glace sur la route avant de rentrer, j’avais senti le coup venir. Oui je sais, j’aurais pu le dire avant, mais l’effet dramatique aurait été perdu. Bref, ledit pain de glace coûte au bas mot 3₱. Alors bon, faut l’amortir, donc on boit quelques verres à la terrasse de notre complexe hôtelier touristique de grande classe : 4 bungalows de 2 lits chacun. Le nôtre étant du côté de la route où la mer n’est pas. Ah bin oui mon gars, à vouloir pas payer cher, on n’a pas les pieds dans l’eau.

On croise sur la terrasse 3 touristes qui nous donnent le nom d’un opérateur de tours-islands à éviter. Ouf, ce n’est pas le nôtre. Demain, eux vont se louer un bateau privatif avec équipage pour aller à la pêche. Pas bête !

coucher de soleil sur la baie d'El Nido

Baignade dans la mer, mais le fond est plat et même à 250 m du rivage vous avez encore pied, y compris quand comme moi on ne fait que 1 m 70. Mais bon, j’arrête de râler, la vue est terrible !

Bah, puisque c’est comme ça, et l’alcool appelant la faim, allons en ville manger un bout. Psst ! Tricycle !

Le commerce miniature

Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, de ces petites échoppes miniatures qu’on trouve partout aux Philippines. D’une surface totale proche de 5 m² grand maximum : murs, stock et comptoir inclus. On y trouve absolument tout ! La plupart sont sponsorisées par d’affreuses pubs pour des recharges téléphoniques, vraiment toutes aussi laides les unes que les autres. Autant en Sibérie je comprenais qu’on ne souhaite pas chauffer un local surdimensionné, autant là la raison semble plus économique et flegmatique. Car on trouve vraiment tout ce qu’on veut dans cette échoppe (et s’il n’y a pas, on va vous le trouver) !

On y trouve aussi systématiquement une à deux personnes qui font le commerce, discutent, passent le temps, et regardent une télé (qu’on trouve aussi à chaque fois) d’un âge que je qualifierai gentiment de « du siècle passé », télé donc où passent des émissions dignes du même qualificatif tant en qualité qu’en intérêt pour le commerçant comme pour le client.

Sur la photo, c’est quand je suis allé acheter un pain de glace. Je n’avais aucune idée de si elle avait ça ou pas, mais elle en avait. Je savais que sinon, on m’aurait fait attendre et on m’en aurait trouvé ! Et à ceux qui se demande avec quelle eau est faite la glace, je répondrai : je l’ai désinfectée au rhum. D’autres questions ? OK, on peut donc reprendre notre épopée !

Vous finirez tous à l’asile !

Ce n’est pas une promesse, mais je crois que toute personne qui habite ou qui passe par El Nido finit à un moment où un autre à l’asile. Pour ma part, ça m’est arrivé et je vais dans un instant vous expliquer comment.

Ah non, pas d’attente dramatique aujourd’hui, vous en avez déjà subi un il y a quelques lignes à peine.

Palawan, ses plages
El Nido, ses arnaques à touristes
Palawan, ses plages. El Nido, ses arnaques à touristes…

Nous arrivons donc à El Nido « centre », et là je me mets en quête d’une pitance, quand mon odorat affûté détecte à proximité immédiate une source de réconfort pour mon estomac, j’ai cité : un barbecue. En pleine rue bien sûr, puisqu’on y fait griller des petites brochettes à l’usage des généreux clients. Je constate qu’il n’y a que des locaux sur celui-ci (il y en a d’autres, eh oui on ne peut rien vous cacher). N’écoutant que mon courage et ayant en tête les conseils des médecins occidentaux qui vous mettent en garde contre les légumes crus, souvenez vous bien qu’il faut manger des choses bien cuites, hein, pas de fruits pas de légumes rien de cru, vous aurez le scorbut oui mais bon au moins pas la gastro, bref, là les brochettes elles sont bien grillées, dorées à souhait. Des brochettes de quoi ? Bin, de pattes de poulet bien sûr. J’ai dit pattes, hein, pas cuisses !

Brochette terreur

Gloups. Alors bon, j’ai l’habitude de goûter toutes sortes d’horreurs, vous l’avez déjà constaté, mais le coup des pattes de poulet ça a un côté vaudou plus qu’un côté appétissant. On se demande : ça se mange ça ? Mais on y mange quoi ? Bah, c’est pas cher, 2 pesos, faisons nous une frayeur-souvenir.

Et en tout état de cause, c’est plutôt pas mauvais du tout. OK, ça vaut pas une gargote, mais c’est pas mal. Et j’ai des preuves, en images :

Une brochettte de... on sait pas trop quoi !
Une brochettte de… on sait pas trop quoi !

