Le drame du gilet de sauvetage

Le drame du gilet de sauvetage

mais quelle est cette chose fluo ?
mais quelle est cette chose fluo ?

Ce qui est dramatique, c’est qu’un gilet de sauvetage c’est normalement fait pour aider une personne à ne pas se noyer. Et bien certains s’en servent de simple bouée natatoire quand ils ne savent pas nager !

Nous croisons donc, à ce moment, un troupeau de touristes asiatiques (je ne saurais dire avec précision si ce sont des Japonais ou des Coréens par exemple, je ne suis pas doué pour ça), mais ce qui est sûr c’est qu’on les entend de loin (des Chinois ?), et qu’ils ne savent pas nager. Ils brassent donc vaguement dans l’eau. Tiof Tiof tiof.

Soutenus dans leur évolution marine par leur graisse (je n’ai rien à y redire) et leur gilet de sauvetage (je trouve ça critique de venir nager quand on ne sait pas nager !) nos amis touristes batifolent dans l’eau en s’égosillant éhonteusement. Alors que jusque là on était dans un moment de tranquilité adorable, pas un bruit à part le léger clapot, tout d’un coup c’est la cour des miracles ! Du coup, on fuit. Retour au bateau et départ pour un autre endroit ! Quel dommage.

notre navire nous attend
notre navire nous attend

Nous reprenons la mer pour aller à destination d’un lieu nommé « twin peaks ». Il s’agit de hauts-fonds.

Arrivés à twin peaks, on remet le matériel de snorkelling et hop à la mer ! Les poissons par milliers sont là. Je découvre le cousin de Nemo, je ne pensais pas que ce poisson existait en vrai de cette couleur ! Les couleurs des poissons et des coraux, en effet, sont hallucinantes : on dirait que le contenu sous-marin a été peint au stabylo tellement tout est épatant ! J’ai pourtant déjà vu de jolis fonds (aux Maldives par exemples) mais là on dépasse le quota.

On n’avait pas apporté d’appareil photo sous-marin, vous n’aurez donc pas de photos de ces merveilles. Il faudra aller sur place vous-même !

Le lac Kayangan

Après tout ça, on pourrait penser qu’on a fait le tour de la question. Eh non ! Décidément les Philippines, c’est aussi la cascade d’émotions et de découvertes !

Paysage magnifique des Philippines
Paysage magnifique des Philippines

En route pour 11,958° N, 120,226°E : le lac Kayangan. On ne le sait pas encore, mais on le bateau s’amarre dans une petite anse entourée de rochers anthracite aux arrêtes bien vives. Un mini-port est là. On découvre que notre tour en bateau comprend le petit fee de 200₱ requis par personne pour entrer sur ce bout de territoire. Mais à ce moment-là, on ne sait pas encore pourquoi c’est payant. Commençant à être habitué, je me dis que c’est un énième racket de touriste, preuve supplémentaire s’il en fallait une que les infrastructures on un coût et que la corruption règne encore et toujours, sans se cacher le moins du monde.

l'eau de ce lac est très pure
l’eau de ce lac est très pure

Un petit sentier monte dans la montagne, on grimpe. On croise quelques touristes affublés de gilets de sauvetage… No comment ! Après quelques minutes de montée dans la jungle, et donc à l’abri du soleil (tant mieux, il cogne pas mal), on passe une sorte de petit col et le sentier redescend. Sur la gauche, un autre sentier mène à une petite grotte. Hop, clic-clac photo, c’est mignon. Et tout à coup, c’est le

Souris, t'es sur Internet !
Souris, t’es sur Internet !

drame !

A travers la jungle, on aperçoit un lac. Plus que le drame, c’est le choc : la couleur de l’eau est incoyable ! Bien sûr, rien à voir avec celle de la mer. Entre turquoise et bleu-vert canard, c’est indescriptible. On accélère le pas. En quelques minutes on est au bord de l’eau. C’est donc ça, le fameux lac Kayangan !

Et comme bien sûr l’eau est bonne, douce et qu’il y a un chouette petit ponton à touristes, on s’y baigne. Et il y a aussi des gilets de sauvetage dans l’eau, avec des gens qui clapottent dedans. Heureusement que l’endroit est paradisiaque, on aurait envie de les baffer. L’envie est particulièrement frénétique quand on les entend piailler –on dirait des dindons croisés avec des corbeaux, en termes auditifs je veux dire. Quelle joie de les observer glouglouter gaiement dans l’eau tiède ! Ouais j’adore !!

