En route pour Taytay ! Après quelques pérégrinations qui sont devenues presque la norme (le bus est là-bas… ah non il est ailleurs… ah non c’est bien bien celui là-bas… ah non… ah si…) on monte à bord d’un bus presque pas flambant neuf. Le seul truc qui flamberait ça serait le carburant… et la couleur des sièges, d’un rouge plastifié vif, ambiance Happy Days à bord !
Et là, ainsi que je vous l’avais dit : c’est le drame !
Le bus est particulièrement plein, bondé, débordant de passagers à tel point que 2 philippins sont accrochés sur le marchepied de chacune des deux portes. Je passe sous silence le fait que le toit est couvert d’une épaisseur importante de bagages, surmontés d’une égale épaisseur de passagers supplémentaires. Je pense qu’on doit atteindre, sans mentir, un bon double du nombre de passagers prévus par le constructeur de l’engin.
Musique !
De toute façons, la peinture fait tenir la carrosserie, mais ce qui marche bien c’est le système son du chauffeur. Remplacé astucieusement et dramatiquement par un bricolage de sa confection, nous aurons droit à un remix de Barbie Girl à plein tube pendant une bonne demi-heure, avant que le bidule finisse par changer de chanson et à déverser de la dance à des volumes sonores que pourraient lui envier les discothèques les plus équipées !
à fond dans la descente
Ceux qui me connaissent ne doutent pas de mon affection pour la musique électronique et pour la dance, mais là au milieu de nulle part, avec poussière à droite et casier à provisions à gauche, forêt luxuriante devant et route défoncée ne méritant même pas le terme vaniteux de sentier, traversant cet univers digne d’un delirium tremens à la vitesse d’un escargot essoufflé (en montée) ou d’une avalanche de classe 5 (en descente), je trouve que ça donne un peu de décalage (je parlais de la musique, si vous avez suivi).
rizière vue depuis le bus
Dans certaines montées, malgré l’élan maximum pris par le chauffeur au mépris de toute raison et parfois même au défi des lois de la physique, il faut que certains passagers sautent en marche (mais ils vont plus vite à pied que nous) pour que le bus continue son ascension. Le paysage est superbe, là aussi particulièrement varié : des montagnes, des rizières, de la jungle, de petits villages…
la jungle luxuriante de Palawan
Tout à coup, la route devient toute neuve. C’est un véritable billard, je n’avais pas vu une telle qualité de route depuis l’Europe. Le bus fonce à pleine vitesse, marquant parfois des arrêts dans les endroits les plus inattendus. A chaque étape, le ballet des colis qui montent et descendent du véhicule est passionnant. Ici c’est une série de casseroles qu’on dépose, là c’est une grappe d’enfants qui monte à bord. Le bus fait clairement le service des livraisons. Parfois, les arrêts sont vraiment au milieu de nulle part…
Après un panneau touristique antédéluvien annonçant fièrement un lac que nous irons voir ensemble plus tard (ce sera dramatique, je vous le promets), nous passons à toute vitesse devant ce qui semble être un hôpital, puis arrivons à un rond-point ! Oui, ici aussi cette gangrène dépensière et mafieuse est arrivée. Jouxtant ledit rond-point, c’est la gare routière de Taytay.
un panneau touristique décrépi
Anecdote amusante : pendant le trajet, le « contrôleur » a parcouru tout le bus, majoritairement par les extérieurs (ne cherchez pas, ce n’étant pas prévu par le constructeur mais il l’a fait quand même). Pour preuve : voici mon billet qui a bien été grignoté par le poinçon !
Qui n’a jamais rêvé de conquérir ces mondes inconnus, lointains, éthérés à coup de rhum-coca… Il faut dire que le fait est relativement facilité par deux étapes particulièrement subtiles.
une belle vue sur mer ça donne soif
Etape 1 : quand les tarifs des boissons alcoolisées du petit resto dont nous parlions à l’instant sont à quelques demi-cacahuètes identiques voire inférieurs à ceux d’un simple jus de fruit, le choix se porte rapidement vers les rhum-coca et autres joyeusetés.
Etape 2 : en sortant du resto et en prenant à pied le chemin du cottage, nous passons par la plage : tournez à gauche après la station Caltek, sinon vous irez dans l’eau. Or, dramatique signe du destin, se dresse juste avant l’établissement qui nous héberge, un restaurant bar boissondrôme. Ici aussi, il y a du rhum coca. Testons quelques verres, pendant que les étoiles se reflètent dans mer, et parlons du bon temps en vérifiant que le rhum a le même goût…
un bateau à Port Barton
Non, ça n’a rien à voir avec les litres de vodka éclusés à Iekaterinbourg en 2005 avec Seb & Alex, mais bon avec l’altitude (1m50 ?) ça finit par taper… Allez zou, au dodo. On n’aura pas vu la fin des répétitions du spectacle pour le 50e anniversaire de la fondation de Port Barton. Mais j’en aurai profité pour apprendre qu’Arnaud compte acheter un bien immobilier. On a donc trouvé comment lui tirer les vers du nez ! Nos femmes nous manquent. On réalise qu’on est des privilégiés : pouvoir partir « seuls à deux copains » au bout du monde, c’est une chose que certains couples ne tolèrent pas. Heureusement pour nous, on a ce privilège. On file au lit.
Jour 8 : Jeepney power : Port Barton – Roxas
Il est temps de partir pour Roxas, notre prochaine étape pour rejoindre Taytay. Le route se fera en jeepney. Nous nous levons à l’aube (il doit bien être 9h) pour prendre le jeepney. Il est facile à trouver, il est juste devant le « Bamboo », c’est d’ailleurs le seul jeepney présent. Il est, comme ça semble être la norme, extrêmement bariolé et déjà recouvert d’un bon nombre de bagages, dépassant de loin le nombre de ses passagers. On s’acquitte de notre trajet et on embarque. Il n’y a que des touristes à bord –déception. Le jeepney part tout de suite, et tourne en rond dans le village pour revenir à proximité de la station Caltek. Quelques passagers nous rejoignent, et nous partons.
jeepney à Port Barton, avant le départ
A la question « comment on pouvait être sûr que c’est le bon jeepney ? » j’ai donc deux indices essentiels : déjà c’est le seul, mais surtout regardez bien la photo, il est écrit « Roxas » sur la vitre avant, et ça tombe bien nous allons à Roxas !
élèves à Port Barton
Quelques centaines de mètres après avoir quitté Port Barton et ses banderoles « 50th anniversary foundation Port Barton », dont certaines sont faites de sacs plastique colorés suspendus à un fil de téléphone, la route n’est plus en béton mais devient une voie gravillonnée, puis une voie terreuse, puis boueuse, puis… parfois, on serpente entre les ornières détrempées, d’autres fois on passe sur deux grosses traverses de bois parallèles au sens de la route et qui se révèlent être un pont, une autre fois même on passe à gué pour ne pas utiliser le pont qui semble en trop mauvais état pour supporter le choc… Mais le jeepney avale la route sans encombre, rien ne lui résiste et le pilote (je n’oserai pas l’insulter en le traitant de chauffeur, vu les exploits de conduite constatés) gère son engin d’une main de maître. Le décor passe de la jungle luxuriante aux rizières.
pilotage en jungle
De grandes collines ponctuent le paysage. Par endroits, du riz sèche à même la route, sur les quelques dalles de béton présentes; le jeepney contoune.
Cette partie du trajet est très intéresante en termes de paysages, je dirais presque « décors » tellement on peut trouver ça vraiment beau. Les teintes de vert sont nombreuses, la diversité à chaque virage tend au dramatique. (héhé, vous avez vu comme j’ai réussi à le placer de façon subtile celui-là)
Soudain, la route rejoint une grande route avec enrobé et marquage au sol, qui est certainement celle qui relie Puerto Pricessa à Roxas. Le jeepney file à toute vitesse et arrive à l’heure à la gare routière de Roxas.
Gare routière de Roxas
Enfin je dis « à l’heure », vu qu’on n’a pas les horaires et qu’on ne nous a rien promis…
Le marché et la gare routière de Roxas
Deux touristes qui étaient avec nous quittent le jeepney pour aller voir Roxas. On les verra revenir à la gare routière quelques minutes plus tard; apparemment il n’y a rien d’intéressant pour eux à Roxas. Pour nous, la destination suivante est déjà prévue : un autre bus/jeepney/surprise à destination de Taytay.
La gare routière de Roxas ressemble à celle de Puerto Princesa. On repère rapidement qui est « le-gars-à-qui-il-faut-demander », et il nous indique un endroit pour attendre le bus de Roxas. Dans une heure, dit-il. OK, on va attendre là.
marché de la gare routière de Roxas
Il y a juste à côté un grand marché couvert, et des boutiques en pagaille qui vont du barbier-coiffeur au vendeur de pièces détachées automobiles en passant par tout et pire encore. Je file au marché, et y trouve des bananes pour 1,50 ₱ ou un burger fait devant vous pour 15 ₱ : un vrai avec un gros bout de viande hachée et des vrais ingrédients « du marché » (et pour cause, on y est au marché !)
bananes !
Les toilettes sont payantes (2 ₱ pour un pipi, 4 ₱ sinon, mais n’espérez ni eau ni papier WC ni porte qui ferme bien). Âmes sensibles trop occidentalisées, s’abstenir. De toute façon, le lavabo est pour la déco, il n’y a pas d’eau au robinet et l’évacuation n’est pas branchée.
Mais il y a un bidon d’eau croupie, si vous voulez.
