On se réveille à l’aube, la levée des corps a lieu en effet vers 13h. Vu qu’on est déjà à notre 13e jour de périple, il est bien sûr probable que ça doit être la conséquence du décalage horaire.
Philippines : brochette improbable
Aujourd’hui, on traîne, on prend le temps à El Nido. On prend un tricycle pour s’y rendre (20₱). Pour le coup, on va faire un petit tour d’Internet, pour lire quelques mails et aussi recharger par port USB ma liseuse (25₱ la demi-heure). Dans la rue, j’avise un vendeur de brochettes, le prix est comme d’habitude très faible (5₱). Admirez ma trombine en train de déguster une superbe brochette de… chose. Je n’ai pas pu identifier le contenu de l’aliment : poulet ? poisson ? caniche ? en tout cas c’est fort agréable, bien assaisonné et j’aime cette ambiance d’immersion. On finirait par trouver ça banal.
Tourist powa
Au loin, les îles et quelques nuages pour une belle soirée
Il est temps de profiter des commerces touristiques : un petit massage monsieur ? Ma foi, certes oui ! Honni soit qui mal y pense. Et entrez ici je vous prie; allongez vous ici s’il vous plait. Ambiance zen qui pue le chiqué à plein nez, mais on fait semblant d’y croire. Deux minettes en blanc arrivent : ah non, merci, l’Asile j’ai déjà donné hier… Ah mais ce sont les masseuses monsieur. Hum. On se tourne sur le ventrou, et c’est parti mon kiki, pour une heure de massage « pure premium massage » (ne rêvez pas, je n’ai pas payé les 500₱ mais j’ai bien sûr radiné à 400₱). Arnaud fera son blasé en disant que ça ne vaut pas la Thaïlande, et je suis prêt à le croire, mais bon j’ai trouvé ça pas si mal que ça, et même plutôt chouette. On ressort détendu.
Coucher de soleil sur la baie, Palawan
On traîne dans les rues. On rentre au camp de base en tricycle encore (30₱ cette fois, ne cherchez pas il n’y a pas de logique, et puis de toute façon c’est sans incidence sur le reste si ce n’est le côté sportivo-économique de la chose), après avoir fait quelques courses pour se préparer un apéro sur la terrasse : Pringles®™, eau glacée, schweppes, et garlic peanuts ! La taulière nous fait la grâce de nous fournir deux verres, et nous voilà face à la mer, coucher de soleil, apéro. Une journée tranquille, quoi.
Il est temps de retourner dormir, demain sera un moment essentiel puisqu’il s’agit d’embarquer sur un bateau pour quitter El Nido et foncer en direction de notre prochaine escale : Coron !
Quand on vous dit que les îles d’Asie du Sud-Est recèlent de nombreuses surprises, des paysages magnifiques et des gens adorables, on oublie souvent très vite de parler des bestioles. Attention, je parle ici de bêtes sauvages et terrifiantes. Je vais vous parler des moustiques, mais il n’y a pas qu’eux !
D’ailleurs, ça me fait penser, est-ce que je vous ai déjà parlé de la Malarone® ? Non, et pourtant, ne venez pas ici sans en avoir pris une bonne dose. Des moustiques, il y en a partout, des nombreux et des motivés. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils valent largement ceux de Sibérie, ça serait mentir. Mais ceux-là étaient dressés pour la guerre, motivés par un climat qui ne leur laissait que bien peu de temps pour agir : vivre ou mourir aurait-on pu leur donner comme circonstances atténuantes.
Ou pas.
L’autre avantage aux Philippines, c’est que l’habitat touristique est équipé contre les petites bêtes qui volent et qui font bzzzz toute la nuit, tout en se gorgeant de votre sang. Quelqu’un a-t-il déjà tenté de placer une petite coupelle de sang frais à côté, pour qu’ils se servent là est pas directement sur la bête ? Je sais, je passe sous silence la difficulté toute relative de trouver chaque soir un peu de sang frais, mais on n’est plus à ça près si vous me lisez depuis le début.