L’eau est tellement cristalline qu’on voit les rochers au fond sans le moindre effort. Les pignoufs à gilets de sauvetage sont partis. Ouf ! Le calme arrive.

Il est difficile de dire à quel point cet endroit est magnifique. C’est un vrai moment où le terme « félicité » prend toute sa valeur.

Pour une fois, je vous fais la pub : je conseille vraiment cet endroit. Bien sûr, en toute quiétude, si possible. On n’a pas envie de repartir ! Ceci dit, au bout d’un moment, avec mon accolyte, on se dit qu’il faudrait aller grailler un truc. Parce que c’est pas pour dire, mais il fait faim au paradis !

Retour donc au bateau. Si vous avez bien suivi, ça veut dire remonter le sentier puis redescendre jusqu’au petit port. Plusieurs bateaux sont amarrés, on sent que c’est bien organisé et que c’est clairement un endroit touristique. Un fumet sympa de cuisine nous arrive au nez : ça confirme qu’on a faim !

Repas royal au Mess des Officiers

Notre équipage nous attend à bord : ça pète de présenter ça comme ça, mais pour le coup c’est vrai !

l'équipage prépare le repas
l’équipage prépare le repas

Le repas est prêt au Mess des Officiers. Plus clairement, une table nappée et a été dressée sur le bateau, et déborde de victuailles. Entrée de crudités qui aurait suffi pour un repas à 4, poissons grillés (2 poissons chacun), riz à outrance, crevettes décortiquées, porc grillé en sauce, légumes, et bananes (2 chacun) nous attendent sagement à table. Et bien sûr boissons à volonté !

C’est énorme ! On se régale, les aliments sont admirablement cuisinés et préparés. Le tout est vraiment très bon !

A l’arrière du Navire, un des gars prépare un harpon. On termine le repas tranquilement. Nous reprenons maintenant la mer en direction d’un dernier spot complètement dingue : des poissons de toutes les couleurs vert, jaune, bleu fluo ! On croirait un dessin animé cette couleur sous l’eau : récif bardé de corail magnifique ! Waouh !!

Et bien sûr, de bancs de poissons de toutes tailles, de toutes quantités, de toute couleurs… On est vraiment dans un bel endroit, encore et encore ! Ce spot s’appelle Siete Pecados.

Mais le temps passe, et il faut penser à rentrer à Coron. Le port est grand, certaines parties sont assez bien entretenues, et d’autres ont des aspects de ruelles glauques.

Les thermes de Coron : Maquinit Hot Spring

Vous ne le savez peut-être pas, mais il y a de nombreuses sources, cascades et rivières intéressantes aux Philippines. A Coron, il y a des sources chaudes et elles sont bien sûr citées comme « à visiter » par notre guide de merde préféré : The Very Great Premium Lonely Planet.

Nous avons donc bien sûr décidé d’aller voir sur place pour nous faire un avis. Il faut dire que depuis que nous sommes là, les conseils pompeux de ce guide ont tous été aussi maladroits que poussifs. Probablement aussi parce que votre humble serviteur est un râleur patenté doublé d’un touriste exigeant en quête de surprises et n’aimant pas les sentiers battus.

Pour se rendre aux thermes, je conseille prendre un tricycle. La route se fait en une quinzaine de minutes pour 200₱.

Sur place, on découvre un endroit désert. Visiblement, il doit y avoir du monde de temps en temps, car il y a plusieurs espaces pour des pique-nique et pour se garer. On paye notre entrée quand même. Le ticket orne le début de ce chapitre. Tarif : 100₱ avec une fouille de sac gratuite incluse. On sait jamais, des fois qu’on voudrait piquer la source… Bah il faut dire qu’avec ma barbe de 15 jours j’ai l’air d’un terroriste. Enfin bon, passons.

à bord d'un tricycle touc-touc
à bord d’un tricycle touc-touc
Miaou !
Miaou !
Hot Springs : un arbre surplombe la piscine
Hot Springs : un arbre surplombe la piscine
Hot Springs : piscine principale
Hot Springs : piscine principale
les installations pour pique nique
les installations pour pique nique

sur la route des sources
sur la route des sources

Le site est plutôt intéressant. Il semble avoir été équipé pour le tourisme dans les années 50 et ne pas avoir été entretenu depuis. Quelques lampadaires malheureux trônent çà et là. Un accès en béton et une bordure façon piscine néo stalinienne décrépie. C’est moche, mais visiblement ça été fait pour accueillir un maximum de personnes. Je vous rassure, les gars du Lonely Planet n’en savent pas plus que vous ou moi, puisque rien n’est dit sur ce point. J’essaye de demander au gars de l’accueil mais soit il n’est pas fort en anglais, soit il ne sait pas. On se contentera des explications de wikipedia… qui ne connait pas non plus. Bon, bin tant pis !