WC à la gare routière
Heureusement, le marché (couvert pour une partie) est un vrai bonheur à lui tout seul, il vaut le temps d’y passer un moment. Il n’y a pas de touristes ici, vous êtes vraiment en plein coeur de la « vraie » vie locale. Il y a beaucoup d’étals, on peut manger sur place avec des petites choses préparées devant vous, comme je l’ai dit plus haut. Les prix sont terriblement bas. J’ai acheté des mini-bananes, mais j’ai été tenté par à peu près tout ce que je voyais. Malgré ma tête bien blanche et mon allure clairement étrangère, je n’ai pas eu (trop) le sentiment d’être pigeonné ; je suppose que l’effet de surprise a joué pour moi.
coiffeur Nick’s master cut !
Le marché est situé à environ 100m de la gare routière à proprement parler, il y a entre les deux une sorte d’avenue de gros gravier blanc et de poussière où circulent les véhicules les plus divers. Juste à côté, il y a une boutique de pneus, un coiffeur qui officie directement sur sa « terrasse », une échoppe de bidules en plastique. Le va-et-vient incessant des personne est un spectacle à part entière. Je passe ainsi quelques secondes à observer, sans pour autant « fixer » qui que ce soit afin d’éviter toute « agression visuelle ».
Les véhicules les plus divers se croisent dans un nuage de poussière. Des enfants jouent au milieu des camions, des bus et des tricycles. La zone est immense, ce qui est étonnant pour une si petite ville.
une petite vendeuse à la gare routière
Une jeune vendeuse de boissons et de snacks tente de gagner un peu d’argent auprès des passagers qui attendent. Pendant ce temps, des enfants jouent avec des gobelets en plastique pour passer le temps.
un bambin patiente en jouant avec des gobelets
Ici, loin au cœur des Philippines et bien qu’étant sur une île touristique, il y a très peu de « blancs » : nous faisons l’attraction. On nous prend en photo !
Mais voici le bus qui arrive (paraît-il)… On fonce, histoire d’avoir une bonne place. Et là, c’est le drame !
Je crois pouvoir dire sans fausse modestie que j’ai goûté par mal de choses (le lecteur assidu se souviendra avec amusement de mon voyage en Sibérie et du marché de Pékin à titre d’exemples), mais là on dépasse toutes mes espérances les plus imaginatives. Le balut, c’est un œuf qui a été « un peu » couvé, et qu’on cuit comme un œuf dur alors que le poussin est déjà partiellement formé. J’appelle ça un « œuf germé » faute de meilleur terme.
Balut : oeuf germé
Une fois la coquille enlevée, vous faites face à un corps cartilagineux blanchâtre (probablement le blanc de l’œuf qui a commencé à travailler), qui entoure une masse jauno-grisâtre. Il est temps de déguster cette horreur.
l’intérieur d’un balut
Le blanc a une texture assez désagréable, un peu comme du cartilage. Le reste a un goût et une texture que je situe entre le jaune d’oeuf dur et le bec de poussin, avec quelques plumets en prime. C’est atroce ! Le sel aide à tout faire passer. Les jeunes philippins qui nous ont vu acheter ça et qui en consomment régulièrement (c’est, semble-t-il, un plat assez apprécié) nous regardent de loin en rigolant.
Philippines : hamac et vacances relax
Bah, c’était pas si dur, et même pas un mal de ventre le lendemain ! Mais non, je ne le referai pas tout de suite, chacun ses goûts. L’important était de goûter, de partir à la rencontre des traditions locales ; c’est fait, et je ne le regrette pas du tout.
Retour au cottage, la douche fuit toujours. Demain, on fera une provision d’eau dans le bidon et on fera couper le robinet.
Il est temps de se coucher pour de bon. Demain, ça sera une dure journée !
Jour 7 : severe glanding in Port Barton
Ah, les vacances… Ce dur moment où, pendant qu’Arnaud se perd sur la plage, des millions de personnes se ruent sur les portes du métro, et que… Quoi ? Ah, comment il a réussi son coup de se perdre ?
Depuis le hamac, la vue est imprenable !
Sur une plage qui fait (au bas mot) 200m de long, et sachant que notre cottage qui est juste au bord de la plage se situe également non loin du milieu de ladite plage, le tout dans un village avec 4 rues et qu’on squatte déjà de puis plus de 24 heures ?
Beuh, c’est facile. La marée mon cher, la marée ! (ou pas)
Après manger, on se refait donc une petite exploration, cette fois-ci on reprend la rue principale (tous les stands ont été rangés et ont disparu, la fête est bel et bien finie, je pense qu’on a eu beaucoup de chance d’assister à une vraie fête locale), nous repassons devant l’école élémentaire. Là, des dizaines de petits et petites philippines sont dans une cour immense (j’estime à plus de 150 m sur 150 m, le tout entouré de divers bâtiments qui sont visiblement des salles de classe, l’ensemble étant entouré d’une petite barrière. Et au milieu, il y a un drapeau des Philippines; nous arrivons juste au moment où les enfants s’alignent, les enseignants face à eux, et que l’hymne est chanté pendant que le drapeau est monté au mat. On sent que l’héritage du colonialisme américain est encore très fort.
Philippines : les jeunes jouent au basket, influence américaine ?
C’est à ce genre de détails (sans importance ?!) que je vois partout mais qui se fondent dans l’ensemble : prises aux formes américaines (mais au voltage 230V), lever du drapeau, écoles avec une « mission » et une « vision » écrits en grand sur les murs, sport national qui est le basket alors que la taille moyenne des joueurs est très inférieure à ce qui est d’usage dans ce sport, etc. Un bien ou un mal, je n’ai pas l’intention de juger. C’est un simple constat.
La balade continue. On fait le tour de la High School, puis on prend un petit chemin sur la gauche. On arrive dans une zone avec de belles maisons en bois, puis on revient sur le « centre-ville ». J’en profite pour acheter des cartes postales, et je prends avec des timbres pour l’Europe. J’ai l’impression qu’on m’a escroqué sur le prix des cartes, mais après tout le touriste est là pour ça alors faisons comme si on n’avait rien vu.
De retour au hamac, je commence à rédiger mes cartes, quand je réalise que je n’ai pas encore vu une seule boite aux lettres aux Philippines. Qu’à cela ne tienne, on avisera !
Depuis le hamac, la vue est imprenable !
Arrivent alors quelques jeunes filles de l’école, en uniforme, qui nous demandent des sous, une « souscription » pour « concrete the fence for the High School of Port Barton ». Mwais… Oui, mais non. Désolé les filles ! D’ailleurs, une petite averse arrive juste à ce moment. Arnaud et moi nous nous réfugions au « Bamboo » (le resto qui vend des cartes postales) pour y
La pluie fine gâche le paysage
grignotter un truc. C’est bien, mais sans exploit, ça vaut tout juste une gargotte.
L’autre resto qu’on fera le soir est nettement mieux : c’est le petit « R » marqué sur le petit plan que j’ai fait avec mes petits doigts et le petit clavier de mon petit ordinateur pour illustrer ce petit site, ok j’arrête si ça fait plus rire, fallait le dire aussi non mais c’est vrai d’abord, pourquoi vous me laissez toujours partir dans des délires parce que hein vous êtes là aussi pour réagir et que… on va pas en faire un DRAME !
Tout à coup, alors que je me sens tout tranquille, à manger en terrasse ma fin de poisson frit dans la pénombre d’un éclairage aux ampoules économiques faméliques, arrive Dong.
Vous vous souvenez, c’est le gars qui nous a trouvé la bonne place où nous sommes, et qui a tellement été attentif à notre demande qu’il nous avait refilé le mauvais cottage avec le grand lit simple. Le revoilà maintenant, toujours souriant, il veut me proposer un tour en bateau. Pour aller à El Nido. Je lui explique donc que non, désolé, mais on n’ira pas en bateau.
Il insiste en demandant où nous allons aller, et si nous irons à El Nido. A un touriste qui doute ou dont la représentation géographique est capable d’erreurs, il aurait vite fait de nous faire croire que El Nido est accessible uniquement en bateau.
Mais pas de chance, je sais que c’est faux, et de toute façon la prochaine étape n’est pas El Nido. Et nous irons par la route, comme le lecteur perspicace l’aura deviné.
Alors, Dong s’en va. Mais quelque chose me dit qu’on va encore le recroiser demain…
sur la plage de Port Barton
L’accueil du resort est maintenant tenu par deux jeunes (environ 20 ans), on discute un moment. Arnaud se réveille, on va faire un petit tour le long de la plage, et on découvre avec amusement un resto monstrueusement autoproclamé « meilleur de Port Barton », bardé d’affichages tapageurs qui expliquent en long et en large qu’ils sont les meilleurs, qu’il n’y a quelques privilégiés qui pourront en profiter, qu’il faut réserver (les tarifs, eux, sont tout petits si on s’en tient à le description de la taille des caractères, mais pas pour la valeur financière affichée qui est particulièrement élevée). Mais devinez quoi ? Ledit resto est encensé par le fumiste guide dont je vous ai déjà parlé en presque-bien. Renseignement pris auprès de quelques touristes croisés plus tard dans Port Barton, cette gargote est infâme et chère.
Le visiteur curieux se fera son propre avis, mais ça pue l’arnaque à touristes à plein nez. Déjà, tout est écrit en anglais, c’est louche…
le terrain de basket de Port Barton, Philippines
Après avoir vu les quelques dernières minutes d’un match de basket (commenté au micro, je vous raconte pas la saturation du bidule, vous imaginerez très bien) sur le terrain « officiel » de Port Barton, nous retournons au Elsa’s Beach House Cottages and Restaurant. Il est temps de se coucher, les moustiques se sont levés.
Arnaud sort son oeuf musical MP3, on va pouvoir écouter quelques notes électroniques avant de dormir.
