Jour 16 : direction Manille (et donc fini Palawan)

Jour 16 : direction Manille (et donc fini Palawan)

Rhum Tanduay
Rhum Tanduay

Ce matin, on prend une navette pour l’aéroport (coût : 150₱), c’est idéal pour bien finir de digérer les Royal-rhum et autres curry de poulet au riz de la veille au soir.

Après un petit détour par un lodge touristique bien paumé pour embarquer un passager, la route quitte la côte et traverse la jungle. Les virages sont nombreux et serrés. La jungle est luxuriante mais se laisse dépasser par de petites collines sans arbres. On finit par déboucher sur un plateau herbeux avec un de ces fameux passages à vaches (que certains appellent les passages canadiens) : des tubes en travers de la route avec un trou

dessous.

Drames à l’aéroport

Aéroport de Busuanga, Coron, Philippines
Aéroport de Busuanga, Coron, Philippines

Nous voici donc à l’aéroport de Busuanga. Et là, c’est le drame : la file d’attente est longue et pénible, suivie d’une fouille [au mieux] symbolique. Il est temps de peser nos bagages pour l’enregistrement… Et là, encore une fois, c’est le drame : 3 kg d’excès à nous deux ! Je ne sais pas trop pourquoi, vu qu’on n’a rien acheté en route, mais bon… On est des western !

Nous entamons donc une joyeuse négociation, je vous passe le détail, mais on finit par obtenir le supplément bagage gratuit. Tant mieux, cet argent nous servira à aller au Chinese Garden à Manille, mais je n’en dis pas trop pour l’instant !

Dans la file d’attente, je vois d’autres touristes payer sans négocier. Ils n’ont pas du avoir le même briefing que nous…

Après une nouvelle attente, on paye une taxe d’aéroport de 20₱ (celle-là, pas moyen d’y couper). Un avion part avant le nôtre, tout le staff de l’aéroport s’aligne et salue : probablement un officiel !

Le vol Basuanga – Manille prendra à peine une heure. Pilotage et atterissage impeccables, avion très propre, service irréprochable.

Manille, le retour

statue dans le Chinese Garden à Manille
statue dans le Chinese Garden à Manille

On prend un taxi pour l’hôtel Adriatico Arms (taxi : 185₱), la nuitée est facturée 1850₱ pour les deux en « chambre de luxe ». On se balade tranquillement dans le coin, on mange une mangue pour 10₱. La traversée d’un centre commercial nous aide aussi à avoir une idée du niveau de vie des habitants : on tombe en plein nouvel an chinois !

joueurs d'échecs dans le jardin chinois
joueurs d’échecs dans le jardin chinois

Et vous savez quoi ? Il n’y a pas que dans les films avec course-poursuite qu’il y a des défilés costumés, dans la vraie vie aussi ! C’est vraiment chouette !

On traverse le parc Chinese Garden (entrée payante 5₱) : des étudiants s’entraînent pour un flash mob. Des moins jeunes jouent aux échecs.

Le Chinese Garden, au coeur de Manille
Le Chinese Garden, au coeur de Manille

Le parc est sympa. L’ambiance est agréable.

Dans les rues alentours, l’électricité est raccordée de façon particulièrement anarchique…

Philippines : raccordements électriques à Manille
Philippines : raccordements électriques à Manille

On va profiter du coucher de soleil sur la baie, à peine attentifs aux petits glaciers roulants avec leur musique rituelle.

Coucher de soleil sur la baie de Manille
Coucher de soleil sur la baie de Manille

Arnaud épluche le guide pour voir si on n’a pas oublié un truc important. Il n’y trouve rien de passionnant, ce qui ne nous étonnera paas.

Il y a des poissons volants au bord du rivage ce soir : le spectacle est sidérant.

Demain nous rentrons en Europe. Je ne vous raconterai pas le retour, il n’y a rien de spécial à dire sinon que tout s’est bien passé. Un vrai drame 🙂

On se retrouve pour un autre voyage ?

Un soir dramatique à Coron (Palawan, Philippines)

Un soir dramatique à Coron (Palawan, Philippines)

Scène de rue à Coron, Palawan
Scène de rue à Coron, Palawan

De retour à Coron, nous traînons un peu autour de la place centrale, on boit un coup en terrasse. Bavouille™, fidèle au poste, poursuit ses rotations dans l’indifférence générale. Je profite d’un instant pour aller acheter quelques bidules au marché couvert (un t-shirt souvenir pour 150₱) et pour boire un petit rhum-coke à 50₱ (le même prix qu’un ice tea).

Philippines : Joueurs en pleine rue
Philippines : Joueurs en pleine rue

Des philippins jouent en bord de rue. Petits et grands !

On se balade un coup dans le bourg (prétendre que Coron est une ville serait exagéré, mais c’est plus gros qu’un village). C’est la sortie des écoles : je suis amusé de voir qu’aucun parent n’attend son enfant avec l’anxiété de rigueur en France : ils les écoliers rentrent chez eux tranquillement.

retour des enfants après l'école
retour des enfants après l’école

Dire qu’en France, si vous n’êtes pas devant la grille pile à l’heure, le regard grave et l’air béat, on vous prend pour un grand méchant…

Philippines : compteurs d'eau
Philippines : compteurs d’eau

Scène de rue à Coron… et après l’électricité hyper normalisée que je vous ai déjà présenté, voici la distribution d’eau façon Coron, Philippines ! On notera que chacun a bien son petit compteur réglementaire 🙂

Le drame du gilet de sauvetage

Le drame du gilet de sauvetage

mais quelle est cette chose fluo ?
mais quelle est cette chose fluo ?

Ce qui est dramatique, c’est qu’un gilet de sauvetage c’est normalement fait pour aider une personne à ne pas se noyer. Et bien certains s’en servent de simple bouée natatoire quand ils ne savent pas nager !

Nous croisons donc, à ce moment, un troupeau de touristes asiatiques (je ne saurais dire avec précision si ce sont des Japonais ou des Coréens par exemple, je ne suis pas doué pour ça), mais ce qui est sûr c’est qu’on les entend de loin (des Chinois ?), et qu’ils ne savent pas nager. Ils brassent donc vaguement dans l’eau. Tiof Tiof tiof.