L’eau est chaude et agréable. Après être passée dans une petite piscine, elle passe dans une plus grande puis se déverse dans la mer. Je me baigne, un ponton branlant est là, avec un chat dessus. A part ça, pas un (autre) chat… Dramatique 🙂

Le coup de la patate

Le coup de la patate

A force de voyager aux Philippines, on finit par s’attendre à tout. Mais le coup de la patate, pas encore ! Concrètement, à l’intérieur, il y a une troisième personne, outre le chien (faméliquement moisi) dont j’ai parlé tout à l’heure et un petit chaton gris. Ce vieux, car il s’agit d’un vieux, nous prépare une décoction dans des verres. Le breuvage, trouble à l’extrême, ne peut bien sûr pas être refusé.

Pris au piège
Pris au piège

D’autant qu’on est chez lui, entouré de ce qui semble être ses fils ou ses jeunes cousins. Aucun des trois ne maîtrise l’anglais, mais chacun tente sa petite phrase et son sourire pour faciliter une ébauche de conversation. Visiblement il n’y a finalement pas tant de touristes qui passent ici, et ils nous demandent ce qu’on est venu faire dans ce coin. L’idée de faire un tour en bateau sur le lac pour le plaisir semble assez les étonner.

Alors, le vieux prend une poêle qui était sur un vieux fourneau, et nous apporte tout heureux des patates douces tièdes, et une assiette plastique contenant du sucre. Il coupe les patates en quartiers avec un couteau qui démotive toute tentative de refus de goûter. Je ne suis pas forcément grand fan de la patate douce, mais l’ambiance est assez chouette. C’est un délicat mélange de « barrons-nous d’ici » et de « ces gens sont très intéressants mais on n’arrivera pas à communiquer assez pour établir une discussion« . Ajouter du sucre avec les patates douces est une bonne chose.

On va bien manger ce soir !
On va bien manger ce soir !

On prend deux photos, on finit poliment nos portions et on remercie agréablement avant de repartir. Le soleil est toujours là, un petit moment à l’ombre de l’intérieur n’était finalement pas une mauvaise idée.

On s’en va par le sentier avec lequel on est venus. On repasse vers le début du lac, il y a là des animaux qui sont en pleine liberté : veaux, canards… Devant du riz qui sèche au soleil, je ne peux m’empêcher de prendre la pose : « Eh gringo, alors il est comment mon riz ? » — comprenne qui pourra, c’était supposé être avec du café.

Alors gringo, il est bon mon riz ?
Alors gringo, il est bon mon riz ?
Passage humide
Passage humide

Dramatique retour au soleil

Le chemin du retour commence. On le sait, ça sera long jusqu’à la route… Quand tout à coup on réalise qu’il nous attend un drame : car le problème, c’est qu’il n’y a pas de tricycle prévu pour notre retour ! Et la route est un peu longue, non ? Bah, on avisera…

Le chemin en terre jusqu’à la route, à l’ombre de la jungle, nous prend 30 minutes comme à l’aller, pas de surprise. Et là, on commence à marcher au bord de la route en espérant de faire du stop ou de trouver un tricycle… Et il fait chaud. Et la route est longue. Arnaud fatigue mais ne dit rien. Je prends le temps de prendre une photo de la route. Personne à l’horizon.

ça sèche au soleil
ça sèche au soleil

Pas un camion, pas un bus, pas une voiture. De temps en temps, (peut être trois fois en une heure) un minivan bourré de touristes nous double à toute vitesse. Les quelques camions qui passeront ne s’arrêteront pas. Bref, on ira à pied.

On va mettre 1 h 10 à marcher en plein cagnard jusqu’au terminal des bus, au fameux rond-point. Même si le trajet est long et dur sous le soleil, les paysages sont vraiment chouettes, et c’est un vrai plaisir de vivre ces instants au cœur des Philippines, au bord d’une route toute simple, passant ici devant une école-église, là devant un poste de police miniature, ou parfois une simple petite maison.

retour à Taytay à pied, sous le soleil
retour à Taytay à pied, sous le soleil

C’est un de ces moments pénibles sur le coup, mais qui valent vraiment la peine. J’observe la végétation, les zones cultivées et les zones sauvages, la disposition des bâtiments qui jalonnent la route, tous les petits détails qui deviennent visibles quand on marche et qu’on ignore tout simplement quand on circule en véhicule.