Et là, c’est le drame !
Port Barton by night
Les piles sont mortes ! Tant pis. De toute façon, il n’y a pas l’eau non plus, la douche reste donc à sec, et on verra ça demain. Demain ? Non, je vais faire mon râleur à l’accueil. Un gars, avec une lampe, vient ouvrir un robinet à l’extérieur et en effet, on a l’eau… mais ça fuit ! Impossible de fermer le plic-ploc dans la salle de bain. On comprend donc pourquoi le robinet extérieur était fermé…
Mais il est temps de retourner faire un tour « en ville », on n’a pas envie de dormir tout de suite. Chance, c’est soir de fête à Port Barton : le match de basket n’était que le début d’une fête de village. Les stands se sont installés le long de la rue pricipale : j’achète une brochette de banane braisée (2 ₱), Arnaud tente une sorte de saucisse. Il y a des jeux d’argent aussi, et même les très jeunes enfants font des paris sur une sorte de jeu de hasard : vous placez un billet sur une combinaison de deux couleurs (vert-vert, vert-rouge, rouge-jaune, etc) et on lâche 3 énormes dés retenus sur un axe, et en fonction des couleurs obtenues par les dés, on gagne ou on perd. Il y a aussi une sorte de « roue de la fortune » avec des couleurs. Les joueurs jouent des petits montants (2 ou 5 ₱) mais jouent vraiment en espérant gagner. J’ai l’impression que la pauvreté a un rôle non négligeable dans cette addiction au jeu.
Malgré cela, l’ambiance de cette fête de village est agréable. Il y a une véritable petite foule, les enfants courent et jouent, les adultes discutent tranquillement et il y a très peu de touristes.
Plus loin, Arnaud a repéré un petit vendeur qui propose des « balout » dans un vieux tupperware. Euh, je sais pas, c’est quoi un balout ?
Vous m’avez cru quand je vous ai dit qu’il n’y avait pas de drame ? Ah ah ah ! Dire que j’arrive encore à vous avoir après tout ce temps !
Imaginez le décor. Nous sommes le matin, et après un petit break (un coca, quoi), et de nombreux « impacts » (moustiques de m—–), une délicate et fine pluie se met à tomber. Rien de bien méchant, on dirait un crachin anglais réchauffé. Juste assez humide pour mouiller tout ce qu’on porte, pas assez ruisselant pour inciter à se mettre à l’abri. Une saleté de pluie, comme on ne les aime pas.
Heureusement, alors qu’on commence à douter sur la durée de cet épisode pluvieux, les nuages cessent leur vidange intempestive, et le flux des philippins reprend. Ce que j’entend par flux, c’est un nombre dépassant celui qu’on peut compter sur les doigts d’une main, dont chacun des spécimens rencontré présente les mêmes caractéristiques, à savoir :
un sourire béat,
une grande envie de nous demander comment nous allons, où nous allons,
entendant « Port Barton », une envie encore plus chaleureuse de nous vendre des billets de bateau,
apprenant que nous les avons déjà, une disparition quasi immédiate à destination du prochain pigeon.
Le même processus se répétera jusqu’à notre arrivée sur le quai/port/socle en béton où nous avons déjà pris le bateau pour la rivière souterraine. Quelques philippins jouent au basket.
Après avoir rempli l’éternel registre, nous pouvons donc accéder au bateau qui est intégralement rempli de touristes à l’exception du personnel de bord.
à bord du bateau : que des touristes !
En bateau pour Port Barton
Nous partons pour 3 heures de navigation. Le bateau est une grosse bangka et semble solide, le moteur ne fait pas un bruit aussi indélicat que l’autre. Je suis serein pour cette traversée. Arnaud, qui a développé une aversion pour les rencontres inter-touristes (ce que je peux comprendre, dans une grande mesure), s’enferme dans une contemplation totale de l’immensité bleue. Il faut dire qu’en effet, c’est un chouette décor que nous avons là, nonobstant quelques nuages résiduels.
la vue est belle pendant la navigation
Très vite, Sabang devient un mauvais souvenir. Des poissons volants attendaient justement notre passage pour faire les malins, et j’admets que c’est la première fois que j’en vois. La dernière fois, c’était dans un des premiers épisodes des Cités d’Or, et depuis plus rien. Autant dire que là, je suis très enthousiasmé. Et le pire, c’est que ça vole longtemps ces bestioles !
Port Barton
Et nous arrivons à Port Barton, sous un ciel gris et menaçant mais sans pluie. Port Barton est placé sur une petite baie un peu refermée.
Plage à Port Barton, temps couvert
Nous commençons donc notre exploration de Port Barton par un accueil chaleureux et sympathique d’un placeur local (il s’appelle Dong, notez pour le repérer car nous allons le revoir plus loin dans ce fabuleux et dramatique récit de voyage). Nous nous installons pour un petit repas bien sympa, et une pause sur le hamac. Et nous voilà donc installés au « Elsa’s Beach House Cottages and Restaurant ». Franchement, c’est un excellent compromis. Le tarif est de 700 à 1000P la nuit, pour des cottages individuels directement en bord de mer. Position approximative : 10°24’40″N,119°10’35″E.
la plage vue de l’autre sens
Arnaud n’ayant pas pris de chaussures, la balade vers le Sud est rapidement abandonnée. Il n’y a rien de bien exceptionnel de ce côté là de toute façon, si ce n’est le plaisir de suivre un petit sentier et d’arriver dans la maison d’un gars réellement sympa après avoir croisé des poules et traversé un petit pont surplombant des embarcations en piteux état.
le basket, sport national aux Philippines
Côté Nord, une route (enfin une piste accessible en 4×4) grimpe sur la colline. A l’approche d’une antenne, des aboiements furieux et la vision d’un clebs en liberté nous incitent à rebrousser chemin. Une autre branche de la même route est supposée aller vers un endroit intéressant, mais à part un américain en moto accompagné d’une jolie et très jeune philippine ainsi que de bières fraîches, nous ne rencontrons personne. On finit par faire demi-tour et rentrer à Port Barton.
Elsa’s beach resort, Port Barton
Port Barton me plait davantage que Sabang. Il y a bien sûr quelques établissements pour touristes au bord de la plage, mais il y a un vrai village dès qu’on revient d’une ou deux rues vers l’intérieur des terres. J’ai pris quelques minutes pour dessiner un plan approximatif pour ceux d’entre-vous qui iront peut-être un jour là-bas.
Première visite de Port Barton
Le village compte 4 rues principales qui partent de la mer et vont parallèlement vers les terres. Seule la 2e en partant du Sud a une longueur raisonnable, et devient ensuite la route qui mène à Roxas et rejoint le reste de l’île.
Dans l’autre direction, il y a 2 rues principales, qui vont Nord-Sud et recoupent les 4 rues. Au Sud, un petit cours d’eau, au Nord un autre ruisseau. Le long de la route de Roxas, on trouve un terrain de basket couvert-ouvert, et l’école de Port Barton, d’un côté l’école élémentaire (énorme) et de l’autre, après le terrain de basket, la High School. ll fait chaud, nous rentrons à notre cottage. Et là, c’est le drame.
l’école de Port Barton
Il faut dire que ça va maintenant faire 3 fois qu’on revient à la charge à l’accueil au sujet du changement de lit. Pour l’instant on nous a refilé un lit double, et on a bien demandé deux lits séparés, ce à quoi il nous a été dit « oui » sans ambiguité. Arnaud, qui est crevé, s’est allongé sur le lit et dort déjà. J’en profite pour relancer la tenancière des lieux, et je vois alors la création totale en direct de la chambre, avec un gars qui fait le transport de matelas, deux filles qui installent les draps et placent les moustiquaires, et finalement on me remet les clés. J’explique qu’Arnaud roupille dans l’autre cottage, et qu’il faudra donc attendre qu’il se réveille pour le transfert complet.
bangka à port barton
Pendant ce temps, je mange un poisson frit avec du riz, et c’est bien bon. Un chat, qui a repéré que je ne suis pas du coin, récupère les arrêtes et s’empiffre. Le staff au complet est, pendant ce temps, scotché devant une espèce de vague série à la télé, un feuilleton local (probablement drôle car il y a des rires de sit-com dedans, même si les spectateurs ne rient pas) où les acteurs sont des mômes.
Je suis bien tranquille ici, mais tout à coup, c’est le drame !
Vous avez forcément compris qu’on était à la fois assez motivés, timides, étonnés, curieux, flattés, bref un peu de tout ça, de pouvoir dîner chez l’habitant, en l’occurrence la demoiselle qui s’occupe des quelques locaux où nous dormions. Oh bien sûr, on se doute bien qu’on n’est pas les premiers, et que c’est probablement une partie de ce que la plupart des touristes dans notre genre peut espérer. Néanmoins, on est bien contents d’être invités.
Chez l’habitant aux Philippines
A l’heure où le soleil est couché et où les générateurs permettent aux téléphones portables de fonctionner, nous nous rendons donc au lieu convenu. Nouvelle hésitation à l’arrivée sur site : il semble y avoir deux entrées, et comme je ne sais pas où est planqué le clebs, et que je n’ai pas l’intention de me faire niaquer le mollet pour avoir pris la mauvaise porte, on fait un brin de bruit pour s’annoncer. « Hel-lô-ô ! » (vous voyez le genre)
Table et salon à Palawan
En fait, il n’y a tout simplement pas de porte. Le mur, d’ailleurs, est également percé de « fenêtres » (sans vitrage) et de « trous ». Ce qui fait qu’il n’y a aucun doute, on va se faire bouffer par les moustiques. Heureusement, on a pensé à se oindre de truc antibestioles, et tant mieux. On nous fait asseoir dans un « salon » carrelé, sur des canapés un peu fatigués. Le chien me contemple passivement d’un air hagard, tout en observant attentivement… le karaoké à la télé !
