Jour 16 : direction Manille (et donc fini Palawan)

Jour 16 : direction Manille (et donc fini Palawan)

Rhum Tanduay
Rhum Tanduay

Ce matin, on prend une navette pour l’aéroport (coût : 150₱), c’est idéal pour bien finir de digérer les Royal-rhum et autres curry de poulet au riz de la veille au soir.

Après un petit détour par un lodge touristique bien paumé pour embarquer un passager, la route quitte la côte et traverse la jungle. Les virages sont nombreux et serrés. La jungle est luxuriante mais se laisse dépasser par de petites collines sans arbres. On finit par déboucher sur un plateau herbeux avec un de ces fameux passages à vaches (que certains appellent les passages canadiens) : des tubes en travers de la route avec un trou

dessous.

Drames à l’aéroport

Aéroport de Busuanga, Coron, Philippines
Aéroport de Busuanga, Coron, Philippines

Nous voici donc à l’aéroport de Busuanga. Et là, c’est le drame : la file d’attente est longue et pénible, suivie d’une fouille [au mieux] symbolique. Il est temps de peser nos bagages pour l’enregistrement… Et là, encore une fois, c’est le drame : 3 kg d’excès à nous deux ! Je ne sais pas trop pourquoi, vu qu’on n’a rien acheté en route, mais bon… On est des western !

Nous entamons donc une joyeuse négociation, je vous passe le détail, mais on finit par obtenir le supplément bagage gratuit. Tant mieux, cet argent nous servira à aller au Chinese Garden à Manille, mais je n’en dis pas trop pour l’instant !

Dans la file d’attente, je vois d’autres touristes payer sans négocier. Ils n’ont pas du avoir le même briefing que nous…

Après une nouvelle attente, on paye une taxe d’aéroport de 20₱ (celle-là, pas moyen d’y couper). Un avion part avant le nôtre, tout le staff de l’aéroport s’aligne et salue : probablement un officiel !

Le vol Basuanga – Manille prendra à peine une heure. Pilotage et atterissage impeccables, avion très propre, service irréprochable.

Manille, le retour

statue dans le Chinese Garden à Manille
statue dans le Chinese Garden à Manille

On prend un taxi pour l’hôtel Adriatico Arms (taxi : 185₱), la nuitée est facturée 1850₱ pour les deux en « chambre de luxe ». On se balade tranquillement dans le coin, on mange une mangue pour 10₱. La traversée d’un centre commercial nous aide aussi à avoir une idée du niveau de vie des habitants : on tombe en plein nouvel an chinois !

joueurs d'échecs dans le jardin chinois
joueurs d’échecs dans le jardin chinois

Et vous savez quoi ? Il n’y a pas que dans les films avec course-poursuite qu’il y a des défilés costumés, dans la vraie vie aussi ! C’est vraiment chouette !

On traverse le parc Chinese Garden (entrée payante 5₱) : des étudiants s’entraînent pour un flash mob. Des moins jeunes jouent aux échecs.

Le Chinese Garden, au coeur de Manille
Le Chinese Garden, au coeur de Manille

Le parc est sympa. L’ambiance est agréable.

Dans les rues alentours, l’électricité est raccordée de façon particulièrement anarchique…

Philippines : raccordements électriques à Manille
Philippines : raccordements électriques à Manille

On va profiter du coucher de soleil sur la baie, à peine attentifs aux petits glaciers roulants avec leur musique rituelle.

Coucher de soleil sur la baie de Manille
Coucher de soleil sur la baie de Manille

Arnaud épluche le guide pour voir si on n’a pas oublié un truc important. Il n’y trouve rien de passionnant, ce qui ne nous étonnera paas.

Il y a des poissons volants au bord du rivage ce soir : le spectacle est sidérant.

Demain nous rentrons en Europe. Je ne vous raconterai pas le retour, il n’y a rien de spécial à dire sinon que tout s’est bien passé. Un vrai drame 🙂

On se retrouve pour un autre voyage ?

Un soir dramatique à Coron (Palawan, Philippines)

Un soir dramatique à Coron (Palawan, Philippines)

Scène de rue à Coron, Palawan
Scène de rue à Coron, Palawan

De retour à Coron, nous traînons un peu autour de la place centrale, on boit un coup en terrasse. Bavouille™, fidèle au poste, poursuit ses rotations dans l’indifférence générale. Je profite d’un instant pour aller acheter quelques bidules au marché couvert (un t-shirt souvenir pour 150₱) et pour boire un petit rhum-coke à 50₱ (le même prix qu’un ice tea).

Philippines : Joueurs en pleine rue
Philippines : Joueurs en pleine rue

Des philippins jouent en bord de rue. Petits et grands !

On se balade un coup dans le bourg (prétendre que Coron est une ville serait exagéré, mais c’est plus gros qu’un village). C’est la sortie des écoles : je suis amusé de voir qu’aucun parent n’attend son enfant avec l’anxiété de rigueur en France : ils les écoliers rentrent chez eux tranquillement.

retour des enfants après l'école
retour des enfants après l’école

Dire qu’en France, si vous n’êtes pas devant la grille pile à l’heure, le regard grave et l’air béat, on vous prend pour un grand méchant…

Philippines : compteurs d'eau
Philippines : compteurs d’eau

Scène de rue à Coron… et après l’électricité hyper normalisée que je vous ai déjà présenté, voici la distribution d’eau façon Coron, Philippines ! On notera que chacun a bien son petit compteur réglementaire 🙂

Jour 13 : Massage à El Nido

Lever dramatique en plein matin

On se réveille à l’aube, la levée des corps a lieu en effet vers 13h. Vu qu’on est déjà à notre 13e jour de périple, il est bien sûr probable que ça doit être la conséquence du décalage horaire.

Philippines : brochette improbable
Philippines : brochette improbable

Aujourd’hui, on traîne, on prend le temps à El Nido. On prend un tricycle pour s’y rendre (20₱). Pour le coup, on va faire un petit tour d’Internet, pour lire quelques mails et aussi recharger par port USB ma liseuse (25₱ la demi-heure). Dans la rue, j’avise un vendeur de brochettes, le prix est comme d’habitude très faible (5₱). Admirez ma trombine en train de déguster une superbe brochette de… chose. Je n’ai pas pu identifier le contenu de l’aliment : poulet ? poisson ? caniche ? en tout cas c’est fort agréable, bien assaisonné et j’aime cette ambiance d’immersion. On finirait par trouver ça banal.