Quoi qu’il en soit, je suis très heureux d’avoir fait ce petit bout de trajet, même si je crois que sur le coup, Arnaud a souffert de la chaleur et du manque d’eau. Comment ? Ah oui j’ai oublié de vous préciser qu’on avait épuisé notre gourde, et qu’autant il nous restait de la crème solaire, autant le reste… il fallait attendre d’arriver ! On se sépare donc « en deux groupes de un », jusqu’à l’arrivée au Terminal.

Jean-Mi

Là on se boit un coup, et on saute dans un tricycle, direction le Casa Rosa et Jean-Mi ensuite ! Car une fois au Casa Rosa, après avoir traîné quelques minutes dans nos chambres, on se décide à continuer nos explorations et à retrouver le fameux Jean-Mi.

Taytay dispose d'un grand bidonville en bord de mer
Taytay dispose d’un grand bidonville en bord de mer

Il nous a raconté hier qu’il aménageait/réparait/préparait un super bateau au bord de la mer, un peu plus loin sur la côte, après le bidonville. On s’engage donc dans cette nouvelle épopée : traverser ledit bidonville, suivre la côte et trouver le bateau et donc Jean-Mi. Ne sachant ni si c’est loin, ni à quoi ressemble le bateau, et encore moins à quoi ressemble la propriété où il est en squat.

Le bidonville s'enfonce dans l'eau croupie
Le bidonville s’enfonce dans l’eau croupie

Sans oublier que le chemin à suivre nous est inconnu, et que le bidonville mérite vraiment cette appellation, l’expédition semble périlleuse… Mais on n’est plus à ça près, hein !

La marée est montante, l’eau s’infiltre dans le bidonville ; l’eau est sale, croupie et polluée de déchets en tous genres (plastique, bois, etc).

Taytay : vue sur la baie avec les rochers noirs
Taytay : vue sur la baie avec les rochers noirs

Ensuite, notre chemin continue et la vue est magnifique : mer bleue, quelques nuages et quelques vagues, une légère brise, la côte est escarpée et pentue mais la promenade est vraiment belle.

Le mariage de la jungle luxuriante avec la mer et les rochers noirs est un beau succès !

Les stabilisateurs du futur bateau de Jean Mi
Les stabilisateurs du futur bateau de Jean Mi

Après avoir marché une vingtaine de minutes, on atteindra notre but : Jean-Michel, son bateau, ses ouvriers. Il est encore démonté (le bateau, pas Jean-Mi) mais a déjà fière allure. Son heureux propriétaire nous explique tous les détails et améliorations de son navire, à bord duquel il espère rapidement pouvoir naviguer mais aussi vivre et dormir.

Jean Mi nous montre son bateau en cours de travaux
Jean Mi nous montre son bateau en cours de travaux

On discute un bon moment, et Jean-Mi nous présente les propriétaires de la superbe villa dont il squatte une partie du terrain. Jean-Mi ? Son parcours est tout simplement hallucinant. Il nous explique sa vie au long cours, sur divers bateaux… et ses quelques échouages sur la côte, dormant alors que l’embarcation l’emmène vers la plage ! Il a vraiment pas mal roulé sa bosse, il a vécu aux Etats Unis où il a également un bateau qu’il destine à son fils… Mais ce qui est vraiment le plus incroyable, c’est son accent 100% frenchy quand il s’exprime en anglais.

l'hôte du squatt de Jean Mi
l’hôte du squatt de Jean Mi

Retour par la mer

Enart, notre hôte de l’instant, a une maison superbe, tout en bois et bien finie, avec bien sûr un petit générateur pour l’électricité et une vue imprenable sur la mer. La mer est d’ailleurs en train de faire des vagues, le temps se dégrade légèrement. Le vent commence à venir un peu. Et devinez comment on va rentrer à Taytay ? Par le sentier ? Non, par la mer !

A bord pour retourner à Taytay
A bord pour retourner à Taytay

Ah, quand je pense que certains croyaient nous avoir déjà vu couler au cours de ce récit, attendez de voir ce qui va arriver.

Là, on n’est plus sur un joli petit lac bien calme par beau temps. On est en mer, bord de mer certes mais mer quand même. Et le temps se gâte salement.