Soutenus dans leur évolution marine par leur graisse (je n’ai rien à y redire) et leur gilet de sauvetage (je trouve ça critique de venir nager quand on ne sait pas nager !) nos amis touristes batifolent dans l’eau en s’égosillant éhonteusement. Alors que jusque là on était dans un moment de tranquilité adorable, pas un bruit à part le léger clapot, tout d’un coup c’est la cour des miracles ! Du coup, on fuit. Retour au bateau et départ pour un autre endroit ! Quel dommage.

notre navire nous attend
notre navire nous attend

Nous reprenons la mer pour aller à destination d’un lieu nommé « twin peaks ». Il s’agit de hauts-fonds.

Arrivés à twin peaks, on remet le matériel de snorkelling et hop à la mer ! Les poissons par milliers sont là. Je découvre le cousin de Nemo, je ne pensais pas que ce poisson existait en vrai de cette couleur ! Les couleurs des poissons et des coraux, en effet, sont hallucinantes : on dirait que le contenu sous-marin a été peint au stabylo tellement tout est épatant ! J’ai pourtant déjà vu de jolis fonds (aux Maldives par exemples) mais là on dépasse le quota.

On n’avait pas apporté d’appareil photo sous-marin, vous n’aurez donc pas de photos de ces merveilles. Il faudra aller sur place vous-même !

Le lac Kayangan

Après tout ça, on pourrait penser qu’on a fait le tour de la question. Eh non ! Décidément les Philippines, c’est aussi la cascade d’émotions et de découvertes !

Paysage magnifique des Philippines
Paysage magnifique des Philippines

En route pour 11,958° N, 120,226°E : le lac Kayangan. On ne le sait pas encore, mais on le bateau s’amarre dans une petite anse entourée de rochers anthracite aux arrêtes bien vives. Un mini-port est là. On découvre que notre tour en bateau comprend le petit fee de 200₱ requis par personne pour entrer sur ce bout de territoire. Mais à ce moment-là, on ne sait pas encore pourquoi c’est payant. Commençant à être habitué, je me dis que c’est un énième racket de touriste, preuve supplémentaire s’il en fallait une que les infrastructures on un coût et que la corruption règne encore et toujours, sans se cacher le moins du monde.

l'eau de ce lac est très pure
l’eau de ce lac est très pure

Un petit sentier monte dans la montagne, on grimpe. On croise quelques touristes affublés de gilets de sauvetage… No comment ! Après quelques minutes de montée dans la jungle, et donc à l’abri du soleil (tant mieux, il cogne pas mal), on passe une sorte de petit col et le sentier redescend. Sur la gauche, un autre sentier mène à une petite grotte. Hop, clic-clac photo, c’est mignon. Et tout à coup, c’est le

Souris, t'es sur Internet !
Souris, t’es sur Internet !

drame !

A travers la jungle, on aperçoit un lac. Plus que le drame, c’est le choc : la couleur de l’eau est incoyable ! Bien sûr, rien à voir avec celle de la mer. Entre turquoise et bleu-vert canard, c’est indescriptible. On accélère le pas. En quelques minutes on est au bord de l’eau. C’est donc ça, le fameux lac Kayangan !

Et comme bien sûr l’eau est bonne, douce et qu’il y a un chouette petit ponton à touristes, on s’y baigne. Et il y a aussi des gilets de sauvetage dans l’eau, avec des gens qui clapottent dedans. Heureusement que l’endroit est paradisiaque, on aurait envie de les baffer. L’envie est particulièrement frénétique quand on les entend piailler –on dirait des dindons croisés avec des corbeaux, en termes auditifs je veux dire. Quelle joie de les observer glouglouter gaiement dans l’eau tiède ! Ouais j’adore !!

L’eau est tellement cristalline qu’on voit les rochers au fond sans le moindre effort. Les pignoufs à gilets de sauvetage sont partis. Ouf ! Le calme arrive.

Il est difficile de dire à quel point cet endroit est magnifique. C’est un vrai moment où le terme « félicité » prend toute sa valeur.

Pour une fois, je vous fais la pub : je conseille vraiment cet endroit. Bien sûr, en toute quiétude, si possible. On n’a pas envie de repartir ! Ceci dit, au bout d’un moment, avec mon accolyte, on se dit qu’il faudrait aller grailler un truc. Parce que c’est pas pour dire, mais il fait faim au paradis !

Retour donc au bateau. Si vous avez bien suivi, ça veut dire remonter le sentier puis redescendre jusqu’au petit port. Plusieurs bateaux sont amarrés, on sent que c’est bien organisé et que c’est clairement un endroit touristique. Un fumet sympa de cuisine nous arrive au nez : ça confirme qu’on a faim !

Repas royal au Mess des Officiers

Notre équipage nous attend à bord : ça pète de présenter ça comme ça, mais pour le coup c’est vrai !

l'équipage prépare le repas
l’équipage prépare le repas

Le repas est prêt au Mess des Officiers. Plus clairement, une table nappée et a été dressée sur le bateau, et déborde de victuailles. Entrée de crudités qui aurait suffi pour un repas à 4, poissons grillés (2 poissons chacun), riz à outrance, crevettes décortiquées, porc grillé en sauce, légumes, et bananes (2 chacun) nous attendent sagement à table. Et bien sûr boissons à volonté !

C’est énorme ! On se régale, les aliments sont admirablement cuisinés et préparés. Le tout est vraiment très bon !

A l’arrière du Navire, un des gars prépare un harpon. On termine le repas tranquilement. Nous reprenons maintenant la mer en direction d’un dernier spot complètement dingue : des poissons de toutes les couleurs vert, jaune, bleu fluo ! On croirait un dessin animé cette couleur sous l’eau : récif bardé de corail magnifique ! Waouh !!

Et bien sûr, de bancs de poissons de toutes tailles, de toutes quantités, de toute couleurs… On est vraiment dans un bel endroit, encore et encore ! Ce spot s’appelle Siete Pecados.

Mais le temps passe, et il faut penser à rentrer à Coron. Le port est grand, certaines parties sont assez bien entretenues, et d’autres ont des aspects de ruelles glauques.

Les thermes de Coron : Maquinit Hot Spring

Vous ne le savez peut-être pas, mais il y a de nombreuses sources, cascades et rivières intéressantes aux Philippines. A Coron, il y a des sources chaudes et elles sont bien sûr citées comme « à visiter » par notre guide de merde préféré : The Very Great Premium Lonely Planet.

Nous avons donc bien sûr décidé d’aller voir sur place pour nous faire un avis. Il faut dire que depuis que nous sommes là, les conseils pompeux de ce guide ont tous été aussi maladroits que poussifs. Probablement aussi parce que votre humble serviteur est un râleur patenté doublé d’un touriste exigeant en quête de surprises et n’aimant pas les sentiers battus.