Tourist powa

Au loin, les îles et quelques nuages pour une belle soirée
Au loin, les îles et quelques nuages pour une belle soirée

Il est temps de profiter des commerces touristiques : un petit massage monsieur ? Ma foi, certes oui ! Honni soit qui mal y pense. Et entrez ici je vous prie; allongez vous ici s’il vous plait. Ambiance zen qui pue le chiqué à plein nez, mais on fait semblant d’y croire. Deux minettes en blanc arrivent : ah non, merci, l’Asile j’ai déjà donné hier… Ah mais ce sont les masseuses monsieur. Hum. On se tourne sur le ventrou, et c’est parti mon kiki, pour une heure de massage « pure premium massage » (ne rêvez pas, je n’ai pas payé les 500₱ mais j’ai bien sûr radiné à 400₱). Arnaud fera son blasé en disant que ça ne vaut pas la Thaïlande, et je suis prêt à le croire, mais bon j’ai trouvé ça pas si mal que ça, et même plutôt chouette. On ressort détendu.

Coucher de soleil sur la baie, Palawan
Coucher de soleil sur la baie, Palawan

On traîne dans les rues. On rentre au camp de base en tricycle encore (30₱ cette fois, ne cherchez pas il n’y a pas de logique, et puis de toute façon c’est sans incidence sur le reste si ce n’est le côté sportivo-économique de la chose), après avoir fait quelques courses pour se préparer un apéro sur la terrasse : Pringles®™, eau glacée, schweppes, et garlic peanuts ! La taulière nous fait la grâce de nous fournir deux verres, et nous voilà face à la mer, coucher de soleil, apéro. Une journée tranquille, quoi.

Il est temps de retourner dormir, demain sera un moment essentiel puisqu’il s’agit d’embarquer sur un bateau pour quitter El Nido et foncer en direction de notre prochaine escale : Coron !

La bête de Palawan !

 
Vue magnifique de plage aux Philippines
Vue magnifique de plage aux Philippines
 

Quand on vous dit que les îles d’Asie du Sud-Est recèlent de nombreuses surprises, des paysages magnifiques et des gens adorables, on oublie souvent très vite de parler des bestioles. Attention, je parle ici de bêtes sauvages et terrifiantes. Je vais vous parler des moustiques, mais il n’y a pas qu’eux !

D’ailleurs, ça me fait penser, est-ce que je vous ai déjà parlé de la Malarone® ? Non, et pourtant, ne venez pas ici sans en avoir pris une bonne dose. Des moustiques, il y en a partout, des nombreux et des motivés. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils valent largement ceux de Sibérie, ça serait mentir. Mais ceux-là étaient dressés pour la guerre, motivés par un climat qui ne leur laissait que bien peu de temps pour agir : vivre ou mourir aurait-on pu leur donner comme circonstances atténuantes.

Ou pas.

L’autre avantage aux Philippines, c’est que l’habitat touristique est équipé contre les petites bêtes qui volent et qui font bzzzz toute la nuit, tout en se gorgeant de votre sang. Quelqu’un a-t-il déjà tenté de placer une petite coupelle de sang frais à côté, pour qu’ils se servent là est pas directement sur la bête ? Je sais, je passe sous silence la difficulté toute relative de trouver chaque soir un peu de sang frais, mais on n’est plus à ça près si vous me lisez depuis le début.

Donc, disais-je, l’habitat est équipé de moustiquaires. Ajoutez à ça que ladite moustiquaire, vous la recouvrez généreusement d’anti-moustique répulsif intégral toutes régions garanti et plus si affinités oui madame oui monsieur et en prime je vous offre un… pardon, je m’égare. Hum ! Parce que votre corps aussi, se doit d’être antimoustiqué en permanence (pensez-y à la sortie de la douche, à la sortie de la mer, enfin partout et tout le temps), et que les vêtements aussi on les a imbibés de produit. Malgré ça, on a toujours un risque d’impact, mais pour ma part j’avoue que ça a été très efficace malgré l’amour inexplicable que me portent les insectes.

La moustiquaire oui c’est moche, mais je vous assure que vous n’avez pas envie d’en sortir quand vous y êtes. Et seul celui qui n’a jamais été violemment multi-attaqué en traître en plein WC ne comprendra pas le plaisir qu’on peut avoir à se recouvrir d’un produit nocif.

Philippines : le geckoAh, mais j’oubliais de vous parler de notre visiteur musical d’hier soir. Vous vous souvenez ? Arnaud avait bien raison, et ce matin je l’ai eu en photo !

Ne me demandez pas comment il tient au mur, il est juste accroché comme ça sur une paroi verticale. Il continue à chantouiller son grenouillement bizarre.

Mais le plus intéressant c’est qu’il ne bouge pas, il n’a pas peur de nous. Enfin au bout d’un moment, il s’en va, mais sans peur. Bravo, le gecko !

Un gecko ça tient au plafond par magie

Allez, en route, il est temps d’aller naviguer !

Jour 12 : Island Hopping, acte II

Alors aujourd’hui nous sommes repartis pour un nouveau périple de découverte d’îles, plages, criques et poissons. El Nido est déjà réveillée, les jeepneys surchargés sont là, les tricycles et les motos se croisent dans un joyeux pétaradement enfumé. On approche du bateau, on embarque, et on est partis pour une grosse journée.

Je vous préviens, ça va piquer les yeux tellement c’est beau.

Prêts ? On y va !

Notre circuit aujourd’hui (poétiquement appelé Tour C, ah l’industrie du tourisme me rendra toujours béat d’admiration) nous conduira à :

  • secret lagoon
  • hidden beach
  • la zone sacrée au temple néoclassique de béton

Je vous laisse savourer les images.

Plage secrète !
Plage secrète !