Visiblement, le philippin qui gère la bangka qui nous ramène ne sait pas naviguer par temps de vagues.

la côte vue depuis la mer
la côte vue depuis la mer

Un coup de face, un coup de côté à la limite de chavirer, à chaque fois on embarque un peu d’eau à bord… Les sacs sont sur le dos, le plus haut possible. On garde son calme, la navigation ne devrait pas durer plus de 20 minutes, nous dit-on.

Et tout à coup, une vague que le bareur n’a pas vue venir (ou qu’il a pris n’importe comment). Et là, c’est vraiment… le drame !

Le fameux Lac Danao, à côté de Taytay

L’approche du lac

Il y a beaucoup de vent ce matin.

Palawan, la route de Taytay sous le soleil
Palawan, la route de Taytay sous le soleil

On file rapidement hors du Casa Rosa et on prend un tricycle pour nous emmener au début du chemin d’accès au Lac Danao.

Ce chemin part de la route qu’on a pris pour venir de Roxas, vous vous souvenez, juste avant l’hôpital, il y a un vieux panneau décrépi… C’est donc un chemin de terre qui s’enfonce dans la jungle. On y va confiants, le guide indique qu’il y a quelques centaines de mètres…

Non loin du lac Danao, le riz sèche au soleil
Non loin du lac Danao, le riz sèche au soleil

En réalité un peu plus, mais c’est très faisable même pour un non-sportif en mon genre, il y a environ 30 minutes à marcher d’un pas tranquille. Le truc, c’est que quand on s’attend à 100 m, ça semble long.

Enfin le lac !

Le chemin passe dans la forêt, tourne et retourne, et traverse un microscopique hameau (néanmoins équipé d’un terrain de basket, à défaut de quoi que soit d’autre, mais ne soyons pas de mauvaises langues : il y a aussi une magnifique mention « welcome » en bois), des enfants jouent dans un arbre.

certaines portions du lac sont couvertes de plantes aquatiques
certaines portions du lac sont couvertes de plantes aquatiques

On continue sur ce chemin pour arriver enfin à un champ qui fait cul-de-sac. Devant nous, une zone envahie par des sortes de nénuphars, et le lac Danao. Il vaut le détour !!

Bétail sur le sentier
Bétail sur le sentier

Un bovin nous regarde d’un œil étonné : mais c’est quoi ces deux touristes paumés au milieu de la pampa ?!

Non loin de là, une habitante fait sa lessive depuis une barque
Non loin de là, une habitante fait sa lessive depuis une barque

Le truc, qu’on ne sait pas encore mais qu’on va découvrir, est donc de contourner le lac par la gauche. On commence par le droite, et ça ne donne rien. Là, il y a juste une petite rivière qui s’écoule du lac, avec une vieille qui fait sa lessive. Plus loin, une vachette maigrichonne, et le lac.

Par la gauche, mais en s’éloignant un peu de la rive (au début on a essayé de suivre la rive tout au bord, mais ça ne donne rien non plus), on trouve un petit sentier qui monte et qui semble aller derrière la colline. Une poule picore des grains de riz qui sèchent au soleil.

Passera ou passera pas ?
Passera ou passera pas ?

Arrivés en haut de la butte, il y a une petite barrière fermée, sorte de portillon d’entrée d’une propriété.

N’écoutant que mon courage, j’ouvre la barrière, et là, c’est le drame !

Violation de domicile

Arnaud, vert de terreur et paniqué à l’idée incongrue et dangereuse de s’aventurer sur la propriété d’autrui, lequel autrui pourrait être armé et mal intentionné à l’égard de deux occidentaux envahissant ses terres tels les conquistadors espagnols quelques siècles plus tôt, allant de l’avant au cœur d’espaces vierges et inconnus où la main de l’homme n’a pas encore mis le pied, et… Bref, il me suit. Hop.

le lac Danao
le lac Danao

Le sentier redescend au milieu d’une plantation de maïs. On passe devant une maison surélevée sur des pilotis, et on continue notre descente sur la droite; le sentier traverse une rizière, puis passe un petit ruisseau et nous arrivons sur une plage herbeuse, le lac est à nouveau sur notre droite. A gauche, une autre maison avec des personnes qui nous regardent. L’une d’entre-elles parle un peu anglais, et surtout tagalog. Parmi les autres, aucun ne parle anglais, ni même le tagalog, ils parlent un dialecte local que notre premier interlocuteur semble à peu-près comprendre.

lac Danao : la petite barque qui va nous emmener ?
lac Danao : la petite barque qui va nous emmener ?