Pour se rendre aux thermes, je conseille prendre un tricycle. La route se fait en une quinzaine de minutes pour 200₱.

Sur place, on découvre un endroit désert. Visiblement, il doit y avoir du monde de temps en temps, car il y a plusieurs espaces pour des pique-nique et pour se garer. On paye notre entrée quand même. Le ticket orne le début de ce chapitre. Tarif : 100₱ avec une fouille de sac gratuite incluse. On sait jamais, des fois qu’on voudrait piquer la source… Bah il faut dire qu’avec ma barbe de 15 jours j’ai l’air d’un terroriste. Enfin bon, passons.

à bord d'un tricycle touc-touc
à bord d’un tricycle touc-touc
Miaou !
Miaou !
Hot Springs : un arbre surplombe la piscine
Hot Springs : un arbre surplombe la piscine
Hot Springs : piscine principale
Hot Springs : piscine principale
les installations pour pique nique
les installations pour pique nique

sur la route des sources
sur la route des sources

Le site est plutôt intéressant. Il semble avoir été équipé pour le tourisme dans les années 50 et ne pas avoir été entretenu depuis. Quelques lampadaires malheureux trônent çà et là. Un accès en béton et une bordure façon piscine néo stalinienne décrépie. C’est moche, mais visiblement ça été fait pour accueillir un maximum de personnes. Je vous rassure, les gars du Lonely Planet n’en savent pas plus que vous ou moi, puisque rien n’est dit sur ce point. J’essaye de demander au gars de l’accueil mais soit il n’est pas fort en anglais, soit il ne sait pas. On se contentera des explications de wikipedia… qui ne connait pas non plus. Bon, bin tant pis !

L’eau est chaude et agréable. Après être passée dans une petite piscine, elle passe dans une plus grande puis se déverse dans la mer. Je me baigne, un ponton branlant est là, avec un chat dessus. A part ça, pas un (autre) chat… Dramatique 🙂

Jour 15 : Grand tour en bateau privé à proximité de Coron

Croisière privée aux Philippines
Croisière privée aux Philippines

Jour 15 : Grand tour en bateau privé à proximité de Coron

Notre équipage
Notre équipage
A bord du navire !
A bord du navire !
la mer des Philippines
la mer des Philippines

Notre bateau est supposé être une belle bangka à moteur, amarrée au port de Coron. Nous avons rendez-vous à 9h et nous arrivons à l’heure. Avant ça, nous allons dans la rue principale, en face de la « Central Bakery », dans une petite agence de voyage qui ne paye pas de mine. On y trouve nos billets d’avion retour Coron-Manille au meilleur prix de la ville ! Comme toujours, on vérifie notre monnaie… tiens, il manquait 100₱ qui nous sont donnés immédiatement, dès que le tenancier voit qu’on recompte notre monnaie… Ah, ça, être un blanc ça n’aide pas !

Ohé du bateau
Ohé du bateau

Nous laissons nos bagages dans l’agence de voyage, qui accepte volontiers. Et ça, par contre, je vous tiens le pari que vous n’arriverez jamais à laisser vos affaires dans une agence en France ! Nous arrivons donc au port… en repassant par un petit ponton improbable, qui contourne notre palace de la nuit dernière et un bâtiment à touristes plongeurs friqués.

Il se trouve que la zone est très recherchée par les plongeurs, et nous n’allons pas tarder à comprendre pourquoi. Nous arrivons donc à notre lieu de rendez-vous, et le bateau n’est pas là. Il arrive quelques instants après, ouf !

En bateau !

A peine sur le bateau, nous partons en mer. Visiblement, soit ils n’ont pas le droit de stationner à quai, soit ils sont très pressés. Comme nous n’avons pas de précisions sur le détail exact de la journée, on s’installe à bord tranquillement; séance photos !

On ne nous a pas menti. Le bateau est chouette. Cette région aussi : un ensemble d’îles et de plages, doublées de rochers acérés d’un gris foncé dopé à la verdure, plongeant dans une mer de cristal. Notre équipage est constitué de 3 garçons clairement plus jeunes que nous, mais qui connaissent parfaitement leur navire et la région.

Banol Beach

On croise plusieurs bateaux. Notre premier arrêt a lieu à une jolie plage « Banol Beach ». On enfile les masques et on file nager. Je ne suis pas confiant quand il s’agit d’avoir un simple tuba pour respirer, j’ai toujours peur qu’un clapot ou une vaguelette m’apporte une rasade d’eau de mer au lieu de l’air. Ceci dit, comme la mer est très calme, je « snorke ». Excellent moment !

Twin Lagoon

En approche d'eaux poissonneuses
En approche d’eaux poissonneuses

On remonte à bord et le bateau reprend la mer. Nous nous arrêtons cette fois dans une drôle de petite crique, qui se termine en cul-de-sac. Là, on nous explique qu’il faut continuer à la nage : en effet, il y a une passe et on peut arriver dans une sorte de petit lac de mer presque fermé. Ce qui est amusant, c’est qu’à cet endroit, l’eau de mer et l’eau douce sont mélangés par couches. La visibilité est donc variable et quand on nage sous l’eau on le constate encore plus, que ça soit visuellement ou même par le toucher : la température et le « toucher de l’eau » sont différents. Bienvenue au Twin Lagoon!

la mer arrive directement contre les falaises
la mer arrive directement contre les falaises
la couleur de l'eau est magnifique
la couleur de l’eau est magnifique

Cet endroit est magnifique. Entouré de rochers acérés, l’eau est très belle et agréable. On profite vraiment de cet endroit magique, quand tout à coup, c’est le drame !