Le repas du midi est constitué de poisson grillé (très agréable) accompagnés de riz, oignons violets hachés menu, des bananes en dessert. Je ne me lasse pas. Le repas est préparé sous nos yeux par l’équipage, un mini barbecue est préparé pour nous sur un bord de plage. On visite une île où trône un véritable petit temple avec véritable statue, véritable coupole, véritable ponton en béton moche, véritable croix, bref un endroit tout bizarre dans cet univers tellement différent. Les plages, les lagons cachés, c’est tout simplement génial. L’ambiance est sereine sur le bateau, tout se passe bien. La météo bien sûr est indiscutablement au top.

Avouez que tout ça ne semble pas vilain ? Alors bien sûr, comme souvent, en photo ça ne rend pas aussi bien qu’en vrai.

 

Les falaises forment une (fausse) barrière
Les falaises forment une (fausse) barrière
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
les pieds dans l'eau
les pieds dans l’eau
repas sur la plage
repas sur la plage
délicieux poissons grillés
délicieux poissons grillés
Philippines : island hopping à Palawan
Philippines : island hopping à Palawan
un temple secret caché dans les îles
un temple secret caché dans les îles

Soirée rhum

De retour à El Nido, on savoure le coucher de soleil avec un petit verre à la main. Ah, il y a des spectacles dont on ne se lasse pas : le feu, les nuages, la mer et le coucher de soleil… Étrange comme c’est à chaque fois pareil et toujours différent…

Du coup, on se prépare à aller faire un tour de ville. Le problème, c’est qu’on va finir à l’asile, mais ça, c’est pour la prochaine page de ce récit dramatique !

El Nido, nid [d’espions] d’escrocs

Donc, disais-je, la taulière prend note de notre commande de rhum-coca. En fait de taulière, c’est plutôt une de ses filles/esclaves, mais bon le concept reste le même. Un rhum-coca, en bord de mer, par 35° de température, vous l’espérez frais, non ?

Petite boutique aux Philippines
Petite boutique aux Philippines

Eh bien c’est facile, mais à El Nido, la glace c’est payant. Rien de méchant, et ça tombe bien, car j’ai eu l’audacieuse idée d’acheter un pain de glace sur la route avant de rentrer, j’avais senti le coup venir. Oui je sais, j’aurais pu le dire avant, mais l’effet dramatique aurait été perdu. Bref, ledit pain de glace coûte au bas mot 3₱. Alors bon, faut l’amortir, donc on boit quelques verres à la terrasse de notre complexe hôtelier touristique de grande classe : 4 bungalows de 2 lits chacun. Le nôtre étant du côté de la route où la mer n’est pas. Ah bin oui mon gars, à vouloir pas payer cher, on n’a pas les pieds dans l’eau.

On croise sur la terrasse 3 touristes qui nous donnent le nom d’un opérateur de tours-islands à éviter. Ouf, ce n’est pas le nôtre. Demain, eux vont se louer un bateau privatif avec équipage pour aller à la pêche. Pas bête !

coucher de soleil sur la baie d'El Nido

Baignade dans la mer, mais le fond est plat et même à 250 m du rivage vous avez encore pied, y compris quand comme moi on ne fait que 1 m 70. Mais bon, j’arrête de râler, la vue est terrible !

Bah, puisque c’est comme ça, et l’alcool appelant la faim, allons en ville manger un bout. Psst ! Tricycle !

Le commerce miniature

Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, de ces petites échoppes miniatures qu’on trouve partout aux Philippines. D’une surface totale proche de 5 m² grand maximum : murs, stock et comptoir inclus. On y trouve absolument tout ! La plupart sont sponsorisées par d’affreuses pubs pour des recharges téléphoniques, vraiment toutes aussi laides les unes que les autres. Autant en Sibérie je comprenais qu’on ne souhaite pas chauffer un local surdimensionné, autant là la raison semble plus économique et flegmatique. Car on trouve vraiment tout ce qu’on veut dans cette échoppe (et s’il n’y a pas, on va vous le trouver) !

On y trouve aussi systématiquement une à deux personnes qui font le commerce, discutent, passent le temps, et regardent une télé (qu’on trouve aussi à chaque fois) d’un âge que je qualifierai gentiment de « du siècle passé », télé donc où passent des émissions dignes du même qualificatif tant en qualité qu’en intérêt pour le commerçant comme pour le client.

Sur la photo, c’est quand je suis allé acheter un pain de glace. Je n’avais aucune idée de si elle avait ça ou pas, mais elle en avait. Je savais que sinon, on m’aurait fait attendre et on m’en aurait trouvé ! Et à ceux qui se demande avec quelle eau est faite la glace, je répondrai : je l’ai désinfectée au rhum. D’autres questions ? OK, on peut donc reprendre notre épopée !

Vous finirez tous à l’asile !

Ce n’est pas une promesse, mais je crois que toute personne qui habite ou qui passe par El Nido finit à un moment où un autre à l’asile. Pour ma part, ça m’est arrivé et je vais dans un instant vous expliquer comment.

Ah non, pas d’attente dramatique aujourd’hui, vous en avez déjà subi un il y a quelques lignes à peine.

Palawan, ses plages
El Nido, ses arnaques à touristes
Palawan, ses plages. El Nido, ses arnaques à touristes…

Nous arrivons donc à El Nido « centre », et là je me mets en quête d’une pitance, quand mon odorat affûté détecte à proximité immédiate une source de réconfort pour mon estomac, j’ai cité : un barbecue. En pleine rue bien sûr, puisqu’on y fait griller des petites brochettes à l’usage des généreux clients. Je constate qu’il n’y a que des locaux sur celui-ci (il y en a d’autres, eh oui on ne peut rien vous cacher). N’écoutant que mon courage et ayant en tête les conseils des médecins occidentaux qui vous mettent en garde contre les légumes crus, souvenez vous bien qu’il faut manger des choses bien cuites, hein, pas de fruits pas de légumes rien de cru, vous aurez le scorbut oui mais bon au moins pas la gastro, bref, là les brochettes elles sont bien grillées, dorées à souhait. Des brochettes de quoi ? Bin, de pattes de poulet bien sûr. J’ai dit pattes, hein, pas cuisses !

Brochette terreur

Gloups. Alors bon, j’ai l’habitude de goûter toutes sortes d’horreurs, vous l’avez déjà constaté, mais le coup des pattes de poulet ça a un côté vaudou plus qu’un côté appétissant. On se demande : ça se mange ça ? Mais on y mange quoi ? Bah, c’est pas cher, 2 pesos, faisons nous une frayeur-souvenir.