Donc, disais-je, l’habitat est équipé de moustiquaires. Ajoutez à ça que ladite moustiquaire, vous la recouvrez généreusement d’anti-moustique répulsif intégral toutes régions garanti et plus si affinités oui madame oui monsieur et en prime je vous offre un… pardon, je m’égare. Hum ! Parce que votre corps aussi, se doit d’être antimoustiqué en permanence (pensez-y à la sortie de la douche, à la sortie de la mer, enfin partout et tout le temps), et que les vêtements aussi on les a imbibés de produit. Malgré ça, on a toujours un risque d’impact, mais pour ma part j’avoue que ça a été très efficace malgré l’amour inexplicable que me portent les insectes.
La moustiquaire oui c’est moche, mais je vous assure que vous n’avez pas envie d’en sortir quand vous y êtes. Et seul celui qui n’a jamais été violemment multi-attaqué en traître en plein WC ne comprendra pas le plaisir qu’on peut avoir à se recouvrir d’un produit nocif.
Ah, mais j’oubliais de vous parler de notre visiteur musical d’hier soir. Vous vous souvenez ? Arnaud avait bien raison, et ce matin je l’ai eu en photo !
Ne me demandez pas comment il tient au mur, il est juste accroché comme ça sur une paroi verticale. Il continue à chantouiller son grenouillement bizarre.
Mais le plus intéressant c’est qu’il ne bouge pas, il n’a pas peur de nous. Enfin au bout d’un moment, il s’en va, mais sans peur. Bravo, le gecko !
Allez, en route, il est temps d’aller naviguer !
Jour 12 : Island Hopping, acte II
Alors aujourd’hui nous sommes repartis pour un nouveau périple de découverte d’îles, plages, criques et poissons. El Nido est déjà réveillée, les jeepneys surchargés sont là, les tricycles et les motos se croisent dans un joyeux pétaradement enfumé. On approche du bateau, on embarque, et on est partis pour une grosse journée.
Je vous préviens, ça va piquer les yeux tellement c’est beau.
Prêts ? On y va !
Notre circuit aujourd’hui (poétiquement appelé Tour C, ah l’industrie du tourisme me rendra toujours béat d’admiration) nous conduira à :
secret lagoon
hidden beach
la zone sacrée au temple néoclassique de béton
Je vous laisse savourer les images.
Plage secrète !
Le repas du midi est constitué de poisson grillé (très agréable) accompagnés de riz, oignons violets hachés menu, des bananes en dessert. Je ne me lasse pas. Le repas est préparé sous nos yeux par l’équipage, un mini barbecue est préparé pour nous sur un bord de plage. On visite une île où trône un véritable petit temple avec véritable statue, véritable coupole, véritable ponton en béton moche, véritable croix, bref un endroit tout bizarre dans cet univers tellement différent. Les plages, les lagons cachés, c’est tout simplement génial. L’ambiance est sereine sur le bateau, tout se passe bien. La météo bien sûr est indiscutablement au top.
Avouez que tout ça ne semble pas vilain ? Alors bien sûr, comme souvent, en photo ça ne rend pas aussi bien qu’en vrai.
Les falaises forment une (fausse) barrièreUne jolie plage bien cachée derrière les rochersles pieds dans l’eaurepas sur la plagedélicieux poissons grillésPhilippines : island hopping à Palawanun temple secret caché dans les îles
Soirée rhum
De retour à El Nido, on savoure le coucher de soleil avec un petit verre à la main. Ah, il y a des spectacles dont on ne se lasse pas : le feu, les nuages, la mer et le coucher de soleil… Étrange comme c’est à chaque fois pareil et toujours différent…
Du coup, on se prépare à aller faire un tour de ville. Le problème, c’est qu’on va finir à l’asile, mais ça, c’est pour la prochaine page de ce récit dramatique !
Après un wake-up call à 8h du matin, on file à El Nido centre en tricycle (30₱ ce matin) pour rejoindre notre Island Hopping Tour A. Le « A » est important, car chaque tour d’îles est désigné par une lettre. Le A c’est pour certaines îles, le B pour d’autres, etc.
en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido
Chacun espère donc avoir fait le meilleur choix. Pour notre part, aujourd’hui, nous allons découvrir
le small lagoon et le big lagoon
la plage payong-payong beach
l’île de Simizu Island et l’île de Intalula Island
la plage Seven Commando Beach
le tout pour la modique somme de 500₱, déjeuner inclus.