Destination Coron depuis El Nido

Taxés sur le port

à bord d'un tricycle tuc-tuc
à bord d’un tricycle tuc-tuc

Après avoir payé 30₱ pour transporter nos deux bonshommes et leurs bagages jusqu’à El Nido, nous attendons sur le port. Nous devons être là pour 7h30. Rude, c’est les vacances quand même ! Bah on ne va pas chipoter, on a bien dormi hier. Le tricycle est occupé, outre le conducteur et nos bagages, par une petite fille. Probablement sa fille, mais ça on n’en saura trop rien. Ah, et nous deux aussi on est là. Bref, 4 personnes, plusieurs sacs, et tout ça à fond la pétrolette de bonne heure !

le bateau qui nous emportera à Coron
le bateau qui nous emportera à Coron

Nous voilà au port. Contrôle des billets dans une salle miteuse et glauque du port, puis on nous fait payer une taxe de 20₱ (pour quoi, on ne saura jamais, pas de reçu, ça sent le bakchich généralisé et vu le montant on ne sera pas d’esclandre), enfin bref re-contrôle des billets des fois qu’on les aurait perdus depuis tout à l’heure, et il est 8h15 quand on monte à bord d’un rafiot qui sent le mazout. A 8h45, la mer est d’huile et le fond du bateau aussi. Le moteur démarre, on s’écarte du quai… nous sommes en mer ! Je profite du trajet pour lire un brin sur ma liseuse. C’est pas magique ça ? Transporter des milliers de livres dans 250 g d’électronique, avec une batterie qui tient 3 semaines ?

à bord du bateau
à bord du bateau

Héhé…

 

9h15, nouveau contrôle des billets à bord. Je suppose que certains touristes vraiment radins et super discrets doivent monter à bord en cours de trajet, à la volée, après avoir nagé avec leurs bagages… Alors que ce contrôle se termine, on aperçoit des poissons volants. C’est très chouette, je n’en avais jamais vu ‘en vrai’ avant les Philippines ! Ceux-là sont petits, plutôt sombres.

le long de la traversée
le long de la traversée

Le trajet est long mais passe vite. On voit de nombreuses îles, des paysages à couper le souffle en permanence. C’est dramatique, on en deviendrait presque blasé ! Incroyable Philippines…

 

On grignotte à bord un mini-repas. Il faut bien justifier le prix du billet !

Coron

la sortie du port de Coron
la sortie du port de Coron
constructions sur pilotis
constructions sur pilotis

Coron nous attend avec ses lettres blanches. Là encore, ce n’est pas un gage de grandeur, la suite va le prouver d’ailleurs. Arrivés à Coron, nous cherchons l’hôtel le plus miteux et le moins cher de la ville : nous allons opter pour une chambre à 500₱ particulièrement poucrave. Roots powa!!

Notre chambre pourrie
Notre chambre pourrie

En même temps, l’intérêt de cet hôtel, c’est qu’il est vraiment en plein centre ville. Et surtout qu’il est *vraiment* pas cher.

 

Le marché de Coron

C’est aussi un peu l’idée de ce voyage : radiner sur certains trucs et se contenter du minimum, et faire n’importe quoi avec ce même fric dans l’heure qui suit. Donc, avec l’argent économisé sur la chambre, on s’offre un super tour en bateau privé 4400₱, et on fait le tour des prix des avions pour rentrer à Manille ensuite. Les prix varient du simple au quadruple, parfois même plus.

la place du marché de Coron
la place du marché de Coron

On repère une petite agence, mais elle ne sera ouverte que demain. On ira !

Au cœur de la ville : la place centrale et le port avec son marché couvert. La place centrale a, en son centre, un petit monticule avec une belle inscription en lettres métalliques « Harbour Cente ». Le R final est visiblement parti depuis un bon moment.

le marché couvert de Coron
le marché couvert de Coron

Je profite de ce premier tour de ville pour découvrir et hanter le marché couvert. Il est comme je les aime : bondé, avec plein de petits recoins, des dizaines de vendeurs de tout et plus encore, des cris et des odeurs. A ce que j’en vois, je suis le seul blanc présent sur place. J’adore cette ambiance. Visiter le marché, c’est aussi entrer dans la vie locale, essayer de la comprendre. S’en imprégner. Le marché, c’est un lieu vivant.

Top Gargote

Top gargote !
Top gargote !

Je retrouve Arnaud sur la place, où il a fait connaissance avec Bavouille™ (on en reparlera plus loin). Nous avisons une gargote où on nous offre un dessert en regardant TV Patrol. Je recommande chaudement cet établissement : le « Golditocks Pinipig » (espérant que mes notes sont relues correctement, ce que je ne garantis pas plus que quoi que ce soit d’autre dans ce récit) mais par contre ce qui est sûr, c’est que la cantina est tenue par une vieille femme super sympa.

Prêt à déguster
Prêt à déguster

Ambiance simple et délicieuse. A croire qu’on est venus jusqu’ici un peu pour elle… La mamma de la gargote est une bonne cuisinière, par contre au niveau goût décoratif c’est tout à fait dans le style général. Je vous laisse découvrir en photos…

Le soir tombe.

Top Hôtel : le Bay View Lodge

On retourne à notre hôtel (de passe) miteux, le patron qui tient ça est un vieux libidineux de 68 ans et 1 dent : bienvenue au Bay View Lodge. ne cherchez pas la vue, il n’y en a pas.

Le tenancier du lieu
Le tenancier du lieu

Les toilettes sont d’une propreté à faire croire qu’on aimerait dîner dans ceux d’une aire d’autoroute de l’A7 un samedi de juillet, les matelas ont des traces et odeurs oscillant entre le discutable et l’écœurant. Ah, ne soyons pas trop difficiles : à tout y réfléchir, il y a un vrai effort de décoration et d’agrément : un magnifique calendrier porno pour le rhum Tanduay au mur, fait face à un crucifix en papier. Et à une petite télé, probablement là pour couvrir le bruit des voisins. Les cloisons sont en bambou, donc… Roots powa again!!

un hôtel miteux à Coron
un hôtel miteux à Coron

Quelques photos vous aideront là aussi à vous faire une idée…

Bon, on est d’accord, le Bay View Lodge est terrible. Mais la gentillesse du vieux fada compense beaucoup : il nous offre son gin citron-vert fluo maison, et nous paye un coup dans un bar en face. Sympa, le gars ! Il ne doit pas comprendre ce qu’on fait dans son établissement.

Il est temps de dormir. Mine de rien la journée a été fatigante, et demain on a notre super tour en bateau.

Un dernier gin avec l’ancêtre, et on file au lit. Le réveil est facilité par le bruit : on est à proximité immédiate du port. On ouvre l’œil, et là c’est le drame !

Jour 13 : Massage à El Nido

Lever dramatique en plein matin

On se réveille à l’aube, la levée des corps a lieu en effet vers 13h. Vu qu’on est déjà à notre 13e jour de périple, il est bien sûr probable que ça doit être la conséquence du décalage horaire.