Et en tout état de cause, c’est plutôt pas mauvais du tout. OK, ça vaut pas une gargote, mais c’est pas mal. Et j’ai des preuves, en images :

Une brochettte de... on sait pas trop quoi !
Une brochettte de… on sait pas trop quoi !

Arnaud quant à lui se contentera d’une brochette de saucisse, visiblement bonne aussi vu la vitesse à laquelle elle disparaît.

Allez, on avise un bar, on va boire un petit coup. La nuit tombe, on est dans un bar discothèque resto club un peut tout. C’est rigolo 5 minutes, mais la musique est forte et demain on a une chouette journée. On croise en sortant d’autres touristes (Italie, USA, Australie) : tout ce joli petit monde s’encanaille avec les autres touristes du coin au QG des touristes, j’ai nommé le fameux « art café », un temple pour touriste occidental friqué. L’internet y est « gratuit si on consomme », les consommations à un tarif double de ce qu’on a vu à l’autre bar. De quoi rendre fou ! Mais bon, puisque le Lonely Planet dit que c’est ce qui se fait de mieux, tout le monde y va. Bêêêê !

Non mais c’est vrai, allez, je sais je râle souvent contre ce genre d’approche, mais allez-y et vous verrez : le Artcafé est une île hyper-occidentale en plein océan philippin. Mais si vous venez aux Philippines, à Palawan, c’est pour vous retrouver en occident ?

Arnaud n’est pas forcément fan de cette ambiance, moi non plus. On part aussi vite que possible et on rentre au dodo.

Quoi ? Ah, l’asile ? On y arrivera, plus tard…

A demain, d’ici là rien de dramatique! Ah si, tiens, c’est vrai… (mais en attendant, un joli coucher de soleil nous attend)

Il y a un effet amusant et même étonnant dans cette plage. Dans l’eau, en pleine nuit, on se baigne un coup pour profiter de l’instant; or je constate que quand je nage, mes mains émettent de petites étincelles dans l’eau. Je vous rassure, je ne suis pas devenu un générateur haute tension, c’est juste une sorte de traînée luminescente qui suit mes mouvements dans l’eau. Après observation attentive en bon scientifique, j’en ai conclu que mes mouvements créaient des micro-bulles d’air, et que ces dernières reflétaient la lune qui était très lumineuse cette nuit. N’empêche, ça fait un peu rigolo d’avoir des mains magiques ! Les habitués du phénomène peuvent se marrer, moi je l’ai découvert là-bas. Chacun son tour !

Le coup de la patate

Le coup de la patate

A force de voyager aux Philippines, on finit par s’attendre à tout. Mais le coup de la patate, pas encore ! Concrètement, à l’intérieur, il y a une troisième personne, outre le chien (faméliquement moisi) dont j’ai parlé tout à l’heure et un petit chaton gris. Ce vieux, car il s’agit d’un vieux, nous prépare une décoction dans des verres. Le breuvage, trouble à l’extrême, ne peut bien sûr pas être refusé.

Pris au piège
Pris au piège

D’autant qu’on est chez lui, entouré de ce qui semble être ses fils ou ses jeunes cousins. Aucun des trois ne maîtrise l’anglais, mais chacun tente sa petite phrase et son sourire pour faciliter une ébauche de conversation. Visiblement il n’y a finalement pas tant de touristes qui passent ici, et ils nous demandent ce qu’on est venu faire dans ce coin. L’idée de faire un tour en bateau sur le lac pour le plaisir semble assez les étonner.

Alors, le vieux prend une poêle qui était sur un vieux fourneau, et nous apporte tout heureux des patates douces tièdes, et une assiette plastique contenant du sucre. Il coupe les patates en quartiers avec un couteau qui démotive toute tentative de refus de goûter. Je ne suis pas forcément grand fan de la patate douce, mais l’ambiance est assez chouette. C’est un délicat mélange de « barrons-nous d’ici » et de « ces gens sont très intéressants mais on n’arrivera pas à communiquer assez pour établir une discussion« . Ajouter du sucre avec les patates douces est une bonne chose.

On va bien manger ce soir !
On va bien manger ce soir !

On prend deux photos, on finit poliment nos portions et on remercie agréablement avant de repartir. Le soleil est toujours là, un petit moment à l’ombre de l’intérieur n’était finalement pas une mauvaise idée.

On s’en va par le sentier avec lequel on est venus. On repasse vers le début du lac, il y a là des animaux qui sont en pleine liberté : veaux, canards… Devant du riz qui sèche au soleil, je ne peux m’empêcher de prendre la pose : « Eh gringo, alors il est comment mon riz ? » — comprenne qui pourra, c’était supposé être avec du café.

Alors gringo, il est bon mon riz ?
Alors gringo, il est bon mon riz ?

Passage humide
Passage humide

Dramatique retour au soleil

Le chemin du retour commence. On le sait, ça sera long jusqu’à la route… Quand tout à coup on réalise qu’il nous attend un drame : car le problème, c’est qu’il n’y a pas de tricycle prévu pour notre retour ! Et la route est un peu longue, non ? Bah, on avisera…

Le chemin en terre jusqu’à la route, à l’ombre de la jungle, nous prend 30 minutes comme à l’aller, pas de surprise. Et là, on commence à marcher au bord de la route en espérant de faire du stop ou de trouver un tricycle… Et il fait chaud. Et la route est longue. Arnaud fatigue mais ne dit rien. Je prends le temps de prendre une photo de la route. Personne à l’horizon.

ça sèche au soleil
ça sèche au soleil

Pas un camion, pas un bus, pas une voiture. De temps en temps, (peut être trois fois en une heure) un minivan bourré de touristes nous double à toute vitesse. Les quelques camions qui passeront ne s’arrêteront pas. Bref, on ira à pied.