Eh oui, c’est la classe totale chez Arman ! Alors qu’on embarque, on observe avec le sourire aux lèvres les couillons qui ont réservé un équivalent au « El Nido Boutique & Art Café » pour la triste escroquerie de 700₱. C’est le prix à payer quand on suit à la lettre les indications du Lonely Planet. Ceci dit, ils ont du ajouter un supplément de 250₱ s’ils voulaient des palmes et un tuba pour le snorkelling. Bin voyons…
Ah au fait, personne ne vous avait prévenus ? Oh, quelle dommage ! Alors moi je vous donne l’info : sur la plage, juste avant d’embarquer, vous avez à débourser 200₱ de taxe d’éco-tourisme. En échange de cette somme, on vous remet un reçu valable 10 jours. Renseignement pris, la différence de tarif entre notre « tour A » et celui de l’Artcafé n’est malheureusement pour eux toujours pas lié à cette taxe qu’ils doivent payer aussi. On aurait pu espérer… Bref, comme on a déjà payé le tour, on ne peut pas faire autrement que payer la taxe. Le système est bien rôdé, on se fait plumer. Saleté ! Il y a des moments où on en a marre d’être des pigeons (et pourtant, on a déjà évité le pire). Allez, embarquons et oublions !
tour « A » à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables !
Bref il est 9h, tout le monde est là, on part. A bord d’une bangka à moteur, on quitte El Nido, le bateau part sur la gauche et on file droit vers les îles. La journée est tout simplement géniale, les îles et plages sont totalement parfaites, les poissons nombreux et admirables. Un vrai bonheur ! Je vous laisse dévorer des yeux les photos !
El Nido, une rue en plein activité dès le matin
Les îes du tour A : photos garanties sans retouche !
A l’approche des îles, je suis impressionné de voir cette roche noire, à vif, dont on devine que des mains géantes se déchireraient dessus en les caressant tant les falaises immenses ont l’air acérées. C’est magnifique ! La mer a rongé le bas des falaises, mais la roche n’en parait que plus agressive et dangereuse. Véritables murs d’un gris profond, la végétation n’a que peu réussi à coloniser ces parois qui se présentent à la façon d’immenses murs qui nous écrasent.
un lac à double salinité
Le Small Lagoon est un véritable mini-lac. Joli mais pas de quoi se rouler par terre. Dans cet arrêt comme dans plusieurs des suivants, on retrouve à chaque fois une grappe de divers bateaux transportant des meutes de touristes. C’était bien sûr prévisible, mais toujours dommage. En nageant vers le bout du mini-lac, on trouve un petit passage étroit qui mène dans un autre petit lac reculé. C’est assez joli, et on « voit » les différences de salinité par la différence de vision dans l’eau. C’est la première fois que je vois ça, c’est particulièrement intéressant et étonnant. C’est très agréable de nager ici.
la clarté de l’eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif
La plage Seven Commando n’a que peu d’intérêt, et le fond marin est joli mais sans rien d’exceptionnel. C’est surtout un moyen de nous occuper un peu et de rajouter quelque chose au programme, qui soit sur la route. La légende dit que cette plage a pris ce nom après que 7 membres d’un commando militaire y aient séjourné. La plage comporte un bar. J’ai eu l’impression que cette plage était située non pas sur une petit île, mais sur Palawan directement.
repas de riz et poisson grillé sur la plage
Le midi, nous prenons notre déjeuner sur une plage. Le repas est préparé par l’équipage et grillé en barbecue. Poissons grillés, riz, légumes, fruits de mer. Le repas est excellent et très agréablement présenté.
dans la baie d’El Nido, à bord d’un bateau touristique
Le Big Lagoon ne sera pas l’occasion d’un arrêt, mais on y passe avec le bateau. L’entrée du « lagon » est une voie très étroite car il y a de nombreux hauts-fonds. Au beau milieu de Big Lagoon se dresse une énorme plateforme, à priori utilisée pour des mariages. Au fait, avez-vous remarqué avec quelle facilité nous autres français passons de la critique à l’éloge, et vice versa ? Héhé, il parait que c’est culturel…
la plage et son bar à touristes
Retour à terre
Il est temps de retourner maintenant à El Nido !
retour à El Nido
Une dernière photo : El Nido, vu de la mer ! Alors quitte à faire mon touriste, je ne trouve pas ça top-joli. Je préfère la vue d’une rue, depuis la terre ferme. Chacun son truc, je sais que c’est la même ville, mais bon. Bref, je n’ai pas d’explication.