Philippines : brochette improbable
Philippines : brochette improbable

Aujourd’hui, on traîne, on prend le temps à El Nido. On prend un tricycle pour s’y rendre (20₱). Pour le coup, on va faire un petit tour d’Internet, pour lire quelques mails et aussi recharger par port USB ma liseuse (25₱ la demi-heure). Dans la rue, j’avise un vendeur de brochettes, le prix est comme d’habitude très faible (5₱). Admirez ma trombine en train de déguster une superbe brochette de… chose. Je n’ai pas pu identifier le contenu de l’aliment : poulet ? poisson ? caniche ? en tout cas c’est fort agréable, bien assaisonné et j’aime cette ambiance d’immersion. On finirait par trouver ça banal.

Tourist powa

Au loin, les îles et quelques nuages pour une belle soirée
Au loin, les îles et quelques nuages pour une belle soirée

Il est temps de profiter des commerces touristiques : un petit massage monsieur ? Ma foi, certes oui ! Honni soit qui mal y pense. Et entrez ici je vous prie; allongez vous ici s’il vous plait. Ambiance zen qui pue le chiqué à plein nez, mais on fait semblant d’y croire. Deux minettes en blanc arrivent : ah non, merci, l’Asile j’ai déjà donné hier… Ah mais ce sont les masseuses monsieur. Hum. On se tourne sur le ventrou, et c’est parti mon kiki, pour une heure de massage « pure premium massage » (ne rêvez pas, je n’ai pas payé les 500₱ mais j’ai bien sûr radiné à 400₱). Arnaud fera son blasé en disant que ça ne vaut pas la Thaïlande, et je suis prêt à le croire, mais bon j’ai trouvé ça pas si mal que ça, et même plutôt chouette. On ressort détendu.

Coucher de soleil sur la baie, Palawan
Coucher de soleil sur la baie, Palawan

On traîne dans les rues. On rentre au camp de base en tricycle encore (30₱ cette fois, ne cherchez pas il n’y a pas de logique, et puis de toute façon c’est sans incidence sur le reste si ce n’est le côté sportivo-économique de la chose), après avoir fait quelques courses pour se préparer un apéro sur la terrasse : Pringles®™, eau glacée, schweppes, et garlic peanuts ! La taulière nous fait la grâce de nous fournir deux verres, et nous voilà face à la mer, coucher de soleil, apéro. Une journée tranquille, quoi.

Il est temps de retourner dormir, demain sera un moment essentiel puisqu’il s’agit d’embarquer sur un bateau pour quitter El Nido et foncer en direction de notre prochaine escale : Coron !

Les monsieurs en blanc sont gentils (laundry service)

Les messieurs en blanc sont gentils (laundry service)

Qui n’a jamais rêvé de mondes étrangers, de pays inconnus aux traditions exotiques ? Qui n’a jamais tenté l’aventure du rêve d’un endroit différent et lointain ? Car là est l’intérêt central du voyage : le voyage, et avec qui on le fait. Mais bien sûr la destination, et donc intrinsèquement les rencontres. Sans cela, le voyage devient un produit insipide dédié aux seuls Bidochons, qui au fond de leur hôtel protégé se plaindront qu’il n’y a pas de pain à table.

El Nido, rue principale

Le pari était d’arriver à attraper un tricycle en moins de 3 minutes : gagné !! Nous avons donc, avec Arnaud, décidé bien sûr de profiter de la soirée qui s’offrait à nous pour nous rendre, moyennant un trajet en tricycle (30₱), au cœur de la bête, je veux dire un bar. Pas un truc glauque à danseuses pourries, mais un gentil petit bar local où les *vrais* habitants d’El Nido se rendent le soir. Pour trouver cet endroit, il a fallu user de stratagèmes, en particulier expliquer aux personnes à qui nous demandions « où aller », que

  1. non on ne cherche pas de filles
  2. non on ne cherche pas un truc pour westerns.

Ah tiens, je ne sais pas si je vous ai déjà expliqué ce terme; « western », ça veut dire « occidental », mais plus précisément « blanc qui a du pognon ». Il faut donc convaincre les philippins que nous croisons que nous ne cherchons pas à un truc à touristes. Pas évident à El Nido, qui clairement est une cité qui vit du tourisme. Mais ça reste possible, et on arrive donc dans un bouge du nom de Fun Box. C’est un bar dansant, avec de la musique mal réglée et des spots hors d’âge. La bière est quelconque, les tarifs très raisonnables par contre. Et il n’y a pas un touriste en vue. Personne ne nous fait chier, parfait. Bref une bonne adresse pour nous.

A l’asile, on vous l’avait dit !

Enhardis par cette première étape de l’incursion dans la vie nocturne autochtone, voici donc nos deux compères rassérénés par la fausse facilité, qui tentent de continuer dans la même voie. Nous filons donc dans un autre lieu… et là, c’est le drame : nous finissons à l’asile !

Je passe sur les détails qui n’ont pas vraiment d’importance, si ce n’est celle que le lecteur assidu de nos épopées homériques serait en droit d’espérer assouvir, le veux parler ici de curiosité sur les causes et conséquences… bref normalement là vous avez abandonné toute idée de comprendre la phrase précédente. Cet autre bar dansant, car c’est bien cela dont il s’agit, est un autre lieu fréquenté par la jeunesse philippine à El Nido. L’endroit est crasseux et glauque, et on ne s’étonne donc pas de ne pas y trouver d’autres touristes –tant mieux, c’est cela que nous recherchons. Rappelons au lecteur que s’il veut trouver des pigeons et rester entre touristes, il ira à l’endroit que nous avons testé, le repère des friqués, j’ai nommé l’honni et insupportable Art Café.

L’asile ? Oui, on y est allés : c’est le nom de l’autre bar : l’Asylum. Pourquoi, vous vous attendiez à autre chose ? 😉

l’Asylum à El Nido

Et maintenant, rentrons au dodo. A pied, ça laisse le temps de causer !

En arrivant à notre logement, on récupère nos affaires lavées et séchées : le laundry service est efficace et nous aura coûté à peine 250₱ pour le linge de la semaine. C’est chouette les Philippines !

Un petit rhum, et au dodo. Hop !

La bête de Palawan !

 
Vue magnifique de plage aux Philippines
Vue magnifique de plage aux Philippines
 

Quand on vous dit que les îles d’Asie du Sud-Est recèlent de nombreuses surprises, des paysages magnifiques et des gens adorables, on oublie souvent très vite de parler des bestioles. Attention, je parle ici de bêtes sauvages et terrifiantes. Je vais vous parler des moustiques, mais il n’y a pas qu’eux !