On va mettre 1 h 10 à marcher en plein cagnard jusqu’au terminal des bus, au fameux rond-point. Même si le trajet est long et dur sous le soleil, les paysages sont vraiment chouettes, et c’est un vrai plaisir de vivre ces instants au cœur des Philippines, au bord d’une route toute simple, passant ici devant une école-église, là devant un poste de police miniature, ou parfois une simple petite maison.

retour à Taytay à pied, sous le soleil
retour à Taytay à pied, sous le soleil

C’est un de ces moments pénibles sur le coup, mais qui valent vraiment la peine. J’observe la végétation, les zones cultivées et les zones sauvages, la disposition des bâtiments qui jalonnent la route, tous les petits détails qui deviennent visibles quand on marche et qu’on ignore tout simplement quand on circule en véhicule.

Quoi qu’il en soit, je suis très heureux d’avoir fait ce petit bout de trajet, même si je crois que sur le coup, Arnaud a souffert de la chaleur et du manque d’eau. Comment ? Ah oui j’ai oublié de vous préciser qu’on avait épuisé notre gourde, et qu’autant il nous restait de la crème solaire, autant le reste… il fallait attendre d’arriver ! On se sépare donc « en deux groupes de un », jusqu’à l’arrivée au Terminal.

Jean-Mi

Là on se boit un coup, et on saute dans un tricycle, direction le Casa Rosa et Jean-Mi ensuite ! Car une fois au Casa Rosa, après avoir traîné quelques minutes dans nos chambres, on se décide à continuer nos explorations et à retrouver le fameux Jean-Mi.

Taytay dispose d'un grand bidonville en bord de mer
Taytay dispose d’un grand bidonville en bord de mer

Il nous a raconté hier qu’il aménageait/réparait/préparait un super bateau au bord de la mer, un peu plus loin sur la côte, après le bidonville. On s’engage donc dans cette nouvelle épopée : traverser ledit bidonville, suivre la côte et trouver le bateau et donc Jean-Mi. Ne sachant ni si c’est loin, ni à quoi ressemble le bateau, et encore moins à quoi ressemble la propriété où il est en squat.

Le bidonville s'enfonce dans l'eau croupie
Le bidonville s’enfonce dans l’eau croupie

Sans oublier que le chemin à suivre nous est inconnu, et que le bidonville mérite vraiment cette appellation, l’expédition semble périlleuse… Mais on n’est plus à ça près, hein !

La marée est montante, l’eau s’infiltre dans le bidonville ; l’eau est sale, croupie et polluée de déchets en tous genres (plastique, bois, etc).

Taytay : vue sur la baie avec les rochers noirs
Taytay : vue sur la baie avec les rochers noirs

Ensuite, notre chemin continue et la vue est magnifique : mer bleue, quelques nuages et quelques vagues, une légère brise, la côte est escarpée et pentue mais la promenade est vraiment belle.

Le mariage de la jungle luxuriante avec la mer et les rochers noirs est un beau succès !

Les stabilisateurs du futur bateau de Jean Mi
Les stabilisateurs du futur bateau de Jean Mi

Après avoir marché une vingtaine de minutes, on atteindra notre but : Jean-Michel, son bateau, ses ouvriers. Il est encore démonté (le bateau, pas Jean-Mi) mais a déjà fière allure. Son heureux propriétaire nous explique tous les détails et améliorations de son navire, à bord duquel il espère rapidement pouvoir naviguer mais aussi vivre et dormir.

Jean Mi nous montre son bateau en cours de travaux
Jean Mi nous montre son bateau en cours de travaux

On discute un bon moment, et Jean-Mi nous présente les propriétaires de la superbe villa dont il squatte une partie du terrain. Jean-Mi ? Son parcours est tout simplement hallucinant. Il nous explique sa vie au long cours, sur divers bateaux… et ses quelques échouages sur la côte, dormant alors que l’embarcation l’emmène vers la plage ! Il a vraiment pas mal roulé sa bosse, il a vécu aux Etats Unis où il a également un bateau qu’il destine à son fils… Mais ce qui est vraiment le plus incroyable, c’est son accent 100% frenchy quand il s’exprime en anglais.

l'hôte du squatt de Jean Mi
l’hôte du squatt de Jean Mi

Retour par la mer

Enart, notre hôte de l’instant, a une maison superbe, tout en bois et bien finie, avec bien sûr un petit générateur pour l’électricité et une vue imprenable sur la mer. La mer est d’ailleurs en train de faire des vagues, le temps se dégrade légèrement. Le vent commence à venir un peu. Et devinez comment on va rentrer à Taytay ? Par le sentier ? Non, par la mer !

A bord pour retourner à Taytay
A bord pour retourner à Taytay

Ah, quand je pense que certains croyaient nous avoir déjà vu couler au cours de ce récit, attendez de voir ce qui va arriver.

Là, on n’est plus sur un joli petit lac bien calme par beau temps. On est en mer, bord de mer certes mais mer quand même. Et le temps se gâte salement.

Visiblement, le philippin qui gère la bangka qui nous ramène ne sait pas naviguer par temps de vagues.

la côte vue depuis la mer
la côte vue depuis la mer

Un coup de face, un coup de côté à la limite de chavirer, à chaque fois on embarque un peu d’eau à bord… Les sacs sont sur le dos, le plus haut possible. On garde son calme, la navigation ne devrait pas durer plus de 20 minutes, nous dit-on.

Et tout à coup, une vague que le bareur n’a pas vue venir (ou qu’il a pris n’importe comment). Et là, c’est vraiment… le drame !

Bus trip dramatique pour Taytay

Un bus bien chargé aux Philippines
le bus est plein à craquer

En route pour Taytay ! Après quelques pérégrinations qui sont devenues presque la norme (le bus est là-bas… ah non il est ailleurs… ah non c’est bien bien celui là-bas… ah non… ah si…) on monte à bord d’un bus presque pas flambant neuf. Le seul truc qui flamberait ça serait le carburant… et la couleur des sièges, d’un rouge plastifié vif, ambiance Happy Days à bord !

Et là, ainsi que je vous l’avais dit : c’est le drame !

Le bus est particulièrement plein, bondé, débordant de passagers à tel point que 2 philippins sont accrochés sur le marchepied de chacune des deux portes. Je passe sous silence le fait que le toit est couvert d’une épaisseur importante de bagages, surmontés d’une égale épaisseur de passagers supplémentaires. Je pense qu’on doit atteindre, sans mentir, un bon double du nombre de passagers prévus par le constructeur de l’engin.

Musique !