Cette journée a été géniale. Nous bookons sans hésiter le « tour C » pour demain, espérant de nouvelles découvertes. Nous ne serons pas déçus, mais d’ici là on a se faire une petite soirée rhum-coca-lecture, après avoir mangé une brochette à 5₱. Excellent ! Décidément, il faut croire qu’ici à El Nido, on sait préparer les brochettes.
On achète un pain de glace dans une mini-boutique, et on rentre vite fait à l’hôtel-lodge-chambre en tricycle, bien sûr !
Le temps passe, la soirée avance. Une petite pause dans le hamac avant l’apéro. On prend un moment pour être au calme –comme si on avait été hyperactifs la journée !
notre chambre
Drame du soir, espoir
Mais alors qu’on a éteint la lumière et que tout se profile bien pour demain, c’est le drame !
le hamac
Arnaud entend à nouveau le cri d’une bête furieuse et dangereuse. Il est certain que c’est un iguane… impossible de le voir quand on rallume la lumière !
Je crois pouvoir dire sans fausse modestie que j’ai goûté par mal de choses (le lecteur assidu se souviendra avec amusement de mon voyage en Sibérie et du marché de Pékin à titre d’exemples), mais là on dépasse toutes mes espérances les plus imaginatives. Le balut, c’est un œuf qui a été « un peu » couvé, et qu’on cuit comme un œuf dur alors que le poussin est déjà partiellement formé. J’appelle ça un « œuf germé » faute de meilleur terme.
Balut : oeuf germé
Une fois la coquille enlevée, vous faites face à un corps cartilagineux blanchâtre (probablement le blanc de l’œuf qui a commencé à travailler), qui entoure une masse jauno-grisâtre. Il est temps de déguster cette horreur.
l’intérieur d’un balut
Le blanc a une texture assez désagréable, un peu comme du cartilage. Le reste a un goût et une texture que je situe entre le jaune d’oeuf dur et le bec de poussin, avec quelques plumets en prime. C’est atroce ! Le sel aide à tout faire passer. Les jeunes philippins qui nous ont vu acheter ça et qui en consomment régulièrement (c’est, semble-t-il, un plat assez apprécié) nous regardent de loin en rigolant.
Philippines : hamac et vacances relax
Bah, c’était pas si dur, et même pas un mal de ventre le lendemain ! Mais non, je ne le referai pas tout de suite, chacun ses goûts. L’important était de goûter, de partir à la rencontre des traditions locales ; c’est fait, et je ne le regrette pas du tout.
Retour au cottage, la douche fuit toujours. Demain, on fera une provision d’eau dans le bidon et on fera couper le robinet.
Il est temps de se coucher pour de bon. Demain, ça sera une dure journée !
Jour 7 : severe glanding in Port Barton
Ah, les vacances… Ce dur moment où, pendant qu’Arnaud se perd sur la plage, des millions de personnes se ruent sur les portes du métro, et que… Quoi ? Ah, comment il a réussi son coup de se perdre ?
Depuis le hamac, la vue est imprenable !
Sur une plage qui fait (au bas mot) 200m de long, et sachant que notre cottage qui est juste au bord de la plage se situe également non loin du milieu de ladite plage, le tout dans un village avec 4 rues et qu’on squatte déjà de puis plus de 24 heures ?
Beuh, c’est facile. La marée mon cher, la marée ! (ou pas)
Après manger, on se refait donc une petite exploration, cette fois-ci on reprend la rue principale (tous les stands ont été rangés et ont disparu, la fête est bel et bien finie, je pense qu’on a eu beaucoup de chance d’assister à une vraie fête locale), nous repassons devant l’école élémentaire. Là, des dizaines de petits et petites philippines sont dans une cour immense (j’estime à plus de 150 m sur 150 m, le tout entouré de divers bâtiments qui sont visiblement des salles de classe, l’ensemble étant entouré d’une petite barrière. Et au milieu, il y a un drapeau des Philippines; nous arrivons juste au moment où les enfants s’alignent, les enseignants face à eux, et que l’hymne est chanté pendant que le drapeau est monté au mat. On sent que l’héritage du colonialisme américain est encore très fort.
Philippines : les jeunes jouent au basket, influence américaine ?