D’ailleurs, ça me fait penser, est-ce que je vous ai déjà parlé de la Malarone® ? Non, et pourtant, ne venez pas ici sans en avoir pris une bonne dose. Des moustiques, il y en a partout, des nombreux et des motivés. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils valent largement ceux de Sibérie, ça serait mentir. Mais ceux-là étaient dressés pour la guerre, motivés par un climat qui ne leur laissait que bien peu de temps pour agir : vivre ou mourir aurait-on pu leur donner comme circonstances atténuantes.

Ou pas.

L’autre avantage aux Philippines, c’est que l’habitat touristique est équipé contre les petites bêtes qui volent et qui font bzzzz toute la nuit, tout en se gorgeant de votre sang. Quelqu’un a-t-il déjà tenté de placer une petite coupelle de sang frais à côté, pour qu’ils se servent là est pas directement sur la bête ? Je sais, je passe sous silence la difficulté toute relative de trouver chaque soir un peu de sang frais, mais on n’est plus à ça près si vous me lisez depuis le début.

Donc, disais-je, l’habitat est équipé de moustiquaires. Ajoutez à ça que ladite moustiquaire, vous la recouvrez généreusement d’anti-moustique répulsif intégral toutes régions garanti et plus si affinités oui madame oui monsieur et en prime je vous offre un… pardon, je m’égare. Hum ! Parce que votre corps aussi, se doit d’être antimoustiqué en permanence (pensez-y à la sortie de la douche, à la sortie de la mer, enfin partout et tout le temps), et que les vêtements aussi on les a imbibés de produit. Malgré ça, on a toujours un risque d’impact, mais pour ma part j’avoue que ça a été très efficace malgré l’amour inexplicable que me portent les insectes.

La moustiquaire oui c’est moche, mais je vous assure que vous n’avez pas envie d’en sortir quand vous y êtes. Et seul celui qui n’a jamais été violemment multi-attaqué en traître en plein WC ne comprendra pas le plaisir qu’on peut avoir à se recouvrir d’un produit nocif.

Philippines : le geckoAh, mais j’oubliais de vous parler de notre visiteur musical d’hier soir. Vous vous souvenez ? Arnaud avait bien raison, et ce matin je l’ai eu en photo !

Ne me demandez pas comment il tient au mur, il est juste accroché comme ça sur une paroi verticale. Il continue à chantouiller son grenouillement bizarre.

Mais le plus intéressant c’est qu’il ne bouge pas, il n’a pas peur de nous. Enfin au bout d’un moment, il s’en va, mais sans peur. Bravo, le gecko !

Un gecko ça tient au plafond par magie

Allez, en route, il est temps d’aller naviguer !

Jour 12 : Island Hopping, acte II

Alors aujourd’hui nous sommes repartis pour un nouveau périple de découverte d’îles, plages, criques et poissons. El Nido est déjà réveillée, les jeepneys surchargés sont là, les tricycles et les motos se croisent dans un joyeux pétaradement enfumé. On approche du bateau, on embarque, et on est partis pour une grosse journée.

Je vous préviens, ça va piquer les yeux tellement c’est beau.

Prêts ? On y va !

Notre circuit aujourd’hui (poétiquement appelé Tour C, ah l’industrie du tourisme me rendra toujours béat d’admiration) nous conduira à :

  • secret lagoon
  • hidden beach
  • la zone sacrée au temple néoclassique de béton

Je vous laisse savourer les images.

Plage secrète !
Plage secrète !

Le repas du midi est constitué de poisson grillé (très agréable) accompagnés de riz, oignons violets hachés menu, des bananes en dessert. Je ne me lasse pas. Le repas est préparé sous nos yeux par l’équipage, un mini barbecue est préparé pour nous sur un bord de plage. On visite une île où trône un véritable petit temple avec véritable statue, véritable coupole, véritable ponton en béton moche, véritable croix, bref un endroit tout bizarre dans cet univers tellement différent. Les plages, les lagons cachés, c’est tout simplement génial. L’ambiance est sereine sur le bateau, tout se passe bien. La météo bien sûr est indiscutablement au top.

Avouez que tout ça ne semble pas vilain ? Alors bien sûr, comme souvent, en photo ça ne rend pas aussi bien qu’en vrai.

 

Les falaises forment une (fausse) barrière
Les falaises forment une (fausse) barrière
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
Une jolie plage bien cachée derrière les rochers
les pieds dans l'eau
les pieds dans l’eau
repas sur la plage
repas sur la plage
délicieux poissons grillés
délicieux poissons grillés
Philippines : island hopping à Palawan
Philippines : island hopping à Palawan
un temple secret caché dans les îles
un temple secret caché dans les îles

Soirée rhum

De retour à El Nido, on savoure le coucher de soleil avec un petit verre à la main. Ah, il y a des spectacles dont on ne se lasse pas : le feu, les nuages, la mer et le coucher de soleil… Étrange comme c’est à chaque fois pareil et toujours différent…

Du coup, on se prépare à aller faire un tour de ville. Le problème, c’est qu’on va finir à l’asile, mais ça, c’est pour la prochaine page de ce récit dramatique !

Jour 11 : Island Hopping à El Nido

Arman la classe

Après un wake-up call à 8h du matin, on file à El Nido centre en tricycle (30₱ ce matin) pour rejoindre notre Island Hopping Tour A. Le « A » est important, car chaque tour d’îles est désigné par une lettre. Le A c’est pour certaines îles, le B pour d’autres, etc.

en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido
en tricycle pour aller faire du island hopping à el Nido

Chacun espère donc avoir fait le meilleur choix. Pour notre part, aujourd’hui, nous allons découvrir

  • le small lagoon et le big lagoon
  • la plage payong-payong beach
  • l’île de Simizu Island et l’île de Intalula Island
  • la plage Seven Commando Beach

le tout pour la modique somme de 500₱, déjeuner inclus.