Chez des philippins
Pendant ce temps, notre hôtesse et son mari préparent la cuisine… dans la cuisine. On s’approche discrètement, et on finit par prendre place sur des chaises dans la salle qui fait cuisine mais aussi chambre, et second salon de télévision. Là, c’est une sorte de film asiatique dans les rizières avec du kung-fu, des samuraïs en armure sur des chevaux et des banquets. Les spécialistes du genre auront bien sûr reconnu le célèbre Taïa-onn-kïhn. Ou pas. Incroyable de voir que dans cette maisonnette il y a 2 télés qui fonctionnent (et que personne ne regarde, à part le chien) mais pas d’eau courante.
les enfants ont l’habitude des touristes
En effet, l’eau courante n’étant pas arrivée jusqu’à cette maison, le jeune couple qui nous reçoit fait la cuisine avec bidon d’eau. Oui, vous avez bien lu, le « jeune » couple, qui a déjà trois bambins à son actif, ne doit pas dépasser les 45 ans à deux. Le générateur électrique ronronne à fond, le couteau tranche à vif, et la soupe chauffe.
Dîner traditionnel à Palawan
Nous sommes là, bêtas d’admiration devant les choses simples de la vie d’un couple philippin. Vous observerez avec délectation la découverte du citron local, tout petit comme une balle de ping-pong, tout vert, et idéal pour aller avec du gin ou pour arroser le poisson.
Ce soir, c’est poisson. Les quantités en cours de préparation sont impressionnantes…
Négocier, toujours négocier
La mer et quelques petits nuages
ça me fait penser à vous raconter comment on a négocié notre traversée en bateau pour la prochaine étape.
Le bateau : comment payer moins cher votre traversée de Sabang à Port Barton ?
Le tarif « standard » pour les touristes, est de l’ordre de 1200₱ par personne. Après négociation, et grâce à l’intervention discrète de la taulière, nous avons pu, via son cousin qui était posté au Villa Verde, obtenir nos billets pour 750₱ chacun. Autant dire que Danny, il pouvait toujours se rhabiller ! Et moi, de conclure une fois de plus que Sabang est un nid de vipères où les touristes se font plumer.
Philippines : les fameux bateaux
Parce que ce qui me semble certain, c’est :
qu’aucun philippin ne prend le bateau pour ce trajet
que le tarif reste totalement exorbitant, même d’un point de vue « occidental aisé »
D’ailleurs, et la description que je vous en ai fait aura fini de vous convaincre, Sabang n’est qu’un quasi-village, et surtout un repaire de touristes en bord de mer. Il en faut, mais pas pour moi. Fuyons !
Palawan : joueurs de basket
Mais avant ça, passons à table car le repas est prêt ! Nappe en toile cirée aux couleurs… d’un style différent de ce que mes goûts auraient pu choisir au premier instinct. Chaises plastiques et bois dépareillées, mais service verrerie de fête : on ouvre en effet le carton où ils sont rangés pour l’occasion !
A table chez la taulière
Monsieur et madame Lataulière passent donc à table, ainsi que leur triple marmaille et nous deux, touristes émérites et impatients de découvrir la cuisine authentique philippine.
On ne sera pas déçus : la quantité est astronomique. On dépasse de très loin ce qui sera nécessaire de nourriture pour si peu de personnes à cette même table.
Kid & food à Palawan
Et c’est tout simplement « chouettement bon » : du poisson, du riz, des citrons et de nombreuses sauces accompagnant et arrosant le tout, sortes de patates frites, calamars et autres, c’est varié et goûtu, vraiment un bon moment. Je reste dubitatif sur la quantité servie : peut-être aussi parce que je suis peu au fait des usages locaux, et je me suis posé la question. Est-ce qu’il fallait « tenter » de tout finir pour faire honneur aux plats ? Ou au contraire, fallait-il en laisser beaucoup, pour signifier que la quantité était très suffisante, sous-entendu que la distance financière entre nos deux hôtes et nous était, sur ce point, temporairement effacé, ou…
Mon alter-ego dans la cuisine
C’est incroyable comme de petites choses comme ça peuvent faire douter : que faire pour ne pas vexer, ne pas tomber dans la condescendance intolérable ou le dédain, ni considérer comme « normal » quelque chose qui ne l’est probablement pas ? Les voyageurs comprendront ce que je veux dire. C’est une petite part du « choc des cultures » (qu’on cherche, hein, ne nous leurrons pas) qui est inévitable quand on veut voyager de cette façon là, proche autant que possible des populations rencontrées. Dans tous les cas, ça vous invite à réfléchir, et c’est déjà pas mal.
Tout ça pour dire que ce repas était très agréable, et qu’il a été accompagné par des enfants pas plus étonnés que ça de nous voir.
Conclusion : la taulière arrondit ses fins de mois en faisant la tambouille aux touristes. Bonne idée !
Il est temps maintenant de nous éclipser. Le repas n’a pas été l’occasion d’une grande rencontre ou de discussions enflammées, c’est un peu dommage. En même temps, on ne parle pas le tagalog, et nos hôtes en ont peut être marre de raconter toujours les mêmes trucs aux occidentaux de passage. C’est un business ici, monsieur. Vous êtes à Sabang !
Ah bon. Et bien allons dormir, demain nous irons prendre le bateau pour Port Barton…
Ah, mes chers lecteurs ! Vous pensiez avoir réussi à trouver un moment normal dans ce voyage. Un matin serein où le voyageur se réveille au sursaut de l’aube, frais et dispos, souriant et prêt à profiter de l’air marin, de la plage de sable fin et de ce petit on-ne-sait-quoi de bonheur indescriptible que fournit tout moment où l’on choisit de se lever, volontairement et sans aucune autre contrainte. Il est vrai que ce matin du jour 5, à Sabang, aurait pu être de ce genre.
Plus encore, rien n’avait été planifié ou prévu avec détail. Oh bien sûr il est prévu qu’on aille voir cette fameuse Mangrove, mais sans plus de précision. L’agression moustiquienne de la veille aurait pourtant dû nous avertir que ce ne serait pas si simple, la Jungle mérite sa majuscule de noblesse, mais n’allons pas trop vite ! Ce matin était donc propice à un lever « à discrétion ».
Vue depuis notre logement à Sabang
Mais hélas, c’était sans compter sur les touristes (on reviendra plus tard sur le pourquoi, comme tous les touristes, tel Desproges qui expliquait que l’ennemi est con, il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui, vous voyez l’idée ? mais avouez que vous aussi vous avez pensé pareil au moins une fois pendant vos vacances) et les animaux. Les touristes donc, qui passent sur le chemin à quelques mètres de notre cottage et s’esbaudient s’égosillent hurlent, de bon matin, genre cor de chasse à pleine puissance :
Oh my God, it’s amazing! Beautiful! Look!!
(en anglais dans le texte)
La mégère en question qui tentait d’attirer l’attention du groupe de cloportes qui l’accompagnait montrait du doigt (oui, j’ai vu la fin de la scène par la fenêtre) un boeuf attelé qui prenait son temps sur le chemin.
Boeuf attelé, waouh
Rien de plus, rien de moins. Autant, j’admets qu’il est assez insolite d’imaginer la même scène sur le périph, autant là en pleine nature, au fin fond des Philippines, dans une zone où les habitants vivent de l’élevage (celui des animaux ou celui des touristes), oui c’est pas inintéressant mais pas au point d’y laisser sa voix. La Castafiore n’aurait pas démérité, mais là le ton de crécelle fielleuse dépassait l’entendement. Heureusement pour mon co-voyageur Arnaud, il s’était muni de bouchons d’oreille, craignant mes ronflements. La loi de Murphy prétend d’ailleurs, à ce sujet, que « ce sont toujours les ronfleurs qui s’endorment en premier ». J’en déduis que soit Arnaud ne ronfle pas, soit je m’endors avant lui.
Bon, bin maintenant qu’on est réveillés (Arnaud a réagi au mouvement que j’ai fait pour observer la greluche, pas au son qu’elle a émis), on se débarbouille vite fait et Arnaud prend la direction de la plage. Pendant ce temps, je file chez la taulière. Il est 9h30.
Le chien maudit
J’aborde la maison de notre hôtesse sereinement, quand tout à coup j’entends l’hymne caractéristique des membres de la race canine : un jappement. Si vous m’avez suivi dans mes précédents épisodes, vous savez que ce n’est pas le requin ou le coyotte que je crains, mais le clebs. J’aime pas les clebs. Sans raison, mais bon c’est comme ça, chacun son truc. Pas une terreur à hurler hein, de toute façon la connasse de ce matin l’a déjà fait pour moi, mais juste une vieille anxiété à la découverte de cette bestiole pourtant fort sympathique en apparence, qui s’approche, la queue remuante et le regard joyeux. Je m’arrête à l’entrée et j’attends qu’un habitant de la maison réagisse au « hello » que je viens de lancer.
chez la taulière
Un homme sort par la droite de la maison, et la taulière par la gauche. Vous avez remarqué que j’utilise le mot « taulière », c’est à dessein : on l’a utilisé tout le long du voyage, pour chacun des hôtes et hôtesses qui nous hébergeait, sans distinctions d’âge, de catégorie sociale ou de couleur des ongles. La demoiselle de cette fois est assez jeune, et elle s’approche. Je lui explique mon objectif du jour : j’ai une de mes sandales qui a craqué, je cherche donc un shoe repair. Elle m’explique alors qu’elle va le faire, mais si mais si, bon d’accord si vous voulez merci c’est gentil.
