Jour 11 : Island Hopping à El Nido

Arman la classe

Après un wake-up call à 8h du matin, on file à El Nido centre en tricycle (30₱ ce matin) pour rejoindre notre Island Hopping Tour A. Le « A » est important, car chaque tour d’îles est désigné par une lettre. Le A c’est pour certaines îles, le B pour d’autres, etc.

en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido
en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido

Chacun espère donc avoir fait le meilleur choix. Pour notre part, aujourd’hui, nous allons découvrir

  • le small lagoon et le big lagoon
  • la plage payong-payong beach
  • l’île de Simizu Island et l’île de Intalula Island
  • la plage Seven Commando Beach

le tout pour la modique somme de 500₱, déjeuner inclus.

Eh oui, c’est la classe totale chez Arman ! Alors qu’on embarque, on observe avec le sourire aux lèvres les couillons qui ont réservé un équivalent au « El Nido Boutique & Art Café » pour la triste escroquerie de 700₱. C’est le prix à payer quand on suit à la lettre les indications du Lonely Planet. Ceci dit, ils ont du ajouter un supplément de 250₱ s’ils voulaient des palmes et un tuba pour le snorkelling. Bin voyons…

Ah au fait, personne ne vous avait prévenus ? Oh, quelle dommage ! Alors moi je vous donne l’info : sur la plage, juste avant d’embarquer, vous avez à débourser 200₱ de taxe d’éco-tourisme. En échange de cette somme, on vous remet un reçu valable 10 jours. Renseignement pris, la différence de tarif entre notre « tour A » et celui de l’Artcafé n’est malheureusement pour eux toujours pas lié à cette taxe qu’ils doivent payer aussi. On aurait pu espérer… Bref, comme on a déjà payé le tour, on ne peut pas faire autrement que payer la taxe. Le système est bien rôdé, on se fait plumer. Saleté ! Il y a des moments où on en a marre d’être des pigeons (et pourtant, on a déjà évité le pire). Allez, embarquons et oublions !

tour "A" à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables
tour « A » à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables !

Bref il est 9h, tout le monde est là, on part. A bord d’une bangka à moteur, on quitte El Nido, le bateau part sur la gauche et on file droit vers les îles. La journée est tout simplement géniale, les îles et plages sont totalement parfaites, les poissons nombreux et admirables. Un vrai bonheur ! Je vous laisse dévorer des yeux les photos !

El Nido, une rue en plein activité dès le matin
El Nido, une rue en plein activité dès le matin

Les îes du tour A : photos garanties sans retouche !

A l’approche des îles, je suis impressionné de voir cette roche noire, à vif, dont on devine que des mains géantes se déchireraient dessus en les caressant tant les falaises immenses ont l’air acérées. C’est magnifique ! La mer a rongé le bas des falaises, mais la roche n’en parait que plus agressive et dangereuse. Véritables murs d’un gris profond, la végétation n’a que peu réussi à coloniser ces parois qui se présentent à la façon d’immenses murs qui nous écrasent.

un lac à double salinité
un lac à double salinité

Le Small Lagoon est un véritable mini-lac. Joli mais pas de quoi se rouler par terre. Dans cet arrêt comme dans plusieurs des suivants, on retrouve à chaque fois une grappe de divers bateaux transportant des meutes de touristes. C’était bien sûr prévisible, mais toujours dommage. En nageant vers le bout du mini-lac, on trouve un petit passage étroit qui mène dans un autre petit lac reculé. C’est assez joli, et on « voit » les différences de salinité par la différence de vision dans l’eau. C’est la première fois que je vois ça, c’est particulièrement intéressant et étonnant. C’est très agréable de nager ici.

la clarté de l'eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif
la clarté de l’eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif

La plage Seven Commando n’a que peu d’intérêt, et le fond marin est joli mais sans rien d’exceptionnel. C’est surtout un moyen de nous occuper un peu et de rajouter quelque chose au programme, qui soit sur la route. La légende dit que cette plage a pris ce nom après que 7 membres d’un commando militaire y aient séjourné. La plage comporte un bar. J’ai eu l’impression que cette plage était située non pas sur une petit île, mais sur Palawan directement.

repas de riz et poisson grillé sur la plage
repas de riz et poisson grillé sur la plage

Le midi, nous prenons notre déjeuner sur une plage. Le repas est préparé par l’équipage et grillé en barbecue. Poissons grillés, riz, légumes, fruits de mer. Le repas est excellent et très agréablement présenté.

dans la baie d'El Nido, à bord d'un bateau touristique
dans la baie d’El Nido, à bord d’un bateau touristique

Le Big Lagoon ne sera pas l’occasion d’un arrêt, mais on y passe avec le bateau. L’entrée du « lagon » est une voie très étroite car il y a de nombreux hauts-fonds. Au beau milieu de Big Lagoon se dresse une énorme plateforme, à priori utilisée pour des mariages. Au fait, avez-vous remarqué avec quelle facilité nous autres français passons de la critique à l’éloge, et vice versa ? Héhé, il parait que c’est culturel…

la plage et son bar à touristes
la plage et son bar à touristes

Retour à terre

Il est temps de retourner maintenant à El Nido !

retour à El Nido
retour à El Nido

Une dernière photo : El Nido, vu de la mer ! Alors quitte à faire mon touriste, je ne trouve pas ça top-joli. Je préfère la vue d’une rue, depuis la terre ferme. Chacun son truc, je sais que c’est la même ville, mais bon. Bref, je n’ai pas d’explication.