Eh oui, c’est la classe totale chez Arman ! Alors qu’on embarque, on observe avec le sourire aux lèvres les couillons qui ont réservé un équivalent au « El Nido Boutique & Art Café » pour la triste escroquerie de 700₱. C’est le prix à payer quand on suit à la lettre les indications du Lonely Planet. Ceci dit, ils ont du ajouter un supplément de 250₱ s’ils voulaient des palmes et un tuba pour le snorkelling. Bin voyons…

Ah au fait, personne ne vous avait prévenus ? Oh, quelle dommage ! Alors moi je vous donne l’info : sur la plage, juste avant d’embarquer, vous avez à débourser 200₱ de taxe d’éco-tourisme. En échange de cette somme, on vous remet un reçu valable 10 jours. Renseignement pris, la différence de tarif entre notre « tour A » et celui de l’Artcafé n’est malheureusement pour eux toujours pas lié à cette taxe qu’ils doivent payer aussi. On aurait pu espérer… Bref, comme on a déjà payé le tour, on ne peut pas faire autrement que payer la taxe. Le système est bien rôdé, on se fait plumer. Saleté ! Il y a des moments où on en a marre d’être des pigeons (et pourtant, on a déjà évité le pire). Allez, embarquons et oublions !

tour "A" à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables
tour « A » à El Nido : les conseils du Lonely Planet sont peu fiables !

Bref il est 9h, tout le monde est là, on part. A bord d’une bangka à moteur, on quitte El Nido, le bateau part sur la gauche et on file droit vers les îles. La journée est tout simplement géniale, les îles et plages sont totalement parfaites, les poissons nombreux et admirables. Un vrai bonheur ! Je vous laisse dévorer des yeux les photos !

El Nido, une rue en plein activité dès le matin
El Nido, une rue en plein activité dès le matin

Les îes du tour A : photos garanties sans retouche !

A l’approche des îles, je suis impressionné de voir cette roche noire, à vif, dont on devine que des mains géantes se déchireraient dessus en les caressant tant les falaises immenses ont l’air acérées. C’est magnifique ! La mer a rongé le bas des falaises, mais la roche n’en parait que plus agressive et dangereuse. Véritables murs d’un gris profond, la végétation n’a que peu réussi à coloniser ces parois qui se présentent à la façon d’immenses murs qui nous écrasent.

un lac à double salinité
un lac à double salinité

Le Small Lagoon est un véritable mini-lac. Joli mais pas de quoi se rouler par terre. Dans cet arrêt comme dans plusieurs des suivants, on retrouve à chaque fois une grappe de divers bateaux transportant des meutes de touristes. C’était bien sûr prévisible, mais toujours dommage. En nageant vers le bout du mini-lac, on trouve un petit passage étroit qui mène dans un autre petit lac reculé. C’est assez joli, et on « voit » les différences de salinité par la différence de vision dans l’eau. C’est la première fois que je vois ça, c’est particulièrement intéressant et étonnant. C’est très agréable de nager ici.

la clarté de l'eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif
la clarté de l’eau contraste avec le gris foncé des falaises à vif

La plage Seven Commando n’a que peu d’intérêt, et le fond marin est joli mais sans rien d’exceptionnel. C’est surtout un moyen de nous occuper un peu et de rajouter quelque chose au programme, qui soit sur la route. La légende dit que cette plage a pris ce nom après que 7 membres d’un commando militaire y aient séjourné. La plage comporte un bar. J’ai eu l’impression que cette plage était située non pas sur une petit île, mais sur Palawan directement.

repas de riz et poisson grillé sur la plage
repas de riz et poisson grillé sur la plage

Le midi, nous prenons notre déjeuner sur une plage. Le repas est préparé par l’équipage et grillé en barbecue. Poissons grillés, riz, légumes, fruits de mer. Le repas est excellent et très agréablement présenté.

dans la baie d'El Nido, à bord d'un bateau touristique
dans la baie d’El Nido, à bord d’un bateau touristique

Le Big Lagoon ne sera pas l’occasion d’un arrêt, mais on y passe avec le bateau. L’entrée du « lagon » est une voie très étroite car il y a de nombreux hauts-fonds. Au beau milieu de Big Lagoon se dresse une énorme plateforme, à priori utilisée pour des mariages. Au fait, avez-vous remarqué avec quelle facilité nous autres français passons de la critique à l’éloge, et vice versa ? Héhé, il parait que c’est culturel…

la plage et son bar à touristes
la plage et son bar à touristes

Retour à terre

Il est temps de retourner maintenant à El Nido !

retour à El Nido
retour à El Nido

Une dernière photo : El Nido, vu de la mer ! Alors quitte à faire mon touriste, je ne trouve pas ça top-joli. Je préfère la vue d’une rue, depuis la terre ferme. Chacun son truc, je sais que c’est la même ville, mais bon. Bref, je n’ai pas d’explication.

Cette journée a été géniale. Nous bookons sans hésiter le « tour C » pour demain, espérant de nouvelles découvertes. Nous ne serons pas déçus, mais d’ici là on a se faire une petite soirée rhum-coca-lecture, après avoir mangé une brochette à 5₱. Excellent ! Décidément, il faut croire qu’ici à El Nido, on sait préparer les brochettes.

On achète un pain de glace dans une mini-boutique, et on rentre vite fait à l’hôtel-lodge-chambre en tricycle, bien sûr !

Le temps passe, la soirée avance. Une petite pause dans le hamac avant l’apéro. On prend un moment pour être au calme –comme si on avait été hyperactifs la journée !

notre chambre
notre chambre

Drame du soir, espoir

Mais alors qu’on a éteint la lumière et que tout se profile bien pour demain, c’est le drame !

le hamac
le hamac

Arnaud entend à nouveau le cri d’une bête furieuse et dangereuse. Il est certain que c’est un iguane… impossible de le voir quand on rallume la lumière !

El Nido, nid [d’espions] d’escrocs

Donc, disais-je, la taulière prend note de notre commande de rhum-coca. En fait de taulière, c’est plutôt une de ses filles/esclaves, mais bon le concept reste le même. Un rhum-coca, en bord de mer, par 35° de température, vous l’espérez frais, non ?

Petite boutique aux Philippines
Petite boutique aux Philippines

Eh bien c’est facile, mais à El Nido, la glace c’est payant. Rien de méchant, et ça tombe bien, car j’ai eu l’audacieuse idée d’acheter un pain de glace sur la route avant de rentrer, j’avais senti le coup venir. Oui je sais, j’aurais pu le dire avant, mais l’effet dramatique aurait été perdu. Bref, ledit pain de glace coûte au bas mot 3₱. Alors bon, faut l’amortir, donc on boit quelques verres à la terrasse de notre complexe hôtelier touristique de grande classe : 4 bungalows de 2 lits chacun. Le nôtre étant du côté de la route où la mer n’est pas. Ah bin oui mon gars, à vouloir pas payer cher, on n’a pas les pieds dans l’eau.