De toute façons, la peinture fait tenir la carrosserie, mais ce qui marche bien c’est le système son du chauffeur. Remplacé astucieusement et dramatiquement par un bricolage de sa confection, nous aurons droit à un remix de Barbie Girl à plein tube pendant une bonne demi-heure, avant que le bidule finisse par changer de chanson et à déverser de la dance à des volumes sonores que pourraient lui envier les discothèques les plus équipées !

bus à fond dans la descente
à fond dans la descente

Ceux qui me connaissent ne doutent pas de mon affection pour la musique électronique et pour la dance, mais là au milieu de nulle part, avec poussière à droite et casier à provisions à gauche, forêt luxuriante devant et route défoncée ne méritant même pas le terme vaniteux de sentier, traversant cet univers digne d’un delirium tremens à la vitesse d’un escargot essoufflé (en montée) ou d’une avalanche de classe 5 (en descente), je trouve que ça donne un peu de décalage (je parlais de la musique, si vous avez suivi).

rizière à Palawan
rizière vue depuis le bus

Dans certaines montées, malgré l’élan maximum pris par le chauffeur au mépris de toute raison et parfois même au défi des lois de la physique, il faut que certains passagers sautent en marche (mais ils vont plus vite à pied que nous) pour que le bus continue son ascension. Le paysage est superbe, là aussi particulièrement varié : des montagnes, des rizières, de la jungle, de petits villages…

la jungle luxuriante de Palawan
la jungle luxuriante de Palawan

Tout à coup, la route devient toute neuve. C’est un véritable billard, je n’avais pas vu une telle qualité de route depuis l’Europe. Le bus fonce à pleine vitesse, marquant parfois des arrêts dans les endroits les plus inattendus. A chaque étape, le ballet des colis qui montent et descendent du véhicule est passionnant. Ici c’est une série de casseroles qu’on dépose, là c’est une grappe d’enfants qui monte à bord. Le bus fait clairement le service des livraisons. Parfois, les arrêts sont vraiment au milieu de nulle part…

Après un panneau touristique antédéluvien annonçant fièrement un lac que nous irons voir ensemble plus tard (ce sera dramatique, je vous le promets), nous passons à toute vitesse devant ce qui semble être un hôpital, puis arrivons à un rond-point ! Oui, ici aussi cette gangrène dépensière et mafieuse est arrivée. Jouxtant ledit rond-point, c’est la gare routière de Taytay.

panneau indiquant le Lac Danao
un panneau touristique décrépi

Anecdote amusante : pendant le trajet, le « contrôleur » a parcouru tout le bus, majoritairement par les extérieurs (ne cherchez pas, ce n’étant pas prévu par le constructeur mais il l’a fait quand même). Pour preuve : voici mon billet qui a bien été grignoté par le poinçon !

Un dîner chez l’habitant à Sabang

Philippines : la mer le soir
Philippines : la mer le soir

Vous avez forcément compris qu’on était à la fois assez motivés, timides, étonnés, curieux, flattés, bref un peu de tout ça, de pouvoir dîner chez l’habitant, en l’occurrence la demoiselle qui s’occupe des quelques locaux où nous dormions. Oh bien sûr, on se doute bien qu’on n’est pas les premiers, et que c’est probablement une partie de ce que la plupart des touristes dans notre genre peut espérer. Néanmoins, on est bien contents d’être invités.

Chez l'habitant aux Philippines
Chez l’habitant aux Philippines

A l’heure où le soleil est couché et où les générateurs permettent aux téléphones portables de fonctionner, nous nous rendons donc au lieu convenu. Nouvelle hésitation à l’arrivée sur site : il semble y avoir deux entrées, et comme je ne sais pas où est planqué le clebs, et que je n’ai pas l’intention de me faire niaquer le mollet pour avoir pris la mauvaise porte, on fait un brin de bruit pour s’annoncer. « Hel-lô-ô ! » (vous voyez le genre)

Table et salon à Palawan
Table et salon à Palawan

En fait, il n’y a tout simplement pas de porte. Le mur, d’ailleurs, est également percé de « fenêtres » (sans vitrage) et de « trous ». Ce qui fait qu’il n’y a aucun doute, on va se faire bouffer par les moustiques. Heureusement, on a pensé à se oindre de truc antibestioles, et tant mieux. On nous fait asseoir dans un « salon » carrelé, sur des canapés un peu fatigués. Le chien me contemple passivement d’un air hagard, tout en observant attentivement… le karaoké à la télé !

Chez des philippins
Chez des philippins

Pendant ce temps, notre hôtesse et son mari préparent la cuisine… dans la cuisine. On s’approche discrètement, et on finit par prendre place sur des chaises dans la salle qui fait cuisine mais aussi chambre, et second salon de télévision. Là, c’est une sorte de film asiatique dans les rizières avec du kung-fu, des samuraïs en armure sur des chevaux et des banquets. Les spécialistes du genre auront bien sûr reconnu le célèbre Taïa-onn-kïhn. Ou pas. Incroyable de voir que dans cette maisonnette il y a 2 télés qui fonctionnent (et que personne ne regarde, à part le chien) mais pas d’eau courante.

les enfants ont l'habitude des touristes
les enfants ont l’habitude des touristes

En effet, l’eau courante n’étant pas arrivée jusqu’à cette maison, le jeune couple qui nous reçoit fait la cuisine avec bidon d’eau. Oui, vous avez bien lu, le « jeune » couple, qui a déjà trois bambins à son actif, ne doit pas dépasser les 45 ans à deux. Le générateur électrique ronronne à fond, le couteau tranche à vif, et la soupe chauffe.

Dîner traditionnel à Palawan
Dîner traditionnel à Palawan

Nous sommes là, bêtas d’admiration devant les choses simples de la vie d’un couple philippin. Vous observerez avec délectation la découverte du citron local, tout petit comme une balle de ping-pong, tout vert, et idéal pour aller avec du gin ou pour arroser le poisson.

Ce soir, c’est poisson. Les quantités en cours de préparation sont impressionnantes…

Négocier, toujours négocier

La mer et quelques petits nuages
La mer et quelques petits nuages

ça me fait penser à vous raconter comment on a négocié notre traversée en bateau pour la prochaine étape.