C’est à ce genre de détails (sans importance ?!) que je vois partout mais qui se fondent dans l’ensemble : prises aux formes américaines (mais au voltage 230V), lever du drapeau, écoles avec une « mission » et une « vision » écrits en grand sur les murs, sport national qui est le basket alors que la taille moyenne des joueurs est très inférieure à ce qui est d’usage dans ce sport, etc. Un bien ou un mal, je n’ai pas l’intention de juger. C’est un simple constat.
La balade continue. On fait le tour de la High School, puis on prend un petit chemin sur la gauche. On arrive dans une zone avec de belles maisons en bois, puis on revient sur le « centre-ville ». J’en profite pour acheter des cartes postales, et je prends avec des timbres pour l’Europe. J’ai l’impression qu’on m’a escroqué sur le prix des cartes, mais après tout le touriste est là pour ça alors faisons comme si on n’avait rien vu.
De retour au hamac, je commence à rédiger mes cartes, quand je réalise que je n’ai pas encore vu une seule boite aux lettres aux Philippines. Qu’à cela ne tienne, on avisera !
Depuis le hamac, la vue est imprenable !
Arrivent alors quelques jeunes filles de l’école, en uniforme, qui nous demandent des sous, une « souscription » pour « concrete the fence for the High School of Port Barton ». Mwais… Oui, mais non. Désolé les filles ! D’ailleurs, une petite averse arrive juste à ce moment. Arnaud et moi nous nous réfugions au « Bamboo » (le resto qui vend des cartes postales) pour y
La pluie fine gâche le paysage
grignotter un truc. C’est bien, mais sans exploit, ça vaut tout juste une gargotte.
L’autre resto qu’on fera le soir est nettement mieux : c’est le petit « R » marqué sur le petit plan que j’ai fait avec mes petits doigts et le petit clavier de mon petit ordinateur pour illustrer ce petit site, ok j’arrête si ça fait plus rire, fallait le dire aussi non mais c’est vrai d’abord, pourquoi vous me laissez toujours partir dans des délires parce que hein vous êtes là aussi pour réagir et que… on va pas en faire un DRAME !
Tout à coup, alors que je me sens tout tranquille, à manger en terrasse ma fin de poisson frit dans la pénombre d’un éclairage aux ampoules économiques faméliques, arrive Dong.
Vous vous souvenez, c’est le gars qui nous a trouvé la bonne place où nous sommes, et qui a tellement été attentif à notre demande qu’il nous avait refilé le mauvais cottage avec le grand lit simple. Le revoilà maintenant, toujours souriant, il veut me proposer un tour en bateau. Pour aller à El Nido. Je lui explique donc que non, désolé, mais on n’ira pas en bateau.
Il insiste en demandant où nous allons aller, et si nous irons à El Nido. A un touriste qui doute ou dont la représentation géographique est capable d’erreurs, il aurait vite fait de nous faire croire que El Nido est accessible uniquement en bateau.
Mais pas de chance, je sais que c’est faux, et de toute façon la prochaine étape n’est pas El Nido. Et nous irons par la route, comme le lecteur perspicace l’aura deviné.
Alors, Dong s’en va. Mais quelque chose me dit qu’on va encore le recroiser demain…
sur la plage de Port Barton
L’accueil du resort est maintenant tenu par deux jeunes (environ 20 ans), on discute un moment. Arnaud se réveille, on va faire un petit tour le long de la plage, et on découvre avec amusement un resto monstrueusement autoproclamé « meilleur de Port Barton », bardé d’affichages tapageurs qui expliquent en long et en large qu’ils sont les meilleurs, qu’il n’y a quelques privilégiés qui pourront en profiter, qu’il faut réserver (les tarifs, eux, sont tout petits si on s’en tient à le description de la taille des caractères, mais pas pour la valeur financière affichée qui est particulièrement élevée). Mais devinez quoi ? Ledit resto est encensé par le fumiste guide dont je vous ai déjà parlé en presque-bien. Renseignement pris auprès de quelques touristes croisés plus tard dans Port Barton, cette gargote est infâme et chère.
Le visiteur curieux se fera son propre avis, mais ça pue l’arnaque à touristes à plein nez. Déjà, tout est écrit en anglais, c’est louche…
le terrain de basket de Port Barton, Philippines
Après avoir vu les quelques dernières minutes d’un match de basket (commenté au micro, je vous raconte pas la saturation du bidule, vous imaginerez très bien) sur le terrain « officiel » de Port Barton, nous retournons au Elsa’s Beach House Cottages and Restaurant. Il est temps de se coucher, les moustiques se sont levés.