On croise sur la terrasse 3 touristes qui nous donnent le nom d’un opérateur de tours-islands à éviter. Ouf, ce n’est pas le nôtre. Demain, eux vont se louer un bateau privatif avec équipage pour aller à la pêche. Pas bête !

coucher de soleil sur la baie d'El Nido

Baignade dans la mer, mais le fond est plat et même à 250 m du rivage vous avez encore pied, y compris quand comme moi on ne fait que 1 m 70. Mais bon, j’arrête de râler, la vue est terrible !

Bah, puisque c’est comme ça, et l’alcool appelant la faim, allons en ville manger un bout. Psst ! Tricycle !

Le commerce miniature

Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, de ces petites échoppes miniatures qu’on trouve partout aux Philippines. D’une surface totale proche de 5 m² grand maximum : murs, stock et comptoir inclus. On y trouve absolument tout ! La plupart sont sponsorisées par d’affreuses pubs pour des recharges téléphoniques, vraiment toutes aussi laides les unes que les autres. Autant en Sibérie je comprenais qu’on ne souhaite pas chauffer un local surdimensionné, autant là la raison semble plus économique et flegmatique. Car on trouve vraiment tout ce qu’on veut dans cette échoppe (et s’il n’y a pas, on va vous le trouver) !

On y trouve aussi systématiquement une à deux personnes qui font le commerce, discutent, passent le temps, et regardent une télé (qu’on trouve aussi à chaque fois) d’un âge que je qualifierai gentiment de « du siècle passé », télé donc où passent des émissions dignes du même qualificatif tant en qualité qu’en intérêt pour le commerçant comme pour le client.

Sur la photo, c’est quand je suis allé acheter un pain de glace. Je n’avais aucune idée de si elle avait ça ou pas, mais elle en avait. Je savais que sinon, on m’aurait fait attendre et on m’en aurait trouvé ! Et à ceux qui se demande avec quelle eau est faite la glace, je répondrai : je l’ai désinfectée au rhum. D’autres questions ? OK, on peut donc reprendre notre épopée !

Vous finirez tous à l’asile !

Ce n’est pas une promesse, mais je crois que toute personne qui habite ou qui passe par El Nido finit à un moment où un autre à l’asile. Pour ma part, ça m’est arrivé et je vais dans un instant vous expliquer comment.

Ah non, pas d’attente dramatique aujourd’hui, vous en avez déjà subi un il y a quelques lignes à peine.

Palawan, ses plages
El Nido, ses arnaques à touristes
Palawan, ses plages. El Nido, ses arnaques à touristes…

Nous arrivons donc à El Nido « centre », et là je me mets en quête d’une pitance, quand mon odorat affûté détecte à proximité immédiate une source de réconfort pour mon estomac, j’ai cité : un barbecue. En pleine rue bien sûr, puisqu’on y fait griller des petites brochettes à l’usage des généreux clients. Je constate qu’il n’y a que des locaux sur celui-ci (il y en a d’autres, eh oui on ne peut rien vous cacher). N’écoutant que mon courage et ayant en tête les conseils des médecins occidentaux qui vous mettent en garde contre les légumes crus, souvenez vous bien qu’il faut manger des choses bien cuites, hein, pas de fruits pas de légumes rien de cru, vous aurez le scorbut oui mais bon au moins pas la gastro, bref, là les brochettes elles sont bien grillées, dorées à souhait. Des brochettes de quoi ? Bin, de pattes de poulet bien sûr. J’ai dit pattes, hein, pas cuisses !

Brochette terreur

Gloups. Alors bon, j’ai l’habitude de goûter toutes sortes d’horreurs, vous l’avez déjà constaté, mais le coup des pattes de poulet ça a un côté vaudou plus qu’un côté appétissant. On se demande : ça se mange ça ? Mais on y mange quoi ? Bah, c’est pas cher, 2 pesos, faisons nous une frayeur-souvenir.

Et en tout état de cause, c’est plutôt pas mauvais du tout. OK, ça vaut pas une gargote, mais c’est pas mal. Et j’ai des preuves, en images :

Une brochettte de... on sait pas trop quoi !
Une brochettte de… on sait pas trop quoi !

Arnaud quant à lui se contentera d’une brochette de saucisse, visiblement bonne aussi vu la vitesse à laquelle elle disparaît.

Allez, on avise un bar, on va boire un petit coup. La nuit tombe, on est dans un bar discothèque resto club un peut tout. C’est rigolo 5 minutes, mais la musique est forte et demain on a une chouette journée. On croise en sortant d’autres touristes (Italie, USA, Australie) : tout ce joli petit monde s’encanaille avec les autres touristes du coin au QG des touristes, j’ai nommé le fameux « art café », un temple pour touriste occidental friqué. L’internet y est « gratuit si on consomme », les consommations à un tarif double de ce qu’on a vu à l’autre bar. De quoi rendre fou ! Mais bon, puisque le Lonely Planet dit que c’est ce qui se fait de mieux, tout le monde y va. Bêêêê !

Non mais c’est vrai, allez, je sais je râle souvent contre ce genre d’approche, mais allez-y et vous verrez : le Artcafé est une île hyper-occidentale en plein océan philippin. Mais si vous venez aux Philippines, à Palawan, c’est pour vous retrouver en occident ?

Arnaud n’est pas forcément fan de cette ambiance, moi non plus. On part aussi vite que possible et on rentre au dodo.

Quoi ? Ah, l’asile ? On y arrivera, plus tard…

A demain, d’ici là rien de dramatique! Ah si, tiens, c’est vrai… (mais en attendant, un joli coucher de soleil nous attend)

Il y a un effet amusant et même étonnant dans cette plage. Dans l’eau, en pleine nuit, on se baigne un coup pour profiter de l’instant; or je constate que quand je nage, mes mains émettent de petites étincelles dans l’eau. Je vous rassure, je ne suis pas devenu un générateur haute tension, c’est juste une sorte de traînée luminescente qui suit mes mouvements dans l’eau. Après observation attentive en bon scientifique, j’en ai conclu que mes mouvements créaient des micro-bulles d’air, et que ces dernières reflétaient la lune qui était très lumineuse cette nuit. N’empêche, ça fait un peu rigolo d’avoir des mains magiques ! Les habitués du phénomène peuvent se marrer, moi je l’ai découvert là-bas. Chacun son tour !