Plage à Sabang
Et je rejoins Arnaud à la plage. Pour aller à la plage, il suffit de traverser la mangrove. A cette heure, grâce à la marée, elle est assez basse. La mangrove, pour ceux qui découvrent le concept, c’est un bras de rivière qui arrive dans la mer, mais c’est tellement plat que les eaux se mélangent un peu, que le courant est quasi-nul et qu’on ne sait pas vraiment où est la limite rivière-mer. Si on rentre un peu dans les terres, la végétation luxuriante de la Jungle va jusqu’à avancer littéralement sur l’eau, on n’arrive donc pas clairement à distinguer les berges non plus. Dans la Mangrove, on peut trouver toutes sortes d’animaux, oiseaux, bestioles rampantes ou nageantes, volantes… Mais rien de dangereux à l’horizon, je traverse.
Au niveau du passage, il y a quelques bateaux en réparation, l’eau monte grosso-modo jusqu’au au niveau des genoux. Ensuite, on rejoint une superbe plage qui doit faire dans les 500m de long, sable fin et décor de carte postale. Arnaud est déjà en train de nager dans la mer. Je prends un petit moment pour faire quelques mouvements (j’ai découvert il y a peu le Qi-Gong et c’est bien sympa de pratiquer dans ce genre d’endroits). Il n’y a que nous. C’est chouette les vacances !
On s’en paye une bonne tranche. C’est vraiment chouette !
On est bien à Sabang !
On retourne au Cottage, on se change, et on se dirige vers la Mangrove, à peine plus loin sur le chemin, là où la taulière nous a indiqué un bâtiment pour touristes. Je suppose que c’est de là que partent des petits bateaux pour faire un tour sur la susnommée Mangrove, ça tombe bien c’est notre projet du matin. Let’s go !
Mangrove tour… with real moskitos inside -live!
A quelques dizaines de mètres à peine de notre cottage, la « route » (en terre battue, là où ce matin une maniaque hystérique s’égosillait devant un bœuf) se termine et on trouve là un bâtiment et une sorte d’abri en bois. Et une petite grappe de philippins, qui nous demandent si on est venus pour faire un tour sur la mangrove.
La mangrove, brune et humide
On serait bien allés cueillir des fraises, mais puisqu’on est là, on paye nos 300₱, on signe le registre, et on embarque à bord d’une bangka à rame. Comme ça au moins, pas de risque de panne moteur. Le jeune philippin qui nous guide nous explique d’ailleurs dès le départ qu’il faudra être silencieux, pour entendre la faune et pouvoir l’observer. Nous sommes donc partis à contre-courant (expression bien délicate tant il semble difficile de déterminer le sens du courant autrement que par déduction de la position de la mer).
La Mangrove est habitée d’insectes, de serpents et de quelques singes. Et de touristes.
La bangka file sur l’eau sans un bruit.
Comme le disait un certain chanteur (dont je vous laisse le soin de retrouver le nom), « even tall trees bend ».
Et bien là aussi : les arbres penchent, se courbent, du haut comme du bas. La limite entre la Mangrove et la Jungle est difficile à déterminer avec précision. La végétation empiète sur les deux, et la plupart des plantes, arbres, arbustes ont de grands troncs et de multiples racines, où là aussi il est difficile d’être sûr de soi quant à la détermination des limites : les photos ci-dessous
Petit tour dans la mangrove à bord d’une embarcation locale
vous laisseront découvrir en images cette balade sur la Mangrove. J’ai peu de photos de faune, mais on a vu de nombreuses bestioles, des petites larves aux crabes en passant par les serpents perchés dans les arbres juste au-dessus de nous (nombreux, pas juste un seul), des sortes de gros lézards, un singe, etc. Cette balade est très agréable et vraiment immersive pour ce qui est de la « non-plage ».
Comme vous le constatez, l’eau est particulièrement boueuse et trouble. La végétation luxuriante se compose principalement d’arbres à feuilles assez hauts et de buissons,
deux touristes heureux se font dévorer par les moustiques
le sol est en terre noire qui ressemble à de la glaise (quand on voit le sol !) et l’ambiance sonore est très variée : on passe du silence à une nuée de cris de toutes sortes d’animaux, parfaitement indifférenciables pour l’européen moyen. On m’aurait transporté là et dit que j’étais en Amazonie, j’y aurais cru. La Mangrove est large d’environ 20 à 30 mètres selon les endroits. D’après ce que j’ai cru comprendre, cette balade en barque est assez récente et a pour l’instant peu de succès face à la célébrissime Rivière Souterraine.
Serpent suspendu dans la mangrove
A titre personnel, j’ai aimé les deux, et je les recommande les deux.
Je recommande aussi chaudement l’usage intensif de répulsif anti-moustiques, préalablement à la visite de la mangrove. Je dis ça, c’est pour vous, hein… Pour ma part, je n’ai pas subi d’impact pendant la durée de cette visite gérée par la « Mangrove Paddle Boat Tour Guide Association Inc. » (mais si, c’est le vrai nom de ce truc !!)
Mais bon, c’est pas tout, car à Sabang il y a une autre « chose à voir » : une cascade.
La mangrove est large et sinueuse
Elle est indiquée sur les quelques documents touristiques que j’ai consulté, j’ai vu un petit panneau qui la mentionne (comme par hasard, juste au niveau de l’arrêt du bus, pas bête hein !) et bien sûr ce cher Lonely Planet en parle. Une fois encore, vous allez voir pourquoi j’ai vraiment des doutes sur la visite réelle sur place du gars qui a rédigé ça !
En route pour la Cascade !
Déjà ? Meunon, il y a mieux à faire avant ça : le fameux et célèbrissime Monkey Trail !
Trek sur le Monkey Trail
Après tout, on a largement le temps. Alors, on se dirige sur la plage après la mangrove (si vous avez bien lu, c’est donc celle où on s’est baignés ce matin). Le Monkey Trail commence au bout de cette plage. Un petit panneau l’indique, et on le voit facilement (un joli escalier de bois presque tout neuf qui part dans la jungle, c’est pas anodin). Le principe de ce Monkey Trail, c’est d’être un sentier entre Sabang et la Underground River, via la jungle et les collines. Il y a aussi un autre trail, mais je n’ai pas réussi à savoir où il commence et se sépare le second du premier, et d’ailleurs ça a peu d’intérêt car c’est le même programme dans les deux cas : balade aménagée en jungle, espoir de voir des singes.
The Monkey Trail, Sabang
D’ailleurs, on a vu des singes. Des vrais. Ouais, comme au zoo, mais en vrai. Si si ! Je le dis comme ça, mais j’ai vraiment trouvé ça chouette. Je n’en avais jamais vu des « vrais » avant ! Ils semblent habitués à voir ces bêtas de touristes restant bien sagement sur le trail. Ils n’ont pas peur. Le trail commence donc au bout de la plage, au niveau de quelques rochers noirs bien déchiquetés.
le monkey trail est clairement très facile
On monte rapidement sur la colline, en pleine forêt-jungle. Le sentier est parfaitement balisé, délimité, et pour ainsi dire pavé. On sent que c’est vraiment plus pour les touristes que pour un usage autochtone quelconque.
Mais tout à coup, on voit un mouvement furtif… Oui, ce sont bien des petits singes ! Ils font la taille d’un chat, sont gris et se promènent avec vivacité et une mangue à la main (ou presque). C’est un spectacle très chouette, qui vaut le détour !
Un singe sur le monkey trail
Continuant le chemin (qui redescend aussitôt la colline passée), on arrive davant trois gardiens du parc qui nous expliquent qu’il faudra rebrousser chemin. Il faut dire qu’il est 15h15, et que donc il faut rentrer avant la nuit. Ah bin oui, la nuit c’est dans 2h45, faut qu’on s’y mette, hein, ça nous a bien pris 20 minutes pour arriver ici. On promet, on continue un bout de chemin, et après avoir re-monté puis commencé à re-descendre la colline suivante, on fait demi-tour pour ne pas se faire pourrir par les « autorités ». Moralité : faire le trail le matin est une meilleure idée.
Un autre singe, ils sont tout près
Tiens, d’ailleurs je réalise qu’il y a un détail que je n’ai pas cité, tant il est devenu banal au cours de ce voyage : c’est la registrationnite aigüe. Je m’explique : où que vous alliez, où que vous passiez, pour quelque raison que ce soit, on vous fera remplir et signer un registre. Pour monter à bord d’un bateau : signez le registre s’il vous plait (avec nom, âge et nationalité… des fois que ça coule, qu’on sache dans quelle langue vous chercher en mer ?) Pour traverser un temple bouddhiste (en allant à la cascade, voir plus loin). Pour loger dans un cottage. Etc. Partout, c’est la registrationnite. Mais comme personne ne demande la moindre pièce d’identité, Tom Sawyer et Jacques Chirack ont visité plein d’endroits des Philippines 😉 mais je tiens à préciser qu’Arnaud a été sérieux et a toujours mis son vrai nom. Heureusement qu’il y en a un qui rattrape le niveau !
Les jus de fruits du Villa Verde
Pour aller à la cascade depuis la Mangrove, il faut retraverser la totalité du bled, en longeant la mer. On repasse donc devant les différents cottages majestueux et autres hôtels touristiques.
Fleurs kitsch et nappe à carreaux
En passant devant le Villa Verde (qui fait d’ailleurs restaurant), on s’arrête pour boire un coup. Bin oui, il fait soif ! Le petit pot de fleurs en papier kitsch ajoute au plaisir de cet arrêt bucolique. Hein ? J’en fais trop ? OK.