Le bateau : comment payer moins cher votre traversée de Sabang à Port Barton ?

Le tarif « standard » pour les touristes, est de l’ordre de 1200₱ par personne. Après négociation, et grâce à l’intervention discrète de la taulière, nous avons pu, via son cousin qui était posté au Villa Verde, obtenir nos billets pour 750₱ chacun. Autant dire que Danny, il pouvait toujours se rhabiller ! Et moi, de conclure une fois de plus que Sabang est un nid de vipères où les touristes se font plumer.

Philippines : les fameux bateaux
Philippines : les fameux bateaux

Parce que ce qui me semble certain, c’est :

  • qu’aucun philippin ne prend le bateau pour ce trajet
  • que le tarif reste totalement exorbitant, même d’un point de vue « occidental aisé »

D’ailleurs, et la description que je vous en ai fait aura fini de vous convaincre, Sabang n’est qu’un quasi-village, et surtout un repaire de touristes en bord de mer. Il en faut, mais pas pour moi. Fuyons !

Palawan : joueurs de basket
Palawan : joueurs de basket

Mais avant ça, passons à table car le repas est prêt ! Nappe en toile cirée aux couleurs… d’un style différent de ce que mes goûts auraient pu choisir au premier instinct. Chaises plastiques et bois dépareillées, mais service verrerie de fête : on ouvre en effet le carton où ils sont rangés pour l’occasion !

A table chez la taulière

Monsieur et madame Lataulière passent donc à table, ainsi que leur triple marmaille et nous deux, touristes émérites et impatients de découvrir la cuisine authentique philippine.

On ne sera pas déçus : la quantité est astronomique. On dépasse de très loin ce qui sera nécessaire de nourriture pour si peu de personnes à cette même table.

Kid & food à Palawan
Kid & food à Palawan

Et c’est tout simplement « chouettement bon » : du poisson, du riz, des citrons et de nombreuses sauces accompagnant et arrosant le tout, sortes de patates frites, calamars et autres, c’est varié et goûtu, vraiment un bon moment. Je reste dubitatif sur la quantité servie : peut-être aussi parce que je suis peu au fait des usages locaux, et je me suis posé la question. Est-ce qu’il fallait « tenter » de tout finir pour faire honneur aux plats ? Ou au contraire, fallait-il en laisser beaucoup, pour signifier que la quantité était très suffisante, sous-entendu que la distance financière entre nos deux hôtes et nous était, sur ce point, temporairement effacé, ou…

Mon alter-ego dans la cuisine
Mon alter-ego dans la cuisine

C’est incroyable comme de petites choses comme ça peuvent faire douter : que faire pour ne pas vexer, ne pas tomber dans la condescendance intolérable ou le dédain, ni considérer comme « normal » quelque chose qui ne l’est probablement pas ? Les voyageurs comprendront ce que je veux dire. C’est une petite part du « choc des cultures » (qu’on cherche, hein, ne nous leurrons pas) qui est inévitable quand on veut voyager de cette façon là, proche autant que possible des populations rencontrées. Dans tous les cas, ça vous invite à réfléchir, et c’est déjà pas mal.

Tout ça pour dire que ce repas était très agréable, et qu’il a été accompagné par des enfants pas plus étonnés que ça de nous voir.

Conclusion : la taulière arrondit ses fins de mois en faisant la tambouille aux touristes. Bonne idée !

Il est temps maintenant de nous éclipser. Le repas n’a pas été l’occasion d’une grande rencontre ou de discussions enflammées, c’est un peu dommage. En même temps, on ne parle pas le tagalog, et nos hôtes en ont peut être marre de raconter toujours les mêmes trucs aux occidentaux de passage. C’est un business ici, monsieur. Vous êtes à Sabang !

Ah bon. Et bien allons dormir, demain nous irons prendre le bateau pour Port Barton…

Et d’ici là ? Pas de drame.

Jour 3 : prison bikers

Prison bikers

…il se met à pleuvoir ! La route est trempée en quelques minutes. Mais ça

Jungle des Philippines
Jungle des Philippines

ne m’arrêtera pas, surtout que ça s’arrête quasiment aussi vite. Je reprends le guidon et à fond vers le Sud ! Suivi de loin par Arnaud, je trace à travers la prison Iwahig, qui est une sorte de ferme-parc-zone géant où des prisonniers travaillent. J’ai surtout vu des rizières et des bicoques pourries, mais bon, je crois que c’est la première fois que je faisais de la moto en prison !

Rivière sans relief et pont en béton
Rivière sans relief et pont en béton

La route est super belle, il n’y a pour ainsi dire quasiment personne. De temps en temps, on croise un jeepney ou un van. Quand ils nous doublent, les véhicules klaxonnent. Au début ça nous a un peu désarçonnés, on se demandait bien pourquoi.

Prison aux Philippines
Prison aux Philippines

Je pense finalement que, comme dans d’autres pays (j’ai fait le rapprochement plus tard), c’est une mesure de précaution liée au double fait que 1-personne ne regarde dans son rétro-viseur et donc ça évite d’être surpris par un véhicule qui vous double et 2-il y a peu de circulation donc on peut se permettre ce genre de méthode. J’avais déjà vu ça aux Baléares et en Algérie sur la transsaharienne (oui les photos de la wiki sont de moi, héhé je fais mon malin, promis un de ces jours je vous raconterai ce voyage aussi !) — hum hum, revenons donc à nos moutons, à savoir notre balade en brellons.

Le chevalier et sa monture
Le chevalier et sa monture

On finit par tourner dans un village, Arnaud voulant voir la mer. Oui je sais, on est aux Philippines depuis déjà 3 jours, c’est un pays avec des tas d’îles, d’ailleurs on est sur une îe, et on n’est pas encore allés à la mer. Faut savoir faire attendre les bonnes choses !

Panneau de basket en bord de route
Panneau de basket en bord de route

Mais le sieur Arnaud a raison, donc à l’instinct je prends à gauche, je passe devant le panneau de basket, je reprends à gauche après la section en gravier, on fait un peu de trial pour passer un fleuve, enfin une rivière, bon d’accord, c’est un petit ruisseau. Mais je suis sûr qu’il se jette dans la mer, donc c’est un peu un fleuve non ? Et donc, à gauche je disais, on arrive au port de Mangingisda ! Tada !!