Arnaud quant à lui se contentera d’une brochette de saucisse, visiblement bonne aussi vu la vitesse à laquelle elle disparaît.

Allez, on avise un bar, on va boire un petit coup. La nuit tombe, on est dans un bar discothèque resto club un peut tout. C’est rigolo 5 minutes, mais la musique est forte et demain on a une chouette journée. On croise en sortant d’autres touristes (Italie, USA, Australie) : tout ce joli petit monde s’encanaille avec les autres touristes du coin au QG des touristes, j’ai nommé le fameux « art café », un temple pour touriste occidental friqué. L’internet y est « gratuit si on consomme », les consommations à un tarif double de ce qu’on a vu à l’autre bar. De quoi rendre fou ! Mais bon, puisque le Lonely Planet dit que c’est ce qui se fait de mieux, tout le monde y va. Bêêêê !

Non mais c’est vrai, allez, je sais je râle souvent contre ce genre d’approche, mais allez-y et vous verrez : le Artcafé est une île hyper-occidentale en plein océan philippin. Mais si vous venez aux Philippines, à Palawan, c’est pour vous retrouver en occident ?

Arnaud n’est pas forcément fan de cette ambiance, moi non plus. On part aussi vite que possible et on rentre au dodo.

Quoi ? Ah, l’asile ? On y arrivera, plus tard…

A demain, d’ici là rien de dramatique! Ah si, tiens, c’est vrai… (mais en attendant, un joli coucher de soleil nous attend)

Il y a un effet amusant et même étonnant dans cette plage. Dans l’eau, en pleine nuit, on se baigne un coup pour profiter de l’instant; or je constate que quand je nage, mes mains émettent de petites étincelles dans l’eau. Je vous rassure, je ne suis pas devenu un générateur haute tension, c’est juste une sorte de traînée luminescente qui suit mes mouvements dans l’eau. Après observation attentive en bon scientifique, j’en ai conclu que mes mouvements créaient des micro-bulles d’air, et que ces dernières reflétaient la lune qui était très lumineuse cette nuit. N’empêche, ça fait un peu rigolo d’avoir des mains magiques ! Les habitués du phénomène peuvent se marrer, moi je l’ai découvert là-bas. Chacun son tour !

En route pour El Nido

Nous quittons Taytay pour rejoindre El Nido, en bus

Sur le toit du bus

En ce matin délicat du 10e jour de notre périple dans les tréfonds non-touristiques de l’île de Palawan, nous avons pour projet de quitter Taytay pour El Nido. Pourquoi El Nido me demanderez-vous, ô lecteurs curieux et passionnés ? Je vous accorde à titre de préambule qu’El Nido est bien plus connu des destinations de touristes, en particulier des plongeurs et observateurs marins de tous bords. Et des touristes occidentaux d’une façon générale.

vue depuis le toit du bus (voir plus loin les détails)

Alors le temps est gris, venteux. Alors on prend un tricycle jusqu’au terminal des bus. Alors on se renseigne sur où est le bus qui part à El Nido. Alors on nous indique un vieux tacot rouillé. Alors on y grimpe, et plus précisément sur le toit. Alors on nous demande de payer 150₱ chacun pour le trajet (ci-à-côté : le ticket de bus poinçonné). Alors le bus démarre et après le rond point, prend la route d’El Nido. Alors on arrive après quelques centaines de mètres à une section où il n’y a plus d’enrobé. Alors la poussière nous poursuit, alors la chaleur devient écrasante car les nuages sont partis, alors on met de la crème solaire, on se cale comme on veut entre les ballots et les innombrables choses et passagers entassés là-haut, alors on est serein et on apprécie le voyage dans toute sa couleur.

l’environnement de Palawan le long de la route d’El Nido

Alors, on est bien, là, tranquille. C’est chouette !

A ceux qui trouveront original de se mettre sur le toit d’un bus, je signale que j’ai payé ma place au même tarif, et que comme de toute façon à l’intérieur c’était complet, c’était ça ou debout dans le couloir (et encore, si j’avais bataillé pour atteindre le couloir). Arnaud s’installe lui aussi sur le toit, un peu plus en arrière.

Olivier sur le toit du bus (on voit que je ne suis pas le seul à m’avachir dans les bagages)

Couic la tête

Qu’on n’en déduise pas que l’infrastructure routière est adaptée aux bus surchargés et sur-remplis. On arrive assez vite à un village qui semble préparer une fête locale, ils ont décoré le village avec des tas de petits fanions de couleurs. Ah en fait, quand on approche un peu plus, on voit qu’en fait de fanions ce sont des sacs plastique de couleurs différentes, attachés aux fils électriques. Et qu’ils sont à hauteur de tête. Un cri d’un passager du toit et tout le monde baisse la tête au maximum : on se couche d’un coup ! Hop, le fil électrique et ses sacs sont passés à 10 cm au-dessus de moi !!