Les plus attentifs constateront avec perspicacité qu’Arnaud fume encore et toujours des espèces de cigarettes locales abominables. Et, afin de garder une véritable discrétion sur ce qui s’est passé aux Philippines, je ne dirai pas à quel point c’était de la camelote, vu qu’il n’a pas du tout souffert des conséquences de ces produits.
Une petite clope
Ou de la quantité. En fait on n’en sait rien, mais bon…
Après avoir bu un jus de mangue (ah non désolé on n’en a plus), un jus d’ananas (ah non désolé on n’en a plus), un coca (ah oui tiens il en reste, mais tiède alors), on achète une bouteille d’eau à la micro-boutique d’à côté (25P les 0.5L, là c’est cher par rapport à ce qu’on peut payer dans d’autres boutiques, vu qu’on en trouvera à 12P à peine plus loin, mais cette boutique là c’est juste à côté des trucs à touristes alors bon…) bref on prend donc le chemin qui longe la mer vers le Sud.
Mais la vue reste épatante
En route pour la cascade ! (bis)
la plage de cailloux pour aller à la Cascade près de Sabang, Palawan
Ledit chemin longe le cimetière, puis traverse un ou deux petits ensembles touristiques dont un temple bouddhiste (remplissez le registre s’il vous plaît), puis c’est une plage de gros galets qui commence. Pendant 25-30 minutes, il s’ensuit une marche assez désagréable sur ces gros cailloux arrondis ou instables.
Cascade près de Sabang, Palawan
A l’arrivée à la cascade, on est donc forcément déçus, car elle est clairement quelconque. Mon avis : ne vaut pas le détour. Mais à vous de juger, voyez donc les photos :
vue en contre-plongée de la la plage de cailloux pour aller à la Cascade près de Sabang, Palawan
On s’en retourne ensuite assez rapidement à Sabang, la nuit va tomber d’ici une heure et il est donc temps de rentrer.
On est galvanisés. On a vu plein de choses, on a passé une super journée.
Coucher de soleil sur la baie depuis la vue en contre-plongée de la la plage de cailloux pour aller à la Cascade près de Sabang, Palawan
Et ce soir, nous allons manger chez la taulière. Prêts ?
Voilà, vous avez compris le drame. Tout à coup, le massacre auditif s’arrête. Puis les trois compères matelots s’activent autour du moteur. Il n’est bien entendu pas utile de vous expliquer que cette coquille de noix ne possède aucun équipement radio pour contacter la côte ou demander de l’aide. Et comme on est le dernier bateau pour la rivière souterraine, pas la peine d’espérer croiser ou être rattrapé par un autre.
La côte n’est pas très loin
C’est dans ce genre de situation qu’on se pose la question : nager vers la côte, oui, mais combien de temps ? A noter que je suis peu entraîné à la natation en mer longue distance (je vais à la piscine, une fois par quinzaine, une heure, juste pour discuter et faire 200m, oui je sais c’est pas beaucoup mais arrêtez de faire les malins la piscine c’est aussi un lieu de convivialité et de détente, pas juste un truc de maniaques de la distance parcourue, non mais, bande de jaloux !)
Bref, ça tapote sur le moteur, ça essaye de redémarrer, en vain. On va donc patienter comme ça un bon petit moment. En fait le bord n’est pas très loin, il serait donc possible d’y aller à la nage, mais on espère bien une réparation de fortune. Et c’est ce qui se passe. Le moteur, chevrotant et crissant encore plus qu’avant, est redémarré, et on finit le trajet au ralenti en observant à la dérobée le vague sourire jaune que décroche le pilote de cet esquif.
Visite de la Rivière Souterraine
Nous arrivons donc enfin à la plage de la fameuse Underground River, perle et joyau de Palawan. Les bangka à moteur ont pour la plupart une sorte d’échelle-escalier à l’avant, dispositif escamotable qui permet d’en descendre et de rejoindre la plage. On ne se mouille donc que le bas des pattes.
devant l’entrée du parc de la grotte
Une fois sur la plage, on fait quelques photos, et je prends le chemin pour aller à la Rivière Souterraine. Il s’agit d’un joli petit chemin genre ponton en bois, bien préparé, on peut même y marcher pieds nus sans (trop) risquer une écharde. Le long de ce sentier aménagé, des petits panneaux indiquent les essences d’arbres rencontrées. On constate également la présence d’une faune (lézards plus ou moins gros), et il semble y avoir des singes parfois, mais je n’en vois pas.
Après quelques dizaines de mètres, on arrive à un embarcadère. De là, il suffit de monter sur un bateau, et d’aller vers la grotte. En fait, un guide installe une batterie de voiture à l’avant de la barque, et y branchera une lampe. Arnaud, qui est devant, tiendra la lampe pendant la visite de la grotte. Le courant de la rivière est insignifiant, ça pourrait aussi bien être un lac. L’eau n’est pas salée (j’ai vérifié). L’entrée de la grotte est à 15m de l’embarcadère, n’espérez donc pas une jolie balade en bateau avant l’entrée sous terre.
la rivière souterraine
Le bateau est une petite bangka que le guide fait avancer avec une pagaie. La grotte est assez intéressante car pleine de chauves-souris, et le guide passera une grande partie de la visite à nous montrer tel rocher en forme de tête de Jésus, et tel autre rocher en forme de banane, etc. La partie géologique de l’explication est réduite à sa plus simple expression, une ou deux phrases au début. Arnaud, qui est à l’avant alors que le guide est à l’arrière, ne comprendra quasiment rien des explications. Il faut dire que notre gars a un accent à couper au couteau.
Contrairement au bateau maudit qui nous a ammenés à la Rivière, sur cette petite bangka on nous a fait porter des gilets de sauvetage fluo et un casque. Des fois que le plafond (qui est à plus de 70m dans la partie la plus impressionnante) viendrait nous caresser les cheveux. Quoi ? Les chauves-souris ? Ah oui, tiens ! Bon, je passe le détail de la visite, vous trouverez ça en long et en large dans tout Lonely Planet qui se respecte (non, contrairement aux drames de ce récit, ce n’est pas un objectif de répétition !), c’était chouette, mais bon voilà, quoi.
la sortie de la grotte de la rivière souterraine, vu de l’intérieur
Premier soir à Sabang
Une fois revenus à quai, on reprend le chemin inverse pour revenir à la plage. La question non-dite est de savoir si on va rentrer en bateau ou si on devra faire le retour à pied, sachant qu’il est déjà 17h passées et que le soir tombe vite, très vite.
Mais le bateau et ses marsouins sont là, on remonte donc à bord et c’est parti pour le retour, à vitesse réduite comme vous vous en doutez. Une fois arrivés à Sabang, on essaye de se faire servir à manger à la gargotte du parking, mais c’est trop tard. On finir donc par manger au « Coco Grove Dining Hall ». Ce haut lieu du tourisme Sabanguien est propicement placé juste à la sortie du bus, là où commence le « chemin de la plage », celui qui longe la plage et les hôtels et autres cottages pour touristes. A tel point qu’il est précisé sur un écriteau qu’on doit consommer si on attend le bus. Ceci dit, c’est minuscule (comptez 10m² murs inclus). Ils vendent des t-shirts souvenir aussi, j’en achète un pour ma fille. Pourquoi un seul alors que j’ai trois mouflettes à la maison ? Allez, je vous raconte que la tenancière ne comprenait rien quand j’ai essayé de lui demander le même t-shirt que celui-là, mais dans une autre taille ? Non, hein, vous avez pigé le truc… Bon en fait, je crois qu’elle comprenait parfaitement, mais qu’elle n’avait que celui-là dans cette taille-là, donc…
à Sabang
On a un peu de temps. Je profite d’un moment pour aller regarder la rue/route de Puerto, avec les habitants et la vie locale. Je vois des enfants qui jouent, des gens qui travaillent. Ici, l’activité de tricycle est inexistante (il y a bien un ou deux engins, mais rien de comparable par rapport à ce qu’on trouve dans les villes et villages). Les quelques boutiques locales que je vois vendent le strict minimum. Un étal de poisson –je ne sais pas en fait si le terme d’étal est vraiment adapté : c’est surtout une balance et une boite en plastique contenant les poissons. Avec une vieille à côté, qui fait la vente.
Il se met à tomber une petite pluie fine. Genre un crachin anglais, mais en plus chaud, et qui s’arrête au bout de 10 minutes. Mieux que l’arrosage automatique des plantes !! On va donc boire une petite mousse à la Villa Verde et on rentre se coucher. On aura donc profité d’un joli coucher de soleil sur la baie de Sabang. Comme sur les cartes postales !
en terrasse
A 23h, le générateur s’arrête. Il est temps de dormir, il fait nuit depuis 18h30.
Une fois l’engin de malheur (qui produit de l’électricité certes, mais qui fait un barouf insoutenable et dont l’entretien et le graissage doivent être certainement être faits une fois par génération) arrêté, le silence est presque total, à part le grognement lointain d’un cochon et le chant en pleine nuit d’un coq. Si si, je vous jure, là-bas les coqs n’attendent pas le petit matin pour se faire remarquer. Une nuit calme, quoi. Et là, pas de drame ! (quoique, au réveil…)
Car à peine je reprends ma respiration, un gars s’approche et explique que
it’s all fully booked, there is only one lodge available
Gasp, ce triste sire serait-il en train de se foutre royalement de notre gueule ? Bah, allons voir, de toute façons on ne connait pas encore les tarifs des lodges, et il nous faudrait bien un petit bungalow pour dormir ce soir (et demain soir, accessoirement, car on a prévu de rester là sur une base de 2 nuits).