Arnaud sort son oeuf musical MP3, on va pouvoir écouter quelques notes électroniques avant de dormir.
Et là, c’est le drame !
Port Barton by night
Les piles sont mortes ! Tant pis. De toute façon, il n’y a pas l’eau non plus, la douche reste donc à sec, et on verra ça demain. Demain ? Non, je vais faire mon râleur à l’accueil. Un gars, avec une lampe, vient ouvrir un robinet à l’extérieur et en effet, on a l’eau… mais ça fuit ! Impossible de fermer le plic-ploc dans la salle de bain. On comprend donc pourquoi le robinet extérieur était fermé…
Mais il est temps de retourner faire un tour « en ville », on n’a pas envie de dormir tout de suite. Chance, c’est soir de fête à Port Barton : le match de basket n’était que le début d’une fête de village. Les stands se sont installés le long de la rue pricipale : j’achète une brochette de banane braisée (2 ₱), Arnaud tente une sorte de saucisse. Il y a des jeux d’argent aussi, et même les très jeunes enfants font des paris sur une sorte de jeu de hasard : vous placez un billet sur une combinaison de deux couleurs (vert-vert, vert-rouge, rouge-jaune, etc) et on lâche 3 énormes dés retenus sur un axe, et en fonction des couleurs obtenues par les dés, on gagne ou on perd. Il y a aussi une sorte de « roue de la fortune » avec des couleurs. Les joueurs jouent des petits montants (2 ou 5 ₱) mais jouent vraiment en espérant gagner. J’ai l’impression que la pauvreté a un rôle non négligeable dans cette addiction au jeu.
Malgré cela, l’ambiance de cette fête de village est agréable. Il y a une véritable petite foule, les enfants courent et jouent, les adultes discutent tranquillement et il y a très peu de touristes.
Plus loin, Arnaud a repéré un petit vendeur qui propose des « balout » dans un vieux tupperware. Euh, je sais pas, c’est quoi un balout ?
Vous m’avez cru quand je vous ai dit qu’il n’y avait pas de drame ? Ah ah ah ! Dire que j’arrive encore à vous avoir après tout ce temps !
Imaginez le décor. Nous sommes le matin, et après un petit break (un coca, quoi), et de nombreux « impacts » (moustiques de m—–), une délicate et fine pluie se met à tomber. Rien de bien méchant, on dirait un crachin anglais réchauffé. Juste assez humide pour mouiller tout ce qu’on porte, pas assez ruisselant pour inciter à se mettre à l’abri. Une saleté de pluie, comme on ne les aime pas.
Heureusement, alors qu’on commence à douter sur la durée de cet épisode pluvieux, les nuages cessent leur vidange intempestive, et le flux des philippins reprend. Ce que j’entend par flux, c’est un nombre dépassant celui qu’on peut compter sur les doigts d’une main, dont chacun des spécimens rencontré présente les mêmes caractéristiques, à savoir :
un sourire béat,
une grande envie de nous demander comment nous allons, où nous allons,
entendant « Port Barton », une envie encore plus chaleureuse de nous vendre des billets de bateau,
apprenant que nous les avons déjà, une disparition quasi immédiate à destination du prochain pigeon.
Le même processus se répétera jusqu’à notre arrivée sur le quai/port/socle en béton où nous avons déjà pris le bateau pour la rivière souterraine. Quelques philippins jouent au basket.
Après avoir rempli l’éternel registre, nous pouvons donc accéder au bateau qui est intégralement rempli de touristes à l’exception du personnel de bord.
à bord du bateau : que des touristes !
En bateau pour Port Barton
Nous partons pour 3 heures de navigation. Le bateau est une grosse bangka et semble solide, le moteur ne fait pas un bruit aussi indélicat que l’autre. Je suis serein pour cette traversée. Arnaud, qui a développé une aversion pour les rencontres inter-touristes (ce que je peux comprendre, dans une grande mesure), s’enferme dans une contemplation totale de l’immensité bleue. Il faut dire qu’en effet, c’est un chouette décor que nous avons là, nonobstant quelques nuages résiduels.
la vue est belle pendant la navigation
Très vite, Sabang devient un mauvais souvenir. Des poissons volants attendaient justement notre passage pour faire les malins, et j’admets que c’est la première fois que j’en vois. La dernière fois, c’était dans un des premiers épisodes des Cités d’Or, et depuis plus rien. Autant dire que là, je suis très enthousiasmé. Et le pire, c’est que ça vole longtemps ces bestioles !