Et pourtant, c’est lui qui va nous servir d’intermédiaire-interprète !

Petit rappel des conditions :

  • Objectif pour nous : négocier un petit tour en bangka sur le lac.
  • Conditions de négociation : auprès d’un pêcheur local possédant le seul bateau du lac pouvant être loué à notre connaissance
  • Facilités de communication : ledit pêcheur ne parle pas la langue de notre interprète, qui ne comprend que partiellement la nôtre.
  • Résultat : on y arrive pourtant en moins de deux minutes
  • Conclusion : on n’est pas les premiers à se pointer ici, ou alors nous sommes très chanceux !

La croisière s’amuse…

Notre navigateur du jour
Notre navigateur du jour

Le jeune adulte de la famille nous emmène donc à sa bangka. Et là, c’est le drame !

En effet, l’embarcation et minuscule. Envisager de monter à trois dedans est une hérésie dès le premier coup d’œil. On tente, tant bien que mal, de le signifier à notre interlocuteur, mais sans grand succès. Il insiste pour qu’on monte tous les deux avec lui à bord. Bah, après tout, il a l’habitude ! Allons-y.

Le lac Danao est magnifique et assez étendu
Le lac Danao est magnifique et assez étendu

Et nous voilà partis tous les trois sur le lac. Il est vraiment magnifique, avec par endroit des plantes aquatiques, à d’autres endroits des troncs d’arbres qui émergent, ailleurs encore c’est une petite île toute jolie. L’eau est presque d’un vert très clair.

Le philippin pousse sa bangka d’une petite pagaie, écope un peu d’eau avec un fond de bouteille en plastique. Cette « croisière privée » est tout simplement géniale ! Un vrai moment chouette. Il nous montre des poissons dans l’eau. Ici, c’est un filet de pêcheur qui est accroché à une bouée de fortune faite avec un bidon. Le fond est visible, un peu vaseux on dirait. La maison est visible depuis le lac ; comme souvent aux Philippines, la maison est surélevée et couverte d’un toit de végétaux.

Début de découverte du lac depuis la barque
Début de découverte du lac depuis la barque

La croisière ne s’amuse plus du tout

Deux philippins pêchent sur le lac Danao
Deux philippins pêchent sur le lac Danao

Mais il y a un truc étrange… Je trouve qu’on avance moins bien depuis un petit moment, et que le gars écope plus souvent qu’au début… Et en effet, il y a plus d’eau au fond de l’embarcation qu’au début. Tiens, il y a là-bas une autre petite embarcation, avec deux pêcheurs. Hop, photo. Mais vraiment le gars écope avec de plus en plus de vigueur !

On écope quand on a coulé
On écope quand on a coulé

Tout à coup, il bifurque vers une petite île proche, mais la voie d’eau est trop grosse, je décide avec Arnaud de descendre du bateau et de passer dans l’eau. Le fond est proche, j’en ai à peine jusqu’à la taille. L’appareil photo est sauvé ! Et voilà, les pieds dans l’eau au bord d’une île, tenant la rame pendant que notre « capitaine » vide le bateau de l’eau qui s’y était infiltrée. Le retour sera du même style, on finira dans l’eau. La famille au complet nous observe depuis leur maison. Personne ne semble moqueur, mais on se doute que ça rigole un peu en douce, à juste titre ceci dit.

Après avoir réglé 100₱ à nos bateliers, et avoir passé quelques instants avec leur famille, nous repartons en direction de la rizière. Avant la rizière, en revenant du lac, on passe devant des petits fruits qui sèchent. On traverse ensuite le ruisseau sur un « pont » qui est en fait une branche en travers, puis la rizière.

Une famille habite juste là
Une famille habite juste là

Ensuite, on repasse devant la maison en hauteur et c’est à ce moment-là que deux personnes nous adressent la parole et nous font signe de monter à l’intérieur.

Pas forcément étonnés, mais pas forcément rassurés (souvenez-vous, on est au plein milieu d’une propriété cultivée, on y est entrés sans se poser trop de questions, donc bon…),

Nous sommes invités à l'intérieur
Nous sommes invités à l’intérieur

on entre dans une enceinte de bambou et donc on monte dans l’habitation via une sorte de passerelle.

Le clebs des gars nous observe d’un regard torve.

On s’attend à tout, mais une fois à l’intérieur, c’est le drame !