Quoi ? Comment ça le panneau de basket ? Ah oui, y’en a un au bord de la route, en pleine jungle. Me demandez pas pourquoi il est là, il y est, il n’y en a qu’un et c’est déjà ça. Non mais, quels curieux, toujours à m’interrompre en plein récit dramatique !

Plus on s'éloigne et moins la route est bonne
Plus on s’éloigne et moins la route est bonne

A l'approche du port
A l’approche du port

Port de Mangingisda

(visible sur Google Earth pour les curieux : 9°41’13.59″N 118°44’59.80″E )

Le port est à la fois simple, mignon, usé et touchant. Je ne sais pas trop comment exprimer ça en fait, mais je l’ai trouvé exactement comme j’aurais voulu en trouver un : un peu par hasard, au bout d’une route, avec ce sentiment de liberté qu’offre la motobylette dans un pays lointain, avec des bateaux et des gens qui traînent, mais en même temps très familial et local. Un chouette petit port, quoi.

Bateaux sur le port
Bateaux sur le port

J’avise une petite boutique (enfin, on appellera ça une boutique, mais à part le fait que j’y vois quelqu’un et que je suppose que les petits pains qu’elle tient sont à vendre, rien ne précise que c’est un commerce). J’achète un petit pain fourré en forme de pain à burger . La femme qui tient ce gourbi me regarde avec un grand sourire, me dit « five pesos only » et me donne le petit pain. Je n’ai aucune idée de ce que peut bien contenir ce petit pain. Après enquête, il s’agit de beurre de cacahuette. Miam! Et je dois vous l’avouer aujourd’hui, j’ai vécu 1 an au Québec, j’ai eu possibilité de manger tout plein de (soi-disant) bon beurre de peanut, et bien celui-là était bien meilleur ! C’est ça, le goût des vacances !!

Vue du port
Vue du port

Sur le port, au bord du quai, il y a plusieurs personnes. Les gens discutent tranquillement entre eux, personne ne s’inquiète de notre présence. L’ambiance est sereine. Au bout du quai, deux véhicules sont en train d’être déchargés sur des bateaux. On s’asseoir là, les pieds pendants, et on regarde les bateaux et la mer. Premier étonnement : tous les bateaux ont ici une sorte de double balancier-stabilisateur, quelle que soit leur taille. La maniabilité au port en est réduite, mais la stabilité en mer est grandement améliorée. On verra d’ailleurs plus tard que c’est une bonne chose (voir : « noyade dans le port de Taytay, bientôt sur vos écrans, suivi de près par « écopant le bateau qui fuyait », également bientôt sur vos écrans même si ce n’est pas le même bateau, mais n’allons pas trop vite, un drame à la fois !)

bangkas de pêcheurs
bangkas de pêcheurs

L’ambiance calme et détendue de ce petit port me plait. Je me sens bien, ici dans cet endroit où je crois percevoir une vie plus tranquille. Je sais pourtant bien que tout le monde ici est dans un niveau de pauvreté important, mais je ne vois pas de malheur. J’ai l’impression que tous ces gens sont sympathiques. Je n’ai pourtant pas été plus loin que cette impression. L’envie de s’approcher, de créer le contact, a été moins forte que le respect que je me dois d’avoir : je ne suis pas dans zoo.

le quai et les bateaux
le quai et les bateaux

L’intrus ici c’est moi, et je me dois d’avoir une certaine retenue, une certaine discrétion. Respect, simplement. J’observe donc doucement ce qui se passe sous mes yeux : scènes simples de vie quotidienne. C’est un chouette

Coucher de soleil sur la même rivière
Coucher de soleil sur la même rivière

moment ! Rare.

On retourne à nos motos, et on rentre. On repasse par le village, on double et on croise de nombreux élèves en uniforme. Les petits se tiennent pas la main, probablement entre frères ou entre sœurs, peut être voisins avec voisins et voisines avec voisines. Plusieurs nous adressent des « hi what’s your name? ». Gasp!

C'est une moto ça ?
C’est une moto ça ?

Je ne m’y ferai jamais de voir des petits de quelques années à peine maîtriser la langue de Dora l’exploratrice (oui je sais, chacun ses références, et on en reparlera quand vous aurez des enfants

en maternelle).

Le temps presse car la nuit approche. On ne s’arrête donc pas à la Crocodile Farm ni aux sources chaudes. De toute façon, y’en aura d’autres. Au retour, je prends une photo depuis le même pont, le soleil commence à bien baisser et la vue est jolie.

Pour les éventuels futurs visiteurs de Palawan je vous laisse le scan de la carte touristique fournie :

Puerto Princesa by night

Philippines: coucher de soleil
Philippines: coucher de soleil

Sur la route du retour, on constate plusieurs stands avec des brochettes. Je m’arrête à l’une d’elles, on achète une brochette pour 5₱. Elle semble composée d’une sorte de barde couverte au pinceau d’une sauce graisseuse. Et c’est pas mauvais du tout. Arnaud bougonne que ce n’est pas un morceau noble. Tu m’étonnes ! Vous découvrirez au fil de ce récit, chers lecteurs attentifs et dramatiques, que je suis curieux des « spécialités » locales, et que donc tout ce qui m’interpelle finit par être goûté, pour le meilleur. Et pas pour le pire, puis-qu’après plusieurs voyages à ce rythme, toujours aucune tourista n’est à déplorer (ça ne garantit rien pour l’avenir, mais c’est déjà ça de gagné).

A la nuit tombée, à Puerto Princessa
A la nuit tombée, à Puerto Princessa

L’arrivée à Puerto est tardive, la nuit est tombée. Il est environ 18h30, et il faut dire qu’on avait annoncé au taulier qui nous a loué les brellons qu’on rentrerait « rapidement, pas tard ». Bah qu’à ça ne tienne, on va quand même faire un détour sur la croisette, et avant ça se faire interpeller par les gardes en voulant entrer en douce sur le port de commerce. Ah zut, j’ai déjà lâché l’info. Bref, ce soir, j’entre sur le port de Puerto Princesa en pleine nuit avec mon engin motorisé à deux roues, et alors qu’Arnaud passe la grille, c’est le drame !