Port Barton
Et nous arrivons à Port Barton, sous un ciel gris et menaçant mais sans pluie. Port Barton est placé sur une petite baie un peu refermée.
Plage à Port Barton, temps couvert
Nous commençons donc notre exploration de Port Barton par un accueil chaleureux et sympathique d’un placeur local (il s’appelle Dong, notez pour le repérer car nous allons le revoir plus loin dans ce fabuleux et dramatique récit de voyage). Nous nous installons pour un petit repas bien sympa, et une pause sur le hamac. Et nous voilà donc installés au « Elsa’s Beach House Cottages and Restaurant ». Franchement, c’est un excellent compromis. Le tarif est de 700 à 1000P la nuit, pour des cottages individuels directement en bord de mer. Position approximative : 10°24’40″N,119°10’35″E.
la plage vue de l’autre sens
Arnaud n’ayant pas pris de chaussures, la balade vers le Sud est rapidement abandonnée. Il n’y a rien de bien exceptionnel de ce côté là de toute façon, si ce n’est le plaisir de suivre un petit sentier et d’arriver dans la maison d’un gars réellement sympa après avoir croisé des poules et traversé un petit pont surplombant des embarcations en piteux état.
le basket, sport national aux Philippines
Côté Nord, une route (enfin une piste accessible en 4×4) grimpe sur la colline. A l’approche d’une antenne, des aboiements furieux et la vision d’un clebs en liberté nous incitent à rebrousser chemin. Une autre branche de la même route est supposée aller vers un endroit intéressant, mais à part un américain en moto accompagné d’une jolie et très jeune philippine ainsi que de bières fraîches, nous ne rencontrons personne. On finit par faire demi-tour et rentrer à Port Barton.
Elsa’s beach resort, Port Barton
Port Barton me plait davantage que Sabang. Il y a bien sûr quelques établissements pour touristes au bord de la plage, mais il y a un vrai village dès qu’on revient d’une ou deux rues vers l’intérieur des terres. J’ai pris quelques minutes pour dessiner un plan approximatif pour ceux d’entre-vous qui iront peut-être un jour là-bas.
Première visite de Port Barton
Le village compte 4 rues principales qui partent de la mer et vont parallèlement vers les terres. Seule la 2e en partant du Sud a une longueur raisonnable, et devient ensuite la route qui mène à Roxas et rejoint le reste de l’île.
Dans l’autre direction, il y a 2 rues principales, qui vont Nord-Sud et recoupent les 4 rues. Au Sud, un petit cours d’eau, au Nord un autre ruisseau. Le long de la route de Roxas, on trouve un terrain de basket couvert-ouvert, et l’école de Port Barton, d’un côté l’école élémentaire (énorme) et de l’autre, après le terrain de basket, la High School. ll fait chaud, nous rentrons à notre cottage. Et là, c’est le drame.
l’école de Port Barton
Il faut dire que ça va maintenant faire 3 fois qu’on revient à la charge à l’accueil au sujet du changement de lit. Pour l’instant on nous a refilé un lit double, et on a bien demandé deux lits séparés, ce à quoi il nous a été dit « oui » sans ambiguité. Arnaud, qui est crevé, s’est allongé sur le lit et dort déjà. J’en profite pour relancer la tenancière des lieux, et je vois alors la création totale en direct de la chambre, avec un gars qui fait le transport de matelas, deux filles qui installent les draps et placent les moustiquaires, et finalement on me remet les clés. J’explique qu’Arnaud roupille dans l’autre cottage, et qu’il faudra donc attendre qu’il se réveille pour le transfert complet.
bangka à port barton
Pendant ce temps, je mange un poisson frit avec du riz, et c’est bien bon. Un chat, qui a repéré que je ne suis pas du coin, récupère les arrêtes et s’empiffre. Le staff au complet est, pendant ce temps, scotché devant une espèce de vague série à la télé, un feuilleton local (probablement drôle car il y a des rires de sit-com dedans, même si les spectateurs ne rient pas) où les acteurs sont des mômes.
Je suis bien tranquille ici, mais tout à coup, c’est le drame !