On suit donc Danny, puisque c’est ainsi que notre placier s’appelle. Il nous amène à un lodge, mais visiblement il est complet. On continue donc de marcher, on passe devant un hôtel luxueux (il nous annonce la nuit à 4000₱, avant de se faire quasiment rire au nez). On continue. Nous arrivons enfin à un ensemble de petits bungalows surélevés, appelé « Mary’s Cottages ». Une palissade entoure le tout. Cet endroit est un peu à l’écart, bien après les autres offres touristiques. Nous espérons donc un prix raisonnable.
Et là, après nous avoir fait visiter un cottage, on nous annonce 1000₱. Déjà, c’est avec un grand lit double, donc pas question. On demande donc deux lits séparés. On nous montre alors un autre truc, à 1500₱. Bof bof… On demande donc à Danny de nous trouver moins cher. Il hésite, puis reprend le sentier. On traverse une zone en friche, puis on arrive dans un nouvel endroit avec des cottages. Le lieu semble abandonné, un « reste » de bâtiment en béton à moitié détruit et oublié est là au milieu des herbes folles. La propriétaire des lieux, qui n’a visiblement pas plus de 25 ans, arrive et nous présente un cottage. Étonnamment, celui-ci est bien entretenu, il y a deux lits et des moustiquaires. De 800₱ la nuit je négocie à 600₱, et on se met d’accord.
Home sweet home, sauf que…
Impact fourbe
A ce moment là, Arnaud subit la première attaque directe d’un moustique. Vif et discret, cet dernier l’impacte avec violence en plein bras. Alors qu’il réagit hélas trop tard, la propriétaire nous regarde d’un air navré et explique qu’on est juste à côté de la mangrove… Il y avait bien un truc ! Bah c’est pas grave, on a apporté des produits anti-bzzzz on va les tester ! Sur les photos que vous voyez ci-contre, vous allez découvrir à quoi sert le bidon qu’on a trouvé dans les toilettes : à tirer la chasse ! Eh oui, ici, pas d’eau courante pour les WC, juste un filet pour la douche, mais alors vraiment un filet, hein. Pour l’électricité, vous passerez entre 18h et 23h (et encore, pas assez de jus pour recharger le téléphone ou l’appareil photo, ça éclaire déjà à peine malgré le joyeux ronflement d’un groupe électrogène poussif, mais n’allons pas trop vite, on y reviendra). La petite casserole en plastique, elle est là aussi ! Je comprends alors qu’elle sert à se doucher, tout simplement ! Eh oui !!
décor rural : une charrette à boeuf à Sabang
Quelques illustrations : par ordre d’apparition à l’écran, votre humble serviteur en pleine action, l’extérieur de notre cottage, l’intérieur du cottage, la route chemin piste menant à notre cottage.
jungle en forme de terrain vaguechasse d’eaulits avec moustiquaires
C’est alors que Danny entreprend de nous vendre les billets pour aller à Port Barton. Pas bête, il sait qu’il y a peu de places à bord du bateau, que c’est le seul moyen d’aller à Port Barton (ou alors un sacré détour par la route). Le tarif est de 1200₱ par personne, il faut régler tout de suite pour avoir la certitude d’avoir une place. Il sort son carnet à souches.
A ce moment là, je vois notre propriétaire qui me fait clairement signe que non, il ne faut pas acheter (elle est dans son dos, à une dizaine de mètres, il ne la voit pas). J’explique alors à Danny que c’est trop tôt, qu’on verra demain, qu’on sait qu’il est Danny et qu’on verra demain. Oui demain. Mais barre toi Danny !
En route pour la Rivière Souterraine
Il est maintenant parti, on s’est installés dans le cottage. En fait, à part le cottage, le reste des lieux est visiblement une grande friche en cours de réhabilitation, à la vitesse philippine. La proprio revient, je lui dis que je l’ai vue et que je n’ai pas pris les billets de Danny. Elle me dit que le vrai prix c’est 900₱ et qu’elle nous les réservera, et qu’on n’aura plus qu’à payer plus tard auprès de son cousin/frère/ami qui s’en occupe. Soit, on fait une belle économie, dont acte ! Je lui dis donc OK. L’avenir prouvera qu’on a rudement bien fait d’accepter cette proposition, le tarif de 1200₱ étant quasiment généralisé sur Sabang.
Un petit mot au sujet de Sabang. J’avais probablement (encore) trop fait confiance aux descriptions de l’honni planète, car en réalité Sabang n’existe pas en tant que ville ou village. Sabang, administrativement parlant, fait partie de Puerto Princesa. Physiquement parlant, c’est un ensemble de cottages, lodges et hôtels pour touristes. Il y a quelques maisons pour les locaux le long de la route qui part à Puerto, mais à peine sur 200m. Aucune autre rue, donc en fait seulement ceux qui vivent du tourisme habitent là. Sabang n’est en fait qu’un nid à touristes, un piège à gogos et le racket y est magnifiquement bien organisé. Parfois c’est fait avec tact (exemple ci contre avec une pub distribuée pour des sandwiches), des fois c’est beaucoup plus vicelard. Mais voyez par vous-mêmes…
Exemple : nous avons prévu, comme tout touriste qui se respecte, d’aller à la rivière souterraine. Cette fameuse rivière souterraine est mise en avant sur tous les guides, toutes les brochures. Tout le monde en parle. Elle est énorme, la plus grande du monde. Waouh, allons-y !
Renseignement pris sur place, pour y aller, il y a deux solutions :
en bateau (A/R à 700₱ à partager entre les passagers)
à pied par le monkey trail ou jungle trail, un long sentier difficile à suivre et dont personne ne sait vraiment d’où il part ni combien de temps il prend.
vue depuis le port de Sabag
Dans tous les cas, un « permit » de 200₱ par touriste est obligatoire pour accéder à ce secteur, et comprend la visite de la rivière souterraine en bateau avec un guide. On va donc payer notre permis (c’est dans un bâtiment en dur, sur le port, vers le terrain de basket, marqué « tourist information »). Sur la photo ci contre, vous voyez le chien crevé qui dort, ensuite le parking, puis au fond derrière le bus le bâtiment des touristes. Puis il faut aller réserver le bateau sur le quai, à côté du terrain de basket là aussi. Ensuite, il faut attendre le bateau et le prendre. Penser à contourner les joueurs de basket à se placer sous la petite tente 3×3 au nom du maire/député/sénateur/mafieux qui a fait don de cette dernière. Le bateau donc, car oui, vous avez bien compris que la description du trajet à pied nous a refroidis. Héhé, c’était fait pour, vous verrez dans le récit de demain qu’on s’est (encore) fait arnaquer.
Sabang, entre les hôtels et les lodges à touristes
Histoire d’oublier, on boit un coup dans une gargote (de l’autre côté du parking). Tiens, depuis Puerto, le Coca a doublé de prix…
le clebs crevé
Comme on s’y prend tard, bizarrement on est seuls dans notre bateau, c’est le dernier de la journée. Mais qu’à cela ne tienne, on prend le bateau (on a donc 3 membres d’équipage pour nous deux). Le moteur émet un bruit abominablement fort. On se croirait dans une caricature de machinerie infernale. Imaginez le son d’un diesel qui « cogne », mélangé à la douce mélodie d’une enclume frappée à toute force par une barre de fer. Vous avez un petit début d’idée de ce qu’on a subi. Et pourtant, les 3 gaillards semblent sereins. Le bateau est un bangka à moteur, petit modèle (le bateau, le moteur aussi d’ailleurs). On appelle parfois ces bateaux des pumpboat, parce que le moteur est un moteur de pompe. Voilà, c’était la séquence techniques maritimes, merci à Jean-Michel pour cette info. A la montée à bord du bateau on nous demande le permit. Le temps que je le trouve, ils s’en foutent et ne le vérifient pas. Je pense qu’une habile photocopie couleur aurait parfaitement fait l’affaire. Pareil pour le paiement du bateau d’ailleurs ! Pour nos amis faussaires, vous pouvez visualiser ci dessous le scan de mon permit et de mon reçu pour le bateau, (le permit est imprimé en format Letter US)… Mais je décline toute responsabilité si vous êtes assez tordu pour vraiment le faire ! D’ailleurs, je ne vous fournis pas le verso…
On s’éloigne un peu mais surtout on longe la plage, puis une deuxième (séparée par un petit rien, d’ailleurs notre cottage donne sur cette seconde plage plus tranquille), on longe ensuite une première crique, puis une deuxième et on se rapproche de la plage. Mais tout à coup, alors qu’on s’attend à débarquer d’ici quelques minutes à peine, c’est le drame !
Ce n’est pas au moment de se lever qu’est le drame, mais au moment où on réalise que, bien qu’étant rapides et efficaces au démarrage le matin, il est quand même déjà 9h30 et que le bus part à 10h d’un endroit distant de 20 minutes en tricycle.
le bus s’arrête faire le plein
Et bien sûr, là, on est encore à l’hôtel à régler la note et à récupérer le passeport d’Arnaud.
On s’avance donc un peu dans la rue, et on tombe rapidement sur un tricycle. A la question « how much », le conducteur nous répond « 100P ». On avait espéré arranger ça, je tente une négo, mais c’est l’échec. Faut dire qu’on a peu de temps devant nous, et que du coup on n’a pas vraiment le choix.
C’est parti ! Le tricycle roule comme un dingo. Il se faufile entre les autres tricycles, les camions et les jeepneys surchargés. Il double à droite, à gauche, par le trottoir… La poussière est très présente sur ce trajet. Sans oublier qu’on n’a pas encore trouvé le truc pour bien se tenir dans le tricycle, et donc qu’on est encore de front tous les 2, dans le siège passager. On finira par se mettre en face à face, comme les philippins, c’est bien plus pratique. En fait, comme pour bien des choses, il faut observer comment font les autres !