Cette journée a été géniale. Nous bookons sans hésiter le « tour C » pour demain, espérant de nouvelles découvertes. Nous ne serons pas déçus, mais d’ici là on a se faire une petite soirée rhum-coca-lecture, après avoir mangé une brochette à 5₱. Excellent ! Décidément, il faut croire qu’ici à El Nido, on sait préparer les brochettes.

On achète un pain de glace dans une mini-boutique, et on rentre vite fait à l’hôtel-lodge-chambre en tricycle, bien sûr !

Le temps passe, la soirée avance. Une petite pause dans le hamac avant l’apéro. On prend un moment pour être au calme –comme si on avait été hyperactifs la journée !

notre chambre
notre chambre

Drame du soir, espoir

Mais alors qu’on a éteint la lumière et que tout se profile bien pour demain, c’est le drame !

le hamac
le hamac

Arnaud entend à nouveau le cri d’une bête furieuse et dangereuse. Il est certain que c’est un iguane… impossible de le voir quand on rallume la lumière !

Dong, l’âme damnée de Port Barton

Dong, l’âme damnée de Port Barton

Tout à coup, alors que je me sens tout tranquille, à manger en terrasse ma fin de poisson frit dans la pénombre d’un éclairage aux ampoules économiques faméliques, arrive Dong.

Vous vous souvenez, c’est le gars qui nous a trouvé la bonne place où nous sommes, et qui a tellement été attentif à notre demande qu’il nous avait refilé le mauvais cottage avec le grand lit simple. Le revoilà maintenant, toujours souriant, il veut me proposer un tour en bateau. Pour aller à El Nido. Je lui explique donc que non, désolé, mais on n’ira pas en bateau.

Il insiste en demandant où nous allons aller, et si nous irons à El Nido. A un touriste qui doute ou dont la représentation géographique est capable d’erreurs, il aurait vite fait de nous faire croire que El Nido est accessible uniquement en bateau.

Mais pas de chance, je sais que c’est faux, et de toute façon la prochaine étape n’est pas El Nido. Et nous irons par la route, comme le lecteur perspicace l’aura deviné.

Alors, Dong s’en va. Mais quelque chose me dit qu’on va encore le recroiser demain…

sur la plage de Port Barton

L’accueil du resort est maintenant tenu par deux jeunes (environ 20 ans), on discute un moment. Arnaud se réveille, on va faire un petit tour le long de la plage, et on découvre avec amusement un resto monstrueusement autoproclamé « meilleur de Port Barton », bardé d’affichages tapageurs qui expliquent en long et en large qu’ils sont les meilleurs, qu’il n’y a quelques privilégiés qui pourront en profiter, qu’il faut réserver (les tarifs, eux, sont tout petits si on s’en tient à le description de la taille des caractères, mais pas pour la valeur financière affichée qui est particulièrement élevée). Mais devinez quoi ? Ledit resto est encensé par le fumiste guide dont je vous ai déjà parlé en presque-bien. Renseignement pris auprès de quelques touristes croisés plus tard dans Port Barton, cette gargote est infâme et chère.

Le visiteur curieux se fera son propre avis, mais ça pue l’arnaque à touristes à plein nez. Déjà, tout est écrit en anglais, c’est louche…

le terrain de basket de Port Barton, Philippines

Après avoir vu les quelques dernières minutes d’un match de basket (commenté au micro, je vous raconte pas la saturation du bidule, vous imaginerez très bien) sur le terrain « officiel » de Port Barton, nous retournons au Elsa’s Beach House Cottages and Restaurant. Il est temps de se coucher, les moustiques se sont levés.

Arnaud sort son oeuf musical MP3, on va pouvoir écouter quelques notes électroniques avant de dormir.

Et là, c’est le drame !

Port Barton by night

Les piles sont mortes ! Tant pis. De toute façon, il n’y a pas l’eau non plus, la douche reste donc à sec, et on verra ça demain. Demain ? Non, je vais faire mon râleur à l’accueil. Un gars, avec une lampe, vient ouvrir un robinet à l’extérieur et en effet, on a l’eau… mais ça fuit ! Impossible de fermer le plic-ploc dans la salle de bain. On comprend donc pourquoi le robinet extérieur était fermé…

Mais il est temps de retourner faire un tour « en ville », on n’a pas envie de dormir tout de suite. Chance, c’est soir de fête à Port Barton : le match de basket n’était que le début d’une fête de village. Les stands se sont installés le long de la rue pricipale : j’achète une brochette de banane braisée (2 ₱), Arnaud tente une sorte de saucisse. Il y a des jeux d’argent aussi, et même les très jeunes enfants font des paris sur une sorte de jeu de hasard : vous placez un billet sur une combinaison de deux couleurs (vert-vert, vert-rouge, rouge-jaune, etc) et on lâche 3 énormes dés retenus sur un axe, et en fonction des couleurs obtenues par les dés, on gagne ou on perd. Il y a aussi une sorte de « roue de la fortune » avec des couleurs. Les joueurs jouent des petits montants (2 ou 5 ₱) mais jouent vraiment en espérant gagner. J’ai l’impression que la pauvreté a un rôle non négligeable dans cette addiction au jeu.

Malgré cela, l’ambiance de cette fête de village est agréable. Il y a une véritable petite foule, les enfants courent et jouent, les adultes discutent tranquillement et il y a très peu de touristes.

Plus loin, Arnaud a repéré un petit vendeur qui propose des « balout » dans un vieux tupperware. Euh, je sais pas, c’est quoi un balout ?

Et là, c’est le drame !