Le car continue sa route à travers les rizières, la jungle luxuriante, de petites collines. La route est enrobée sur les portions de forte pente, pas ailleurs. On m’explique qu’il parait qu’un enrobé va être déployé sur toute la longueur d’ici « quelques années »…

Alors que je suis là, serein, sur mon toit, et que je commence à vraiment m’habituer au style de conduite sportif du chauffeur (malgré un moteur poussif et crachotant), au détour d’un virage, l’engin s’arrête. Un passager qui va descendre ?

on s'installe sur le toit pendant les réparations
on s’installe sur le toit pendant les réparations

Non ! Le car est en panne. Par chance, je suis à l’ombre (on a beau dire, en plein soleil, on est mieux à 50km/h qu’à l’arrêt). Notez que je ne vous ai pas fait le coup du drame, hein, alors n’allez pas vous plaindre ! D’ailleurs, personne ne s’énerve, personne ne se plaint. Tout le monde attend bien patiemment, et le chauffeur aidé de deux philippins (qui semblent être ses collègues car ils ont encaissé le trajet et/ou vérifié le chargement au départ) ouvre le compartiment moteur et prend un marteau de taille conséquente, puis tape.

Un vrai film. On se croirait en train de réparer un vieux truc déglingué de l’aire soviétique. Bim bim bim !Le marteau tape. Vroum, le moteur redémarre. Allez comprendre !

Panneau de basket à Palawan

Nous reprenons donc notre traversée de Palawan en car. Je remarque à l’usage du visiteur curieux que chaque village, chaque hameau, chaque école a son terrain de basket. Héritage colonial américain (ou pas, mais pour moi oui) le basket est un sport essentiel et particulièrement pratiqué aux Philippines.

El Nido : installation et premiers pas en terre touristique

L’arrivée à El Nido se fait sans histoire, on saute dans un tricycle pour aller trouver un hébergement. Le gars du tricycle (qui fait donc office de guide/aide à la trouvaille d’hébergement/transport/conseil aux voyageurs/animation musicale, rayez la mention inutile mais selon moi il n’y en a pas) nous emmène un peu en retour sur la route. On règle 30₱ et on se retrouve à négocier une chambre sans moustiquaire avec deux lits pour 500₱. On sent qu’on est à El Nido !

Le tricycle retour pour aller à nouveau à El Nido est à 20₱. Je cherche le post office (vous vous souvenez, à Taytay, je n’ai pas pu poster mes cartes postales car à la poste on ne savait pas le tarif pour envoyer une carte postale à l’international), donc ici je le trouve assez facilement. Étrangement, le bureau a l’air dédié à la poste. Encore plus étrangement, il y a un gars derrière le guichet. Terriblement plus étrangement, il comprend ce que je veux. Dramatiquement plus étrangement, il se trouve que mon affranchissement était le bon, il prend mes cartes postales, fin de l’épisode. Waouh ! (pour l’anecdote : elles sont arrivées !)

On se balade « en ville », on fait un petit tour dans El Nido à pied. On découvre qu’il y a de nombreuses officines plus ou moins développées, qui proposent de la plongée et des balades dans les îles du coin. C’est aussi pour ça qu’on est là, c’est très réputé et ça le mérite (vous verrez tout à l’heure les photos). Les prix des « tours island » (ne me reprochez pas l’écriture, je retranscris ça tel quel) varient de 400 à 700₱ et plus, accessoires en sus. Par accessoires ont entend par exemple le masque de snorkelling ou les palmes, ou d’autres trucs du genre.

Allez, remettons nous de nos émotions. On va manger dans une gargote, tenue par une mamie. On y mange bien, c’est discret et sans touristes. Et pas cher, en plus ! Photos : recto, verso !

A la gargote
la même gargote (verso)

Ensuite on continue notre découverte d’El Nido avec la trouvaille qui nous vaut la réjouissance : on réserve un « tour » des îles pour demain, tout inclus, chez Arman pour 500₱. El Nido est une petite ville qui a très nettement moins de charme que Port Barton. C’est plus bétonné et ça pue l’arnaque à touristes à plein nez. Clairement, c’est moche. Il y a pourtant de jolies choses à voir, il faut juste être un peu curieux et ne pas chercher l’esthétique d’un « beau lieu ». L’intérêt, comme souvent, c’est les gens.

On rentre à pied au cottage en 40 minutes.

le long de la route, arrêt aux stands pour ravitaillement !

Arrivant à notre cottage. On avise la tenancière des lieux, et on s’installe à sa terrasse pour y sirotter un petit rhum-coca. Tout a l’air de bien se passer, la dame acquiece à notre demande, mais tout à coup, c’est le drame !

(héhé, vous ne vous y attendiez plus, hein ?)