Oui, aux Philippines, on transporte des poulets
On finit malgré tout par arriver à l’endroit prévu. Ce mélange étrange de zone de marché, de gare routière et de système à sens unique autour de bâtiments branlants à la destination incertaine est visiblement un standard puisqu’on le retrouvera plusieurs fois, comme à Roxas par exemple.
Le tricycle nous dépose donc devant un bus et nous l’indique comme étant celui pour Sabang. Il fait chaud. Le sol en terre battue est irrégulier et porte les marques de roues ayant labouré la terre par temps de pluie. Le bus est abrité sous une sorte de hangar sans côtés. Je m’approche et obtiens confirmation, c’est bien le bus pour Sabang. Un gars nous déleste de nos sacs et les envoie sur le toit. Sur le moment, je ne pense pas à entourer mon sac à dos de la superbe housse rouge imperméable dont il est doté (heureusement pour moi, il n’y aura pas de drame, car pas de pluie pendant ce trajet, haha avouez que vous aviez cru voir venir ce coup-là). Avec Arnaud, on s’installe au dernier rang, la place des cancres.
Sacré bus
Ne cherchez pas les fenêtres, il n’y en a pas. Et non, le toit du bus n’est pas retouché avec Photoshop, il y a réellement ces espèces d’ondulations vert pomme faites à la bombe… Le bus est maintenant plein. Nous avons pris les dernières places… mais ce serait une erreur de croire que personne ne va plus monter à bord ! Sans entrer dans le détail, nous allons au final être environ le double de ce qui est prévu. Certains seront sur le bord des banquettes, d’autres debout dans le couloir, d’autres encore carrément sur le toit. Le toit, pourtant, est déjà bien garni puisque chacun y stocke ses bagages, colis, objets divers et même la volaille. Oui oui, vous avez bien lu, il y a des poulets ! Mais le bus sent surtout le mazout. Tout à coup, un philippiin monte dans la foule et commence à nous lire la bible (en tagalog, mais bon pas besoin d’être bien malin pour comprendre que c’est une bénédiction). Il prêche et prie avec les voyageurs pendant près de 20 minutes ! Puis il passe collecter parmi tout le bus pour sa mission.
Philippines : intérieur d’un bus
Le bus partira finalement presque à l’heure, et à 10h45 on part en direction de Sabang. Mais à peine 200m plus loin, le bus s’arrête devant une pompe à essence. On se demanderait presque s’il va faire le plein, et à juste titre puisque… non !
L’arrêt semble surtout motivé par le besoin de charger d’autres colis, et d’autres voyageurs sur le toit. Pendant ce temps, tout comme avant d’ailleurs, des petits vendeurs ambulants passent autour du bus pour proposer leurs produits divers et (a)variés. C’est là qu’on entend la petite sonnette/clochette d’un vendeur de glaces à vélo.
Des passagers attendent un peu partout pour monter dans le bus
On en verra d’autres par la suite, et on finira même par découvrir la musique « officielle » du marchand de glaces Nestlé !
Le bus quitte finalement le New Market vers 11h, avec 32 personnes à l’intérieur + 1 chauffeur + 1 « responsable » + 4 passagers (au moins) sur le toit.
C’est pour ça qu’on appelle ça un chicken bus ?
Selon mon estimation, le bus est prévu à l’origine pour 25 places chauffeur inclus. Après avoir rattrapé la route bétonnée, on roule comme des dingues (environ 30km/h mais sans les vitres et avec le bruit énorme du moteur et l’acre fumée noire qui s’en dégage, on dirait qu’on va décoller si le chauffeur tire sur le volant) et tout à coup, on entend des coups sur le toit. Le bus s’arrête. Arnaud repère un gars qui descend récupérer un bac en polystyrène tombé du toit… Tout est re-fixé et on repart.
Paysage des Philippines
On constatera plus tard, et pendant tout le voyage, que pour faire arrêter le bus il suffit de taper deux coups bien fort sur la carcasse.
La route traverse la jungle
Le paysage est magnifique : il fait beau, on traverse la jungle, la route tourne, tortille, monte avec des pentes à faire frémir (et à faire pleurer le moteur, à fond en première courte, qui peine à dépasser les escargots mais finit par avancer dans un concert de métal torturé et de relents d’huile de moteur). Le « décor » est vraiment suberbe : de la jungle luxuriante mêlée à des montagnes aux formes aussi improbables qu’extraordinaires : des falaises, des collines rondes, des rochers acérés, des petites rivières et des plaines à rizières, et au loin : la mer.
Waouh, c’est vraiment beau. On dirait une carte postale… mais… mais non, je ne rêve pas, c’est bien vrai tout ça : je n’en reviens pas tellement je trouve ça chouette. Impossible de mettre des mots sur cette impression de “je savais pas que ça existait en vrai un truc pareil, pourtant je l’ai déjà vu à la télé / en photo / dans Dragon Ball / je sais pas où mais en tout cas c’est bien là !”. Vous voyez ce que je veux dire ?
Arrêt ravitaillement le long de la route
Voici quelques scènes à bord de ce bus bondé, et des panoramas et personnes qu’on a pu voir le long de ce trajet.
Repas de fortune
Les étals proposent toutes sortes de bonnes choses
Midi est passé depuis quelques minutes, et le bus poussif souffre le martyre. Tout à coup, le chauffeur n’y tient plus, et il arrête son engin au bord de la route. Quelques bicoques ont visiblement l’habitude de cet arrêt. Pendant que le chauffeur file aux CR (Comfort Room, le terme philippin pour WC), une partie des voyageurs descend du bus pour s’approcher des quelques vendeurs présents. Il est temps d’acheter à boire et à manger. Le trajet dure en effet un peu plus de 2h, mais il fait très chaud. On cherche encore comment le gars du Lonely Planet a pu avoir des problèmes avec la clim poussée (soi-disant) à fond, car on a eu beau vérifier, tous les bus qu’on a croisés/vu/aperçu étaient du style du nôtre : plus âgé que nous, pas de fenêtres, pas de ventilation. Alors la clim… (et en même temps, c’est pas plus mal, ça m’a évité ces fameuses et adorables bronchites qu’on se prend dans ce genre de cas sinon). Ah si, une fois, un des bus avait la musique à fond. C’est que j’ai de plus « technlogique » à vous proposer, désolé j’ai pas mieux !
Le bus est bien chargé !
Hop, il est donc temps de faire une pause ! L’afflux massif et rapide de demoiselles et de vieilles piaillant pour vendre leur tambouille et leurs produits me rappelle furieusement les babouchki des quais lointains du Transsibérien. Sauf que là on ne nous vend pas de marojenas, mais on nous propose de la nourriture fraîche et visiblement appétissante.]
J’achète à une vieille un sandwich et une bouteille d’eau (15₱ le tout). Il y a peu de touristes dans le bus, à part un italien. Encore une fois, je ressens la griserie de l’immersion ! Par chance au dernier rang, on a notre propre petite porte pour descendre du bus !
Marché de ravitaillement le long de la route
Du coup, Arnaud en profite pour faire un petit tour et quelques photos. Le contraste des boutiques en bois toute déglinguées et (malheureusement) pauvres fait tout bizarre avec les pubs plastifiées et rutilantes pour le rhum Tanduay et les téléphones mobiles Smart et Globe : « Load Na Dito !! » disent en coeur toutes ces pubs. Achetez votre recharge de téléphone ici… Très étonnant et surtout déroutant pour moi, de voir qu’ici tout le monde a un portable, alors même que la plupart des gens que vous voyez ici n’ont pas l’eau courante, et encore moins l’électricité. Choc des cultures, choc technologique, je suppose.
Paysage des Philippines
La route est bétonnée sur les sections en pente
Pendant le trajet, sur certaines sections, la route… n’est plus une route. Plus de revêtement bien sûr, mais juste un mélange indescriptible de fange, boue, graviers… Le bus ne s’arrête pas pour autant ! Le bus repart, et une bonne heure après nous arrivons à Sabang.
Arrêt d’inspection… aucune inspection !
Ce qui est amusant : le bus s’arrête, des gens descendent. Ayant vu le panneau « Sabang » je me demande si c’est là, mais bon, la plupart restent à bord, on va faire pareil. Le bus repart, fait (sans exagérer) 50 mètres, et s’arrête à nouveau. Cette fois ci, c’est le terminus, et tout le monde descend ! Le principe étant de payer à l’arrivée, on nous déleste donc de 200₱ chacun. L’italien aura beau nous expliquer qu’on s’est fait arnaquer, que le prix était de 120₱, pour cette fois je n’en ai pas été convaincu. En même temps, on va le voir, Sabang n’est qu’un repaire de touristes. Mais n’allons pas trop vite.
Malgré un temps légèrement couvert, la mer est là, derrière un écran de quelques palmiers, et on sent les embruns nous titiller les narines. Arnaud récupère son sac, moi aussi, jetés du haut du camion bus (mais avec délicatesse). Nous sommes prêts. Le trajet n’a pris qu’à peine deux grosses heures, mais c’était assez fatiguant quand même. Et très agréable.
la propreté n’est pas au top
Je suis donc dans ce genre d’état d’esprit où, vous voyez ce que je veux dire, on voudrait juste quelques instants de calme pour pouvoir « digérer » psychologiquement parlant tout ce qu’on vient de vivre, ce qu’on a sous les yeux.
les montagnes et les cultures
le bord de mer
Je fais quelques pas. Mais alors que je me croyais enfin tranquille à Sabang, c’est le drame